CHAPITRE I
Des Termes Botaniques en général.
§. 27 2. Les anciens Botanistes ne mettaient aucune importance à se servir de termes dont le sens fût bien
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rigoureusement déterminé, et chacun d’eux employait, pour se faire entendre, les mots, les métaphores ou les périphrases que son génie lui suggérait. Tournefort semble être le premier qui ait réellement senti Futilité de fixer le sens des termes de manière à employer toujours le même mot dans le même sens , et à exprimer la même idée par le même mot; mais c’est Linné qui a réellement créé et fixé cette langue botanique, et c’est là son plus beau litre de gloire, car par celte fixation de la langue, il a répandu sur toutes les parties de la science, la clarté et la précision. Depuis Linné, les progrès de l’Anatomie et de la Botanique descriptive, ont fait peu-à-peu abandonner quelques expressions inexactes, et adopter, surtout dans la Cryptogamie et la Carpologie, plusieurs nouveaux termes; Hedwig, Medikus, Necker, Desvaux, Mirbel et surtout Gœrtner , Link et Richard , ont proposé , à cet égard comme à plusieurs autres, diverses innovations utiles; mais la masse générale des termes admis est encore et sera probablement toujours la même que celle établie par le Botaniste Suédois.
§. 273. Les termes de la botanique appartiennent tous aux cinq classes suivantes, savoir : i.° les termes organographiques , ou les noms des organes et des espèces d’organes ; ils sont tous fondés sur la structure réelle des parties; 2° les termes physiologiques , ou qui servent à désigner l'action des organes; 3.° les termes caractéristiques, qui servent à faire connaître les modifications des organes , et qui la plupart sont pris parmi les mots ordinaires de la langue ; 4-° les termes dérivés ou composés , qui sont formés par l’union de termes appartenant à- la-fois à deux des classes précédentes; 5.® les termes didactiques , c’est-à-dire, re-
) a t i fs non aux végélaux eux-mêmes, mais à l’art de les étudier. Passons rapidement en revue ces diverses sortes de termes,
§. 274. Les organes et les sucs des plantes étant nécessairement des corps ou des substances , il est évident que les noms qui les désignent doivent être tous des substantifs; c’est sous ce rapport que les noms réellement adjectifs de hilofère , à' amer, de ligneux, etc., ne peuvent guère être admis comme noms d’organes ou de matériaux des végétaux. Parmi ceux-ci, les uns sont des mots pris dans la langue vulgaire, comme racine , feuille , fleur , etc. , les autres créés par les Botanistes, comme anthère , pétiole , péricarpe.
§• 275. Les substantifs pris dans la langue vulgaire étaient originairement les seuls employés, et aussi on les appliquait indifféremment à des organes très-divers ; c’est ainsi que, dans les écrits des anciens Botanistes, on voit souvent le mot de feuille employé, tantôt pour stipule, tantôt pour pétale, etc, ; c’est ainsi que le mot de lleur a signifié, tantôt corolle, tantôt tête ou agrégation de fleurs, etc. La langue actuelle de la botanique se ressent encore de ces extensions illimitées données à tel ou tel mot ; pour les éviter entièrement , il est nécessaire d’adopter, sans aucune restriction , le principe déjà implicitement admis par presque tous les Botanistes, savoir, que chaque organe doit avoir un nom propre particulier ; ainsi, par exemple, il me paraît très-convenable et très-simple, que le mot de feuille s’applique exclusivement aux feuilles proprement dites : celui de stipule, aux feuilles accessoires situées à leur base ; celui de foliole , aux parties ( ou articles séparables sans déchirement ) des feuilles composées ; celui de stipelle , aux petits appendices situés
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à la base des folioles, comme les stipules à la base des feuilles; celui de sepale, heureusement imaginé par Necker, aux feuilles ou pièces des calices ; celui de -pétales, aux pièces de la corolle, ou à ce que les anciens nommaient feuilles de la fleur, et que Fabius Columna a le premier nommé pétale; celui de bractée , à toute espèce de feuilles florales en général ; et celui de bractèole , à celles des bractées d’un rang plus petit ou plus intime que les autres. Indépendamment de la précision que l’on obtiendrait dans l’Organograpliie , en adoptant cette manière rigoureuse de s’exprimer , on aurait de plus l’avantage , quant à la Botanique descriptive, de faire comprendre sur-le-champ tous les termes dérivés des précédens et de leur attacher un sens précis. Un exemple fera plus facilement sentir ce que je veux dire, que tous les raisonnemens.
