CHAPITRE IV
THÉORIE DU SUC GÉLATINEUX DE HALLER , OU , PLUS GÉNÉRALEMENT , THÉORIE DE L'ÉPANGHEMENT.
Selon Haller, « le cal de l'os est formé par un suc » gélatineux qui suinle des extrémités fracturées de » Tos, surtout de la moelle, et qui s'épanche tout » autour (1). » — «Ce suc, continue-t-il, s'épaissit , » devient une gelée tremblante , passe par d'au- » très degrés de consistance , et devient , à la fin , » cartilagineux (2). »
§ II
c( Dans la réunion d'une fracture , dit Béclard , » il y a successivement agglutination des fragments » par un liquide organisablc dont le sang fournit » les matériaux; ossification d'une substance sem- » blable infiltrée tout autour de la fracture, tant à
(i) Mémoires sur les os^ réunis par Fougeroux , p. 174. (2> Ibid., p. 174.
114 THÉOniE DU suc QÉLATINEUX DE IIALL^R,
» rintérieur qu'à l'extérieur ; enfin réunion vasculaire » et osseuse entre les fragments eux-mêmes (1). »
Le liquide organisable de Béclard n'est , sous un autre nom, que le suc gélatineux de Haller ; la^wôstance intermédiaire de Breschet (2) n'est, sous un autre nom, que le liquide organisable de Béclard, que la matière gélatineuse de Troja (8) et de Mac- .donald (4) ; et tout cela n'est , sous tous ces différents noms, que le périoste lui-même, gorgé, tuméfié ^ et, dans cet état nouveau , méconnu par les observateurs (5).
(1) Analomie générale ^ p. 521.
(2) Quelques recherches historiques et expérimentales sur le cal , par MM. Breschet el Villermé, p. 15.
(3) De novorum ossium, regeneratione expérimenta^
(û) Diss. inaug. de necrosi ac callo^ p. 55.
. (5) Voyez ci-devant , p. 62. Il y a plus : MM. Breschet et Vil- Icrmé définissent \e périoste tuméfié en définissant la substance (|u'ils nomment substance intermédiaire : « Une substance d'un » rouge assez vif, mollasse, demi-transparente... » {livre cité^ •p. 15); Troja et Macdonald voient la continuité, Tunion de leur matière gélatineuse avec le périoste : Periosleum gelatina comitabaiur..., dit Troja {livre cité, P- /i9) ; Materiaipsa gela- (inosarenato periosleo adeo adhœrcbat..., dit Macdonald {livre cité:, p. 55), etc., c:c.
OO THÉORIE DE l'ÉPANCHEMEKT. 115
§ IV
Dans les expériences faites à la manière de Troja, on ne touche, comme on a vu (1), ni au périoste , ni aux parties voisines , ni par conséquent aux vaisseaux de ce périoste et de ces parties : on ne touche pas même à Tos, du moins à la face de Tos qui répond au périoste. On ne produit donc aucune rupture, aucune lésion, aucun épanchement quelconque entre le périoste et Tos ; et cependant il se forme de Vos nouveau , tout un os nouveau.
Les pièces 7 et 9 de la Planche VI sont deux tfbias de deux lapins, opérés à la manière de Troja, c'est-à-dire que l'os a été scié en travers, et qu'ensuite on a détruit , au moyen d'un stylet , la membrane du canal médullaire.
L'animal a survécu soixante-douze heures à l'opération , pour la pièce 7 ; et quatre-vingt-seize pour la pièce 9.
Sur ces deux pièces , le périoste a été fendu longiludinalement , et détaché ensuite de l'os par la dissection.
(1) Ci-dçvaoKp. 36 el siiiv.