‹ Théorie expérimentale de la formation des osChapitre 51 sur 51 · QUELQUES REMARQUES V · texte numérisé non relu

QUELQUES REMARQUES V

SUR LA -^t : - - r>

Théorie expérimentale de la formation des os, de M. Floureas ,

Paris, 1847; par M. le docteur Gluge, professeur

à ^Université de Bruxelles.

Notre intention n'est pas de faire une analyse détaillée de cet ouvrage qui , par une exposition claire et précise de faits intéressants et quelquefois nouveaux, doit attirer l'attention des physiologistes et des chirurgiens. Du reste, nous nous proposons de revenir sur ce travail dans notre Atlas d'anatomie pathologique, en traitant de la reproduction des os. Nous voulons seulement ici relever certaines erreurs d'un genre malheureusement assez fréquent en France : et c'est ce que nous n'aurions pas fait si ces erreurs n'avaient pas été commises par un homme aussi éminent que M. Flourens.

A la fin de la première partie de son mémoire, M. Flourens dit : « Et maintenant, après avoir mis dans tout son jour, après avoir démontré par tant d'expériences la faculté surprenante et jusqu'à moi si peu connue, qu'ont les os de se reproduire »

Comment M. Flourens a-t-il pu ignorer les belles recherches de ses devanciers et surtout celles de Troja? surtout lorsqu'il cite cet auteur, mais seulement d'après un premier mémoire u de novorumossium.... regeneratione , 1775, qui, traduit en italien avec additions, parut à Naples, en 1779.

M. Flourens paraît également ne pas connaître l'existence d'un autre ouvrage de Troja, non moins remarquable, imprimé à Naples, en 1814, qui n'a pas été publié par cet auteur, peu satisfait de la partie chimique de son travail; — cet ouvrage a été traduit et publié par un de ses amis, M. Schônberg, sous le titre de : M. Troja neue Beobachtungen und Versuche ûber die Knochen; Erlangen, 1826. — M. Flourens dit p. 56 : u Troja commençait

|)ar scier en travers Fos dont il voulait détruire la membrane médullaire, il amputait le membre dans la continuité de Fos. Il n'y avait donc qu'une partie d'os qui fût soumise à l'expëriencc... »

J'ni voulu, dans mon expérience, continue M. Flourcns, que l'os pût se reproduire tout entier. Je me suis donc borné , ajoutet-il , ïi pratiquer un trou sur le radius, et puis, portant un stylet par ce trou dans le canal médullaire, j*en ai détruit toute la membrane. Ainsi, tout l'os a été soumis à l'expérience et tout l'os a pu se reproduire. »

Or, voici ce que Troja dit (ouvr. cit. p. 77) :

ti Dans cet animal (bélier), la moelle fut détruite, non par l'amputation du pied , mais par un trou long et large, pratiqué par un stylet à la surfiiee externe du milieu du tibia. Je détruisis la moelle par une sonde flexible en argent en haut et en bas jusqu'aux deux extrémités de Tos. » La reproduction d'un nouveau tibia en fut le résultat, que Troja représente par une trèsbelle planche.

Le résultat obtenu par M. Flourens n'est donc pas plus complet qu*aucun de ceux obtenus par Troja, ainsi qu'il le prétend; il laisse même encore debout les objections adressées à ce dernier. V. Mieschcr : De inflammatione ossium; Berlin, 1856, p. 243 sq.

Plus loin, p. 44, M. Flourens parle de la reproduction d'un nouvel os effectuée par la membrane médullaire après la destruction du périoste. «< J'ai , dit-il, fait une expérience qui est de tout point l'inverse de celle de Troja... Dans l'expérienee de Troja , l'os nouveau contenait l'os ancien et était produit par le périoste. Dans la mienne , Fos nouveau est contenu dans l'ancien et est produit par la membrane médullaire. » Dans l'ouvrage de Troja , on trouve tout un chapitre » sur les nouveaux os, qu'on peut produire par la destruction du périoste, dans les cavités médullaires des os longs. »

Ce chapitre est rempli d'expériences multipliées et est accompagné d'une planche.

L'expérience nouvelle de M. Flourens se trouve done encore une fois dans celle de Troja.

Or, ces remarques ne tendent pas à rabaisser en rien le mérite

des belles expériences tentées par M. Flourens, mais nous les avons cru nécessaires, en présence des louanges exagérées que nous voyons à tout moment prodiguées à tout ouvrage qui porte un nom illustre. Quand posséderons-nous une véritable critique , juste et sévère , exercée par des hommes spéciaux qui connaissent la matière qu'ils jugent et les travaux qui s'y rapportent?

>«4HHH>'

Page 1