Lorsque je dis d’une plante qu’elle est triphylla ou trifolia , cela peut signifier, ou i.° qu’elle ne porte que trois feuilles, ou 2..0 quelle porte trois folioles sur une feuille, ou 3." qu’elle a un calice à trois sépales, ou 4-° que son involucreest à trois bractées, ou 5.° que ses feuilles sont verticillées trois ensemble. Au contraire, par le sens strict attaché au nom des organes , tous les mots composés deviennent clairs et rigoureux; ainsi, trifoliatus ou triphyllus voudra dire qui a trois feuilles en général sur la tige; trisepalus , qui a trois sépales au calice, trifoliolalus , qui a la feuille composée de trois folioles; tribracteatus , qui a trois bractées autour de la fleur ; tribracteolatus , qui a deux rangs de bractées dont l’intérieur est de trois ternatifolius , qui a les feuilles groupées trois; à trois ; ternatim verticillatus , qui a les parties verticillées trois à trois , etc.
Ce seul exemple peut faire facilement comprendre la
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flexibilité et la rigueur que la langue botanique obtiendra, lorsque tous les botanistes adopteront, sans aucune exception, le principe que chaque organe doit avoir un nom, et que le même nom ne peut, sous aucun prétexte, appartenir à plusieurs.
Pour faciliter encore l’adoption de cette marche , il a fallu rejeter, comme noms d’organes, tous les termes dont le sens est trop vague ; c’est sous ce rapport que Linné a substitué le mot anthera à celui à'apex , qui signifie sommet, et que Tournefort avait appliqué à la bourse qui termine l’étamine des plantes ; c’est sous le même rapport que M. Link a proposé plusieurs innovations simples et heureuses, que j’aurai occasion d’indiquer dans la suite.
§.276. Lorsqu’on est dans le cas de créer un nouveau nom d’organe , il est essentiel d’en former qui soient d’un seul mot et non pas déjà composés, parce que, dans ce dernier cas, ils ne se prêtent à aucune des combinaisons dont les botanistes font un usage frequent et commode; ainsi, par exemple, les mots de péricarpe , périsperme , sont peu commodes à cause de leur composition.
Il est évident que chaque petite combinaison, chaque petit appendice des organes ne doit pas porter un nom particulier, parce que cette multitude de noms surcharge la mémoire sans nécessité, et a de plus l’inconvénient de faire moins sentir les rapports qui existent entre certains organes ; c’est à ceux qui ont étudié la structure végétale , non-seulement sous le simple rapport anatomique, mais surtout d’après l’étude des modifications possibles de chaque organe dans chaque famille , qu’il appartient de reconnaître quels sont
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les organes qui sont réellement distincts les uns des autres.
§. 277. Les termes physiologiques sont relatifs, ou aux forces dont le végétal vivant paraît doué, comme la contractilité ; ou aux fonctions qu’il remplit pour se nourrir et se reproduire, comme la feuillaison, la fleuraison ; ou aux phénomènes vitaux qu’il exécute, comme le sommeil , la perpendicularité ; ou aux sucs qui se trouvent dans ses diverses parties, tels que la sève, le cambium ; ou aux matériaux immédiats dont il est composé, tels que l’huile, la gomme, etc.; ou aux maladies dont les plantes peuvent être atteintes; ou, enfin , cà l’histoire générale du végétal considéré dans son état de vie. Quelle que soit l’importance de ces objets, on n’a heureusement créé pour les désigner qu’un petit nombre de termes , qui la plupart s’entendent d’eux-mêmes lorsqu’on connaît les noms des organes. Je 11e dois les indiquer, dans cet ouvrage, qu’autant qu’ils ont ou qu’ils doivent avoir des rapports réels avec la classification ou la description de végétaux.
