‹ Théorie mécanique de la chaleur ... [3 vol.] (volume 3)Chapitre 18 sur 136 · LIVRE II, CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE I

aréfiés, ce n'est plus la peine de les distinguer radicalement le la matière. II y a d'ailleurs en tout cela une contradiction )îen plus grave, qui fait réellement tomber l'interprétation iomme doctrine d'ensemble.

On a fait des élhers électrique, lumînique , calorique, des îspèces de gaz impondérables , c'est-à-dire des principes échappant à l'attraction générale etc. ; cependant les premières exigences de l'optique, par exemple, veulent que l'éther luminique soit plus dense dans les corps qu'ailleurs et soit par conséquent soumis à une attraction. On a , je le sais^ essayé d'éluder la contradiction , en dotant l'éther et la mafcîère de forces spécifiques qui seraient indépendantes les unes desautres ; mais il devient alors encore impossible d'expliquer comment l'éther se localise de telle ou telle manière dans les corps autrement que dans l'espace. Ces considérations ont Barit abandonner, par presque tous les physiciens modernes, l^kypothèse de l'existence d'un ou de plusieurs éthers universellement répandus, dont les mouvements donneraient lieu aux ^liénomènes de lumière, de chaleur etc.

Je montrerai bientôt qu'après être parti d'une critique t*ès juste , on s'est laissé entraîner dans une autre doctrine Out aussi vulnérable, et qu'en définitive la doctrine des ^ulations éthérées est simplement insuffisante. Elle pèche, l'une part, par la terminologie, qui demande à être radicalement modifiée ; elle pèche, d'autre part, en ce qu'elle laisse ^^ns l'ombre un ordre tout entier de phénomènes : ceux dont ^ensemble constitue le dynanisme ou la science des forces. lais, en somme , elle est facile à corriger.

UNIVERS IMANIMÊ.

Réfutation de, la doctrine </»* attribue tous les f l'univers à de simples mouvements de la matière. Première affirmation rationnelle et synthétique.

L'idée, préconçue chez beaucoup de personnes, que loulesl nécessairement simple dans la nature a fait siibsliluer presque généralement aux deux inlerprélalions précédenles celles qui consistent à attribuer à la matière et à ses nionvemenls toas les pliénoménes d'atlraclion , de répulsion , de chaleur, lumière , d'électricité. J'aile rej^ret d'êlre obligé d'ajouter que bien des parlisans de celle docti'ine ont exprimé pour les deux précédentes un mépris quelnuefois injurieux et qui serait déplacé même dans la bouche de pliilosophes plus sensés que ceux qui ont voulu faire de la matière et de ses mouvements le Dieu de l'univers.

Pour utiliser mélhodiquemenl notre critique et la rannener à une afGrmation ûnale , je donne de suite à la question à étudier la forme d'un dilemme inlerrogaloire, auquel de fait elle se réduit nécessairement.

Le mouvement d'une partie distincte de JiATiiiRE résulle-t-il toujours et immédialemenL d'un mouvement antérieur d'une autre partie distincte de cet élément ?

Ou bien existe-1-il dans l'univers un élément speciai capable, sans aucun mouvement antérieur, de tirer la maliérc dti repos ou de l'y faire rentrer?

Nous n'avons aucune idée de ce qu'est l'essence même du mouvement, et nous ne savons aucunement ce qu'il y a de plus ou de moins dans un corps en mouvement que dans un corps eil repos. On a écrit des centaines de volumes sur ce sujet, el à force d'écrire et d'ergoter, quelques penseurs en sont arrivés à nier le mouvement absolu el à faire du mouve-

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