CONCLUSIONS
Ce qai précède nous monlre qu'il existe bien peu de choses doDt noDS paissions acqaérir la certitude, et que la plupart de nos eonnaîssanees , celles même sur lesquelles nous aimons
le plus à nous appuyer, ne sont fondées que sur des probabilités plus uu moins fortes. Il est donc intéressant do pouvoir apprécier la valeur de ces probabilités, non pour en faire 1 ujipiicalion à quelques cas particuliers, qui mellraienl nos calculs en défaut ; mais pour nous élever à la connaissance des résultats que doivent amener les mêmes causes toujours agissantes, qu'elles soient connues ou que leur existence et leur mode d'ac* tien soient révélés par l'expérience seulement.
Le hasard, ce mot mystérieux dont on a tant ahusé, ne doit être regardé que comme servant à couvrir notre ignorance ; c'est un fantôme qui exerce l'empire le plus absolu sur le vulgaire, habitué à ne considérer les faits qu'isolément , mais qui s'anéantit devant le philosophe dont l'œil embrasse une longue suite d'évé-
nemenls^ et dont la péDétraUos ne saarail 6lre mise en défani par des écarts qni disparaissent à ses yeux quand il sait se placer assez hant poor saisir les lois de la natare. Ces lois sont éternelles, immnables comme Finteiligence d'oà elles découlent; il n'est pas en notre pouvoir de les dénaturer ; mais il est de la dîgnilé de l'homme de chercher à les saisir an milieu des anomalies sans jiombre qu'elles semblent présenter.
l'.n (les plus grands mérites des scii iices modernes est d'avoir souinoilre à la précision des nombres la détermination de la plupart des grands principes qui paraissaient devoir leur échapper; celle détermination n'a rien d'arbitraire; elle ne donne point prise aux subtilités de mots dont on a tant abusé; c^est par des faits qu'elle s'obtient^ et par des faits susceptibles d*étre appré* eiés numériquement.
Ainsi, Ton a vu le calcul des probabilités qui a pris naissance depuis deux siècles au plus, et qui avait essayé ses forces en montrant la vraie théorie qui doit régler les jeux de toute espèce , faire tout à coup incursion dans le domaine des sciences naturelles pour indiquer les lois des naissances et de la mortalité, dans celui des sciences physiques pour enseigner à estimer la précision des résultats observés, dans le chani|> des sciences historiques pour apprécier la valeur des faits et des traditions ; on l'a vu depuis, sous différents noms, se rapprocher de la tribune et régler la théorie des élections, ou énumérer les richesses et les besoins des peuples par des nombres auxquels nulle éloquence humaine ne pourrait résister. Tout ce qui peut être exprimé numériquement devient de son ressort : plus les sciences se perfectionnent, plus elles tendent à rentrer dans son domaine, qui est une espèce de cciUre vers lequel elles viennent converger. On peut uièuie juger du degré de perfection auquel une science est parvenue par la facilité plus ou moins grande avec laquelle elle se laisse aborder par le calcul, et ainsi mèaie se justifie Je proverbe ancien, placé en tête de cet ouvrage : mundum numeri regunL