‹ Théorie mécanique de la chaleur ... [3 vol.] (volume 3)Chapitre 37 sur 136 · LIVRE II, CHAPITRE l · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE l

des autres pour qu'on puisse allribuer aux uns les phénomènes de chaleur, aux autres les phénomènes d'éleciricilé. La question prend un tout autre aspect lorsque, au lieu de se tenir dans les corps mêmes et d'expliquer avec l'arbitraire le plus complet ce qu'il nous est impossible d'y vérifier directement, on s'occupe de ce qui se passe hors des corps.

Les phénomènes éleclro-statiques, électro-dynamiques, magnétiques, etc., ne sont, en effet, pas bornés à la matière même des corps.

Un corps électrisé agit par influence, et à des dislances indéiinies, infinies, sur les autres corps.

Un courant électrique agit attractivement ou répulsivemenl sur un autre courant, à une distance infinie.

Un aimant agit à une distance infinie sur les corps magnétiques. Il est aujourd'hui prouvé que le soleil agit sur la terre à titre d'aimant.

Le calorique, qu'en toute hypothèse on avait regardé comme une puissance répulsive exclusivement intermoléculaire, agit lui-même h distance.

 ces actions à distance indéfinies s'applique rigoureusement la démonstration que j'ai donnée quant à la nature de l'élément intermédiaire qui détermine le phénomène de la gravitation; mais elle s'y applique d'une manière beaucoup plus frappante encore, s'il se peut.

Prenons pour premier exemple l'action réciproque qu'exercent l'un sur l'autre , à une dislance indéfinie , deux fils métalliques parallèles, traversés chacun par un courani électrique. Ces conducteurs s'attirent, si les courants vont dans le même sens; ils se repoussent dans le cas contraire. Nous avons essayé d'expliquer la gravitation universelle en admettant arbitrairement que l'espace est parcouru en tous sens par des molécules matérielles doaées d'une excessive vitesse cl d'une élasticité parfaite, et notre tentative d'explication

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figurative nous a ment'-s à l'absurde, G'esl A quoi nous allons aboutir ici, et bien plus vite encore.

Chaque point de l'un de nos courants attire ou repousse chaque point du courant opposé avec une intensité proportionnelle à la raîsou inverse du carré des distances , et en raison composée de la quantité d'électricité en mouvement (ou en action). La matière même des conducteurs n'entre pour ricB dans la question : un tube de verre parfaitement vide, que traverse le courant, agit comme un fil métallique. Un corp! interposé ne modifie pas non plus l'intensité de l'attraction ou de la répulsion , bien que l'état interne de ce corps soit souvent temporairement modifié , tant que les courants subsistent : on sait comment les propriétés optiques d'un cristal sont modifiées entre les pôles d'un fort électro-aimant (Faraday). Si nous voulons figurer encore une fois la répulsion et l'attraction par un mouvement de particules matérielles, nous ne pouvons plus ici, comme pour la gravitation, admettre que ces molécules préexistent dans l'espace, et s'y trouvent en mouvement ou en repos , car les deux faits supposeraient, de la part des courants, une action à distance, qu'il s'agit précisément d'expliquer, et supposeraient de plus une dépense d'action dynamique qui, comme on le sait, n'a lieu, tout au contraire, que quand, eo se rapprochant ou en s'éloignant l'nn de l'autre, les courants nous fournissent du travail externe. Nous sommes obligés, en un mot, d'admettre que ces particules sont émises par chaque point des courants, qu'elles vont à une dislance infinie avec une vitesse infinie, pour revenir sur elles-mÉmes en égal nombre et sans nulle perte de vitesse : car autrement il y aurait encore une dépense d'action par le seul fait de l'existence des courants, ce qui n'a pas lieu. Nous sommes obligés d'admettre que ces particules rayonnent en tous sens de chaque point géométrique des courants : que ces points se trouvent dans la matière d'un corps conducteur ou dans le vide le plus compU

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