‹ Theorie generale des machines a vapeurChapitre 29 sur 84 · QUE LA VAPEUR QUI SORT DES CHAUDIÈRES EMPORTE AVEC ELLE · texte numérisé non relu

QUE LA VAPEUR QUI SORT DES CHAUDIÈRES EMPORTE AVEC ELLE

La vapeur, en sortant des chaudières, emporte toujours avec elle une certaine quantité d'eau liquide en très-petits globules. Cette eau parait provenir principalement des enveloppes des bulles de vapeur qui viennent crever à la surface, mais il y en a peut-être aussi une partie qui se trouve dans cet état particulier que les physiciens nomment état vésiculaire.

Quelle que soit la forme sous laquelle ce phénomène s'accomplit, la quantité d'eau ainsi entraînée peut être très-considérable quand on ouvre subitement une large issue à la vapeur, à cause de Tébullition tumultueuse qui en résulte, surtout quand les chaudières sont munies de bouilleurs et que l'orifice d'écoulement de la vapeur est placé audessus d'un des lubes de communication de ces chaudières avec leurs bouilleurs. Dans certaines circonstances, on voit sortir une espèce d'émulsion semblable à de Tcau de savon battue. Le même phénomène a lieu, lorsque l'on met en communication avec une machine des chaudières qui contiennent de la vapeur à une tension supérieure à celle qui est nécessaire pour emporter la charge, mais incapables de fournir

ii8 EAU UQUIDE EMPORTÉE DES CHAUDIÈRES.

la quantité de vapear qui serait indispensable poar maintenir la vitesse qui se produit an commencement de la marche. La tension baisse dans ces chaudière qui fournissent momentanément plus de vapeur que le foyer n'en peut produire d'une manière continue, à cause de la chaleur emmagasinée dans la masse liquide dont la température est supérieure à celle qui correspond à la tension des vapeurs qui agissent sur sa surface et, pendant cette période, il passe dans les cylindres une énorme quantité d^eau qui peut occasionner des accidents.

Ce dernier effet ne se produit pas dans les chaudières qui fonctionnent régulièrement et d*une manière continue, mais, même dans ce cas, il y a toujours de leau entraînée, en quantité d'autant plus considérable que la chaudière est plus près d'être pleine, que le tuyau de prise de vapeur est plus rapproché du point de la surface liquide par lequel il se dégage le plus de vapeur et que Fécoulement de la vapeur est plus intermittent; ainsi, il y a plus d*eau entraînée quand les machines à un cylindre fonctionnant à détente que quand elles travaillent sans détente, parce que dans le premier cas lebullition intermittente est plus énergique que Tébullition continue dans le second.

D'après des expériences faites sur des machines locomotives, la quantité d'eau qu'elles consomment s'élèverait jusqu'à 30, 40 et même 52 p. c. du poids de la vapeur, calculé d'après les densités admises dans nos tables et d'après les volumes engendrés par les pistous ; mais ces expériences, fort utiles pour déterminer les quantités d'eau nécessaires à l'alimentation des chaudières des locomotives, n'apprennent rien sur la quantité d'eau liquide que la vapeur emporte avec elle.

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