PRÉFACE
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L’exposition des principes de la classification bo-* lanique, et de la description technique des végétaux, qui fait le sujet de cet ouvrage, a formé pendant plusieurs années la base de mon enseignement public avant que je me sois décidé à les réunir en un corps de doctrine ; la première édition de cette théorie a ete publiée en i8i3, et depuis cette époque j’ai recueilli avec soin toutes les objections qui ont pu être faites contre elle ; j’ai étudié les faits qui pouvaient sembler en opposition avec les principes que j’avais exposés j j’ai corrigé les portions de mon travail, qui me paraissaient ou défectueuses ou trop peu développées; mais je dois l’avouer, bien loin d’avoir eu a changer d’opinion sur les parties importantes de cette théorie, la plupart des faits observés par moi ou publiés par d’autres, m’en ont paru de nouvelles confirmations. Ceux qui liront cette seconde édition y trouveront donc peu de changemens ; les principaux sont :
1. ° L’addition ( p. io5) d’un article sur les dégénérescences des organes, qui n’est qu’un développement propre à éclaircir et à completter tout ce qui avait été dit dans l’article précédent sur les avortemens ;
2. ° L’extension donnée ( p. iio) à l’histoire des adhérences ou greffes naturelles des organes , d’où cet article tire un degré d’importance beaucoup plus considérable qu’il n’en avait dans la première édition •
3. ° L’addition ( p. 175) d’un chapitre contenant des considérations générales sur l’ensemble de la théorie, et la réponse à quelques objections ;
4. ° Quelques rectifications dans le tableau général des familles naturelles ( p. 245 ) ;
5.0 L’addilion dans la glossologie de l’explication d’un nombre considérable de termes, les uns anciens et qui avaient été négligés dans la première édition , les autres, en quantité beaucoup plus grande , introduits dans la science depuis sa publication j
6.° Quelques déveîoppemens relatifs aux Herbiers ( p. 321 ) et aux Planches botaniques (p. 5i2 ),
Quoique j’indique ces additions afin d’épargner toute perte de temps à ceux qui ont déjà lu la première édition de cet ouvrage, j’ose cependant renou-
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veler ici la prière que j’adressais, dès j8i5, à mes lecteurs, de n’être pas jugé sur quelques faits, sur quelques assertions isolées , mais sur l’ensemble et l’en-» chaînement de mes idées. Le sujet que je traite dans cet ouvrage, est certainement le plus difficile de la science, puisqu’il peut en être considéré comme la base, et cette considération doit déjà inspirer quelqu’indulgence pour les différences d’opinions qui pourront se trouver entre quelquesbotanisles et moi.
Les naturalistes sont aujourd’hui divisés en deux séries, dont la marche, la manière de voir et de raisonner est très-différente ; les uns et les autres contribuent à la connaissance des objets naturels, mais ceux-là semblent voir seulement les différences que les êtres offrent entr’eux, tandis que ceux-ci recherchent avanttout les ressemblances plus ou moins intimesqui lient et rapprochent entr’elles les espèces naturelles. On a, pendant le siècle dernier, porté beaucoup d’art et de persévérance dans l’étude des différences ; on sent aujourd’hui le besoin de l’observation des ressemblances, qui seules peuvent mener aux idées générales et méthodiques. La principale partie de cet ouvrage a essentiellement pour but d’indiquer la marche régulière qui peut conduire à l’observation de ces rapports naturels, et à l’analyse de leurs valeurs. J’ose croire que ce sujet est assez important
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pour mériter l’examen de tous les naturalistes qui aiment à s’élever aux considérations générales, et que peut-être lors même qu’ils n’adopteraient pas la totalité de mes idées , ils pourront me savoir quelque gré d’avoir appelé leur attention sur des questions qui, quoique les plus piquantes et les plus importantes de la science , en ont été long-temps les plus négligées*