CHAPITRE III
l*ètre vivant considéré dans ses rapports avec les autres êtres vivants. "-* ]£ds(e-t-il pfosieuf â 6â]()éces d'éléments animiques?
Mous ven(ms de reconnaître qu'il n'y a pas un seul phénohne d'organisation proprement dite qui puisse sainement expliquer par la seule action des forces du monde inanimé ,
sana l'intervention d^une puissance directrice supérieure , une nature totalement distincte. Nous avons de plus reconnu a'il n'est pas possible, au point de vue d'une saine logique , e distinguer cette puissance de celle qui fait de tout être viant autre chose qu'un simple mécanisme, et qui le fait appaaitre comme nne activité spéciale douée de spontanéité et apetée à n^ easemble de fonetions sans aucune analogue dans 'monde inanimé. Fonctions qui^ s'agit-il même d'une timbiô plante, ne peuvent être caractérisées que par l'épiète: psychiques, animiques. Tandis que le propre de l'attie matériel c'est d'occuper un espace défini et limité; ïdis que l'attribut de la force c'est d'être diffuse à l'infini ns l'espace, le caractère typique de l'élément animique 'St de constituer une unité indivise, une activité transcennte, qui, quoique temporairement localisée, est incomtible avec toute idée d'espace défini, et de forme. I^as plus qu'aucun des autres éléments , l'unité animique
peut se manifester isolément : il lui faut , pour dégager et -ttre en évidence sa spontanéité, le concours incessant des incipes constitutifs du monde physique; bien plus, il faut ^e ces principes se soient groupés sous la forme particu- -red'un appareil complet, à la fois, de mécanique, de phyque et de chimie.
C'est en vertu de sa puissance plastique, et en dirigeant
simplement les forces du monde înanîmù, que l'unité animitjue oi'gaiiise elle-même l'appareil qui lui est indispensable dans l'une de ses évolutions : la seule, d'ailleurs, qui nous soit connue expérimentalement.
Si les problèmes de la vie et de l'ime ressemblaient même de loin à des problèmes de mathématiques, s'ils pouvaient comme eux se traduire en équations, nous dirions :
«L'unité animique élaut eile-mème l'architecte de son € propre appareil organique, il existe nécessairement autant «d'uuités animi(|ues qu'il existe d'êtres vivants. »
Et comme les organismes dilTérent entre eux et se classent en espèces qu'aucun système préconçu ne saurait confondre, nous ajouterions :
«11 existe autant d'espèces d'unités animiques qu'il eiiste « d'espèces d'organismes. ■
Avec cette formule, nous pourrions clore ce chapitre et tout ce volume, car notre analyse élémentaire de l'univers serait bien et dûment terminée.
Mais les phénomènes physiques n'ont pas plus de rapport avec l'ensemble des phénomènes psychiques que les mathématiques n'ont de prise directe sur la libre spontanéité de l'âme. Dans l'étude des premiers phénomènes, notre esprit n'est satisfait que quand il arrive à une suite d'identités et d'égalités; dans l'étude des seconds, il faut, bon gré mal gré, qu'il se contente d'une suite d'analogies. 11 résulte de là que les problèmes de cet ordre ne sont complètement résolus qu'à condition qu'on les embrasse sous toutes leurs faces : une seule lacune jette l'incertitude sur l'ensemble d'une solution, fut-elle l'expression la plus pure de la vérité.
Bien que la formule énoncée plus haut soit, comme notu verrons , la seule réponse logique Je la science à la question posée en tête de ce chapitre, bien qu'en réalité cette formule soit de nature à satisfaire nos plus hautes aspirations, il n'en est pas moins certain qu'en la laissant telle quelle et sans a