§. 278. Les termes caractéristiques, c’est-à-dire, ceux qui expriment les modifications des organes, sont de tous les plus nombreux dans les livres, les plus embrouillés dans leur exposition et les plus difficiles pour l’élude; on a coutume de les placer à la suite du nom de l’organe auquel ils se rapportent le plus fréquemment. Mais il est évident que cet ordre est tout-à-fait inexact ; ainsi, par exemple , quand on dit d’une feuille qu’elle est orbiculaire, ou qu’elle est rouge, il est clair qu’011 exprime, relativement à cet org.ane, une idée qui peut s’appliquer également à tous les organes ; les termes de ce genre ne doivent donc point se classer d’après les organes, mais d’après le genre particulier de modifica-
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tions qu’ils indiquent, à-peu-près comme nous l’avons vu dans la i.re partie ( liv. 2. chap. 3 ). Ainsi tous ces termes sont relatifs : i.° à l’absence ou à la présence des organes ; 2.0 à leur situation ou insertion ; 3.° à leur direction ou disposition ; 4-° à leur forme générale; 3.° à leur simplicité et intégrité, ou à leurs divisions et découpures ; 6.° à leur désinence; 7.0 à l’état ou l’aspect de leur surface ; 8.° à leur nombre ; g.° àleurs'dimensions ; 10." à leurs adhérences ou soudures ; n.'à leur durée ; 12. 0 à leur consistance ; i3.° à leur couleur ; 14. 0 à leur odeur, et i5.# à leur saveur. Au moyen de cet ordre , tous les termes que les Botanistes ont coutume ou besoin d’employer, se trouvent classés sans aucune répétition et en faisant sentir leurs relations réelles. Cet ordre a même ceci de fort utile, qu’il sert de guide pour les descriptions. ( Voy. §. 210.) Ainsi, étant donnée une plante à décrire, il faut prendre chacun de ses organes et le désigner d’après les quinze considérations que je viens d’énoncer ; par cette marche, on aurait la certitude de ne rien omettre de ce qui peut être utile à connaître : il ne resterait plus pour celui qui voudrait publier sa description , qu’à en éliminer ce qui est peu utile ou ce qui s’entend de soi-même. Toutes les réflexions présentées plus haut , relativement à la nécessité de fixer rigoureusement le nom des organes, est de même applicable aux termes caractéristiques.
§. 27g. Les adjectifs dérives des noms des organes, prennent, en général, des sens assez divers selon leur terminaison. Ainsi, i.° ceux terminés en atus , indiquent la présence de l’organe, par exemple radicatus foliatu? , qui a une racine, qui a des feuilles ; 2.0 ceux terminés en aris ou alis signifient qui appartient à tel
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OU tel organe; ainsi, radicalis ,foliaris , qui appartiennent aux racines ou aux feuilles ; ô.° ceux terminés ert inus ou aceus , désignent la nature de l’organe; ainsi, radicinus ,fôlidceus , qui est de la nature ou de la consistance des racines ou des feuilles ; 4-° ceux en osust veulent dire qui a tel organe plus grand ou plus nombreux qu’à l’ordinaire ; ainsi , radicosus qui a une grosse racine , foliosus qui a beaucoup de feuilles ; 4>0 ceux en escens, signifient qui dégénère ou tend à se changer en un tel organe ; ainsi, spinescens qui tend à devenir épine ; 6.° parmi les mots dérivés du grec , ceux qui se terminent en odes , oides ou oideus , indiquent une simple ressemblance avec l’organe nommé ; ainsi, rhizoideus ou phyllodes , signifient seulement qui ressemble à une racine ou à une feuille.
