‹ Théorie mécanique de la chaleur ... [3 vol.] (volume 3)Chapitre 32 sur 136 · LIVRE II, CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE I

cun esl en harmonie avec le principe de la conservation des quantités d'action.

Mais rien au monde, absolumenl rien, ne nous permet plus ici d'affirmer que tel mouvement choisi équivaille à un effet quelconque de l'éleclricité, el l'inlerprétation prend, dès ce moment, le caractère d'une supposition arbitraire, que l'on ne peut ni affirmer ni nier; elle perd sa valeur imitative et figurative.

n. L'hypothèse que nous analysons rend compte d'une manière satisfaisante, au point de vue figuratif, des phénomènes de chaleur internes aux corps. Il n'en est plus ainsi dès que l'on s'occupe des phénomènes de rayonnement calorifique ou luminique, et il devient nécessaire de la modifier alors d'une manière essenlielle.

Deux théories, on le sait, marchent de front depuis Newton et Descartes, et se partagent l'opinion des physiciens. D'après l'une, la lumière et le calorique rayonnant seraient dus au mouvement translatoire des particules d'une substance réellement émise parles corps lumineux ou les corps chauds. D'après l'autre , ils seraient dus à un mouvement onjiulatoirc (analogue au son), qui s'exécuterait dans une substance partout répandue. Nous n'avons pas à nous occuper essentiellement de ces deux théories en elles-mêmes, □i à chercher même si l'une ou l'autre est vraie. Toutes deux aboutissent à une question finale, qui, résolue en un sens ou en un autre, affecte le caractère d'une hypothèse. Qu'est-ce que la substance en mouvement translatoire ou ondulatoire?]

C'est la MATIÈRE elle-même : première hypothèse.

C'est une substance totalement différente de la matière : seconde hypothèse.

Nous avons déjà examiné cette dernière interprétation.

Dans ce paragraphe, nous n'avons à nous occuper que de la première, au point de vue des deux théories à la fois.

2b2 UNIVERS ISANIMÉ.

Pour fonder et pour appuyer une ihéorie , dans son ensemble comme dans ses détails , les analystes ont pour droit très légitime d'attribuer aux matériaux qu'ils souineltentà l'analyse mathématique toutes les propriétés nécessaires à une interprétation donnée, sauf à laisser ensuite l' observation vérifier ou nier l'existence de ces propriétés. Une condition supérieure, cependant, est imposée à ce qu'on peut nommer ces inventions de qualités : c'est que l'une ne vîeDae pas annuler l'autre; c'est que, quand on a, par exemple, doué la MATIÈRE d'une propriété, on ne l'en dépouille pas arbitrairement pour les besoins d'une autre explication. Ed partant de cette règle , donl la justesse est évidente , plaçonsnous sucessivement dans la théorie des ondulations et dans celle del'émisssion, pour chercher si c'est à des raouvemenls de la MATIÈRE même qu'il est possible d'attribuer les phénomènes de lumière et de chaleur rayonnante.

Au point de vue de la théorie des ondulations, poser celle question , c'est presque la résoudre, et négativement.

Dans celte théorie, en effet, on compare la propagation de la lumière et du calorique rayonnant à celle du sou dans les corps ; on y admet l'existence d'ondes contractées et dilatées, de dimensions variables : deux couleurs différentes seraiesl pour l'œil ce que sont deux notes différentes pour l'oreille, etc. Il sufQt de rappeler les admirables travaux de haute optique auxquels celle théorie a donné lieu , pour être frappé de sou heureuse fécondité. Lorsqu'on raisonne en malbématicien pur, lorsqu'on fait abslraclion des phénomènes de sensation (ouïe, vision), les résultats qu'elle fournit équivalent à la réalité , font image de celle-ci d'une manière aussi satisfaisante que le fait, par exemple, l'hypothèse de Ciausius relativement aux phénomènes de chaleur internes au corps. Je reviendrai plus loin sur celte théorie en elle-même el sur quelques difficultés contre lesquelles elle échoue incontestablement. Pour le moment, je ne m'arrête que sur un seul

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