‹ Théorie mécanique de la chaleur ... [3 vol.] (volume 3)Chapitre 104 sur 136 · LIVRE V, CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE V, CHAPITRE II

Le hasard y dont tant de philosopes font un si large usage )rsqu'il s'agit d'expliquer ce qui ne rentre pas dans leurs ^sternes y le hasard ne saurait ici être un seul instant invoqué Dur expliquer Tà-propos étrange de la chute de la flèche du il; pour expliquer la concordance qui existe entre le sujet du êve et le bruit ou la sensation douloureuse qui y semble tietlre fin. L'accident est évidemment la cause même du rêve, [ui n'est qu'une conséquence instantanée , si long qu'il nous « emble parfois. C'est ce qui ne saurait plus être mis en doute ►ar quiconque sait observer.

J'ai montré ailleurs déjà (p. 345) l'une des conséquences presque sublimes qui découlent naturellement de la discusîon de ce phénomène. Il nous prouve, dans son ensemble , 3 besoin que nous avons, jusque dans le sommeil, d'attriuer à toute chose une cause, fût-elle même absurde! Le rêve, n effet, dans les cas que je cite, n'est que l'explication, parais baroque, d'une sensation qui vient subitement troubler otré repos.

Mais il découle de ce phénomène d'autres conséquences lus élevées peut-être encore.

Dans le premier exemple que j'ai donné, le rêve, quoique 'ès-court, a pourtant une durée; et l'on pourrait, avec . Maury, expliquer l'ensemble des impressions que nous prouvons , par une simple accélération de la pensée. Dans le îcond exemple, il y a plus que brièveté, il y a instantanéité ^ ; la conclusion forcée qui en découle est tout autre.

1° L'imagination nous présente instantanément une série es multiple de tableaux.

2"" A cette succession de tableaux sans durée nous attalons l'idée d'une durée.

Tous ces tableaux sont aussi faux et aussi mensongers que )n voudra d'ailleurs; mais, par sa définition même, l'enmble de ce qui se passe exclut l'idée d'un phénomène orinique, et y substitue celle d'un phénomène psychique: ins-

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tanlanéilé dans une suite d'images, impression de diii-éc dans ce qui est sans durée, voila deux termes absolument iucoaciliables, en ciïct, avec un phénomène relevant d'un oi^ane, relevant par conséquent d'un mouvement des atomes matériels sous l'empire d'une force.

Contrairement à la plupart des pliysiologistes , nous conclurons donc que le rêve est un phénomène purement psychique, mais provoqué tout aussi évidemment par les conditions physiologiques. Une douleur, une gêne locale, un élal maladif ou un élal de Lien-être , déterminent le rêve. Privé de toutes ses ressources, par suite du repos de la plupart des sens, l'être animique se méprend sur la cause qui l'impressionne en bien ou en mal : il invente des scènes, qui laatdl sont toutes neuves, tantôt sont calquées sur celles qa'il avues en réalité. Il imagine , il juge , il raisonne , il se rappelle : la plupart du temps à faux , il est vrai , parce qu'il est privé des instruments organiques nécessaires, indispensables, à «s opérations. Mais le caractère absurde, baroque, ridiculE, mensonger... (peu importent les épithètes), loin d'infirmer, confirme la première assertion. A l'état de rêve, I'ëléheht ANIHIQUE agit en dehors du temps et de l'espace; il manifesle sa nature transcendante, puisqu'il imagine simullanément ce qui est précisément te contraire de la simultanéité, etpuis' qu'il attache une notion de durée , relevant de t'cxpérïeDce, à ce qui est sans durée.

Le phénomène du rêve, convenablement analysé, nous prouve une fois de plus qu'en cette vie, l'âme ne peut rien correctement sans ses instruments organiques; mais il prouve une fois de plus aussi que ce ne sont pas ces instruments qui pensent -

La localisation organique des facultés, loin d'être une objection, fait donc au contraire ressortir, avec le plus de clarté et d'énergie possibles, l'unité indivisible de l'élément vilal, de l'âme pensante, et sa nature transcendante,

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