Malheureusement on ne s’est pas toujours servi des diverses classes d’adjectifs dérivés dans leur sens strict ; et on voit quelquefois le même mot employé dans presque tous ces divers sens; ainsi, calycinus se trouve dans les livres pour dire qui a un calice , qui a un grand calice , qui a la consistance d’un calice , ou qui appartient au calice . Il serait à désirer que, pour éviter toute équivoque, on en vînt à se servir rigoureusement de chaque dérivé dans son véritable sens.
, Il arrive aussi quelquefois que les adjectifs dérivés sont employés comme de simples métaphores ; ainsi , annulatus 11e veut pas dire seulement qui est muni d’un anneau, mais qui est en forme d’anneau; le sens général de la phrase indique suffisamment les cas où chaque dérivé doit être pris au propre ou au figuré. Je ne les expliquerai donc que dans le cas où ils auraient une acception qui ne s’entendrait pas d’elle-même; ceux qui voudront les connaître devront remonter, par
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la simple table alphabétique , au substantif qui leur sert de racine. Observons ici, que si j’ai choisi, dans cet article, tous mes exemples dans la langue laiine, c’est que ces nuances sont très-difficiles et souvent impossibles à faire sentir en français : réflexion qui s’applique plus encore aux classes suivantes.
§. 280. Non-seulement les Botanistes ont exprimé, par des termes propres , les moindres organes des Plantes et les moindres modifications que ces organes peuvent présenter, mais ils ont encore voulu éviter des périphrases fréquentes , en créant des mots qui expriment à -la-fois et le nom de l’organe et la modification qu’il présente ; ainsi oppositifolius, signifie qui a les feuilles opposées ; chrysocarpus , qui a les fruits d’un jaune doi'é, etc. Les règles fondamentales pour la formation et l’intelligence de ces termes sont très-simples.
Etant donné le nom d’un organe, soit en grec, soit en latin, i.° on lui attribue une terminaison adjective latine ; par exemple, de anthos ou flos qui signifient fleur , on fait anthus ou florus ; 2.0 on le fait précéder par un mot dérivé du génitif de l’adjectif, qui, dans la même langue , exprime l’attribut ou la modification dont on a intention de parler : ainsi, de macros ou de lungus , qui signifient long , on tire macro et lungi , qui, réunis à la portion déjà formée, font macro-anthus (*) et longi-florus , à longue fleur ; 3.° si la modification qu’on veut exprimer le peut être par un mot indéclinable , ou une préposition, comme ou supra , qui signifie dessus , on le met simplement à la place de l’adjectif, comme dans les mots epiphyllus , suprafolius , sur les feuilles ; 4-° H faut observer que les élémens des mots
(*) Et par euphonie , macranthus.
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composés doivent toujours se tirer de la même langue : ainsi, on doit rejeter les mots de unipetalus , proposé à la place de monope talus polyjlorus , employé par Loureiro,àla place de polyanthus ou de multijlorus, etc; 5.° lorsqu’on emploie deux noms d’organes combines ensemble , le premier joue le rôle d’adjectif , et le second de substantif, et celte réunion signifie que le dernier est inséré ou implanté sur le second ; ainsi, radiciflorus ou rhizanthus , signifient dont la fleur est implantée sur ou près la racine. ( Voy. §. 4^7, la manière de trouver le sens de tous ces composés et des suivans, par le moyen de la table alphabétique. )
§. 281. Il est encore d’autres classes de termes composés employés dans la Botanique; ce sont les adjectifs modifiés par des prépositions , et ceux qui sont combinés ensemble.
§. 282. Lorsqu’on veut indiquer qu’un organe approche d’un certain état sans l’atteindre, on se sert du terme ordinaire qui désigne cet état, en le faisant précéder de la préposition sub , sous : ainsi, subrotundus veut dire à-peu-près rond; subroseus, presque rose, etc.; cette préposition ne peut s’employer que devant les mots d’origine latine. Quant à ceux d’origine grecque, on se permet quelquefois, dans les cas analogues, de les modifier par la terminaison en oïdes , ou en les terminant par jnorpbus, qui signifie en forme de , comme rhizoïdes , qui ressemble à une racine, rhïzomorphus , en forme de racine. C’est dans des cas semblables que, pour les mots d’origine latine , on les termine par /ormis : ainsi , radiciformis , en forme déraciné.
