CONTRE L OPINION DE DUHAMEL
qu'elles ne porteraient contre toute auti*e opinion quelconque.
Par exemple, après avoir dit que « Tétat pri- » mordial de Tos est celui d'une glu (1), » et que la formation des os est due « à ia coagulation et à o rendurdssement d'un suc (2) » » Haller fait à Duhamel cette objection :
ce Je ne comprends pas , lui ditril , que la dure* x> mère ait pu former un os aussi composé que Test » l'os pierreux , ni que la membrane tendre et dé- » licate de la coquille ou des canaux demi-circu- » laires ait pu servir de moule à l'os pierreux ou lui » imprimer ses spirales et ses contours (S). »
Duhamel aurait pu lui demander s'il comprenait mieux , lui Haller, comment ces canaux , ces contours^ ces spirales avaient pu se former par l'endurcissement d'une glu^ ou par ia coagulation d'un me
D*autres objections de Haller ne sont pas asses réfléchies.
« Les couches osseuses , dit-il , qui se forment
(1) Mémoires sur les o«, réunis par Fougeroax. Paris, 1760, p. 181.
(2) Ibid.y p. 1A8.
(3) Ibid.y p. i/i9.
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» dans un animal nourri de garance sont rouges , et » le périoste reste blanc ; donc les couches osseuses » ne sont point formées par le périoste (1). »
Fougeroux lui répond très bien : « En faisant un » raisonnement tout pareil , je dirai : La grande » apophyse du sternum des oiseaux ne prend aucune » teinte de rouge tant qu'elle est cartilagineuse , » quoique ces animaux usent dans leurs aliments » de beaucoup de garance ; Tapophyse du sternum » des oiseaux , lorsqu'elle est convertie en os, prend « très bien, au contraire, la teinture de la ga- » rance ; donc l'apophyse du sternum des oiseaux y> n'est pas formée par le cartilage qui en occupait la » place (2). »
En effet , le cartilage ne rougit pas plus (3) que le périoste sous Taction de la garance; et si l'argument avait quelque force contre le périoste, il n'en aurait pas moins contre le cartilage. Or, le cartilage devient os; Haller n'en doutait pas. La non-coloration ne prouve donc pas plus contre le périoste qu'elle ne prouve contre le cartilage.
(i) Mémoires sur les o«, réunis par Fougeroux, p. 2ti et p. 151.
(2) IInd.y p. 2 A.
(3) Voyez ci-devant , p. 74.
CONTfiE l'opinion DE ODHAMEL. i09
§ IV. '
Haller dit encore que « le périoste n'a aucune » part à la réunion des os ; qu'il ne fait pas partie » du cal... ; qu'il n'est pas attaché au cal (1). »
On voit, par les pièces 12, 13 et 15 de la Planche V, combien Haller se trompe. Le périoste tient partout au cal , ou plutôt le cal n'est que le périoste même , le périoste endurci , selon l'expression de Duhamel (2), le périoste devenu os.
Dès qu'un os est rompu , le périoste se porte entre les bouts fracturés; et là, se tuméfiant de plus en plus, il devient bientôt cartilage ; et bientôt ce cartilage devient le cal (3).
Mes expériences sur les côtes ne sont que des fractures avec perte de substance j comme je l'ai déjà dit ; et ces expériences nous montrent , avec l'évidence la plus complète , le périoste qui devient cartilage , et le cartilage qui devient os , une portion d'os , c'est-à-dire le cal (4).
(i) Mémoires sur les os^ réunis par Foogeroux , p. 176.
(2) Voyez ci-devant, p. 'ô,
(3) Voyez ci-devant * p. 59.
(Zi) Voyez ci-devant , p. 7.
iiO OBJECTIONS DE R ALLER
Haller arrive , enfin , à cette objection , qui a dû paraître bien forte, car, après lui, je ne vois plus un seul physiologiste qui ne la répète. •
(c Le périoste , dit-il , est si peu la matière de » Tos , qu'une grande partie des os na!t sans en » avoir. Je parle des noyaux osseux qui naissent au » milieu du cartilage, qui n'ont aucun périoste vi-* » sible , et qui sont isolés de tous côtés , à Tégard » du périoste du reste de l'os (1). »
Bordenave , qui semble s'être donné la tâche de reproduire contre Duhamel toutes les objections de Haller, s'est bien gardé d'omettre celle-ci.
« Les extrémités des os longs commencent, dit-il, » par être cartilages avant que d'être os , et ne doi- X) vent point leur naissance au périoste (2). »
(K On attribue sans preuve , dit Béclard , au pé- » rioste , l'usage de former les os , car on voit l'os- » sification des os courts commencer au centre du M cartilage , et loin du périoste par conséquent (3). »
(1) Mémoires sur les os, réunis par Fougeroux , p. 178.
(2) Ibid., p. 208.
(3) Éléments d'anatomie générale , p. UUS.