‹ Théorie élémentaire de la botaniqueChapitre 29 sur 84 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Considérations générales sur la formation des classes, des familles , des genres , des espèces.

§. i55. Je suppose un Botaniste profondément imbu de tous les principes exposés dans le livre précédent, et voulant disposer les Végétaux d’après cette théorie: il trouvera évidemment devant lui deux routes, à tenir; ou bien , et c’est la marche de l’invention , il pourra examiner successivement d’après ces règles , chaque végétal eu particulier , grouper peu-à-peu ceux qui lui paraissent avoir une analogie réelle, et arriver enfin aux classes générales ; ou bien , et c’est ici la marche de la

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vérification et de l’exposition de nos idées, il pourra y partant des principes généraux , établir à -priori les classes générales; puis, subdivisant ces classes d’après les mêmes principes, il formera successivement toutes les divisions secondaires , et arrivera ainsi jusqu’aux individus.

§. i56. La première méthode est presque la seulé d’après laquelle les Naturalistes aient travaillé jusques à présent. Ils ont examiné les individus qui les entourent j ils ont vu que certains se ressemblent beaucoup entré eux, et se reproduisent à-peu-près semblables parla génération. Ils ont fait de la réunion de ces individus ùn premier degré d’association qu’ils ont nommé Espèce. Examinant les espèces comparées entr’elles, ils ont vu que certaines se ressemblaient beaucoup par tout l’ensemble de leur structure, sans jamais cependant pouvoir se changer l’une dans l’autre. Ils ont fait de la réunion de ces espèces semblables , un second degré d’association qu’ils ont nommé Genre. Raisonnant sur les genres, comme ils l’avaient fait sur les espèces, ils les ont aussi groupés eu associations plus générales , qu’on a nommées Familles ; et enfin , les familles comparées entr’elles se sont rangées sous un petit nombre de Classes.

§. 157. Cette marche est peut-être la seule qui soit pi'aticable , surtout tant que nous ne connaissons pas la totalité du règne végétal ; mais elle offre cependant quelques inconvéniens assez graves. En remontant ainsi des idées particulières aux générales, nous nous trouvons dans l’impossibilité de comparer éntr’eux avec exactitude les divers degrés d’association que nous établissons, et de peser la valeur précise des caractères d’après lesquels nous les unissons : aussi est-il nécessaire?

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qu’après ce premier travail du particulier au général , on en fasse un autre , qui est de partir des généralités pour descendre jusqu’aux moindres détails. Ce second travail, beaucoup plus difficile que le premier, ne peut encore, vu l’imperfection de nos connaissances, se faire avec toute l’exactitude désirable; mais on est aujourd’hui, et c’est déjà un grand pas de fait, assez avancé pour en sentir l’utilité et la possibilité. Avant d’entrer dans aucun développement à cet égard , il convient d’examiner chacun des degrés d’association que j’ai cités plus haut.

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