Lorsqu’on veut ajouter à l’idée qu’indique un adjectif, on a deux moyens: ou bien on met cet adjectif au superlatif, comme integerrimus, très-entier ; ou bien,
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on le fait précéder par la préposition per : ainsi , pèï&
integer signifie, de même, très-entier.
Enfin , la préposition ob , mise devant un adjectif * indique qu’il faut prendre ce mot dans un sens inverse i ainsi, cordatus signifie qui est en forme de cœur * l’échancrure en bas; et obcordatus , qui est en forme de cœur , l’échancrure en haut ; à la place de oby on met quelquefois observé.
§. 283. Toutes les fois qu’on veut indiquer Un état intermédiaire entre deux modifications qui ont chacune un nom , on peut combiner ensemble les deux termes j et celui qui en résulte indique cet état intermédiaire i ainsi , oblongo-lanceolatus veut dire intermédiaire entre la forme oblongue et la forme lancéolée , et ainsi de tous les autres. Les seules règles à suivre à cet égard , sont les suivantes :
i.° On ne peut combiner ensemble que des termes qui appartiennent à la même classe de caractères : ainsi, je puis bien dire oblongo-lanceolatus , palinatopartitus , crocèo-rufus , etc. , parce que l’un et l’autre des composans sont relatifs, dans le i.*r exemple, à la forme* dans le 2.% à la découpure, dans le3.e, â la couleur, etc.; mais on ne peut pas dire oblongopartitus ou palmato-ruf us , parce que ces mots appartiennent à deux séries d’idées , si j’ose le dire , incommensurables.
2.0 On 11e doit jamais combiner ensemble que des mots dérivés de la même langue ; c’est pourquoi les termes de Terminologie y polyflore , unipètale , etc., ne peuvent être admis.
3.° On doit, en général, éviter de combiner ensemble des adjectifs évidemment composés.
§.>84. Quant aux termes didactiques * ils sont en sî
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petit nombre, qu’ils ne méritent guère de nous occuper ici , d’autant plus qu’ils se trouvent nécessairement tous expliqués dans le courant de cet ouvrage; on y sera renvoyé par la table alphabétique.
§. 285. Il résulte évidemment des observations précédentes, que le langage de la Botanique est extrêmement riche en termes , dont les uns sont strictement nécessaires, et les autres ne sont que des abréviations de périphrases plus ou moins fréquentes. Il faut avouer qu’on a souvent , à ce dernier égard , dépassé les limites de la nécessité : à force de vouloir indiquer les moindres particularités, on a donné des noms à des variations à peine sensibles; à force de vouloir tout exprimer par des termes propres, on en est venu à créer des mots d’un emploi très-rare , et que des périphrases eussent remplacés sans inconvénient. A quoi bon créer un terme pour dire qu’upe feuille a la forme d’un violon ( pandurœformis ) ? Cette comparaison n’eût-elle pas pu se faire explicitement dans les deux ou trois cas où l’on a besoin de l’employer ? Cette légion innombrable de ternies, souvent incompréhensibles, quelquefois obscurs, rarement nécessaires, donne à la science des fleurs un aspect farouche et pédantesque, et la hérisse de difficultés qu’on aurait pu facilement éviter. Cependant, comme ces termes sont tous employés par les auteurs , ils sont maintenant plus ou moins nécessaires à connaître. Dans l’exposition suivante je ferai ensorte de les distinguer à-peu-près tous, mais en indiquant par la forme typographique le degré de leur importance : à la suite de chacun d’euxt , je citerai les synonymes proposés par quelques écrivains pour des objets déjà désignés convenablement avant eux, ou qui ont été rejetés par le plus grand nombre des Botanistes,, soit
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comme incorrects , soit comme inutiles : parmi les termes mêmes qu’il est nécessaire d’admettre, j’indique en petites capitales ceux qui sont les plus nécessaires , et en caractères italiques ceux qui ont peu d’importance.