‹ Théorie mécanique de la chaleur ... [3 vol.] (volume 3)Chapitre 45 sur 136 · LIVHE II, CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVHE II, CHAPITRE II

It faut un certain temps à la lumière et au calorique rayonnant pour passer d'un point de l'espace en un autre; de plus, ce rayonnement s'opère dans une étendue définie et mesurable, il faut un certain temps à l'électricité pour s'équilibrer h travers les meilleurs conducteurs ; de plus, ie courant est compris aussi dans une étendue définie et mesurable. Cette manifestation des éléme;4T5 intermédiaires est donc soumise aux couditîons finies du temps el de l'espace, tout contrairement à leur manifestation comme forces. Nous jBomnies, par conséquent, en droit de conclure qu'elle se fait & l'aide d'un mouvement proprement dit. Dans sa forme , guelle qu'elle soit d'ailleurs , ce mouvement peut être comparé à ceux dont est susceptible la matière elle-même; dans son essence, la comparaison cesse d'être possible, même de loin et à titre d'image, car elle conduit droit à i'ab- Burde.

Un mouvement quelconque de la matière suppose un effort exercé antérieureraent : un mouvement qui a lieu dans le principe même qui constitue la forge, ne peut être considéré, au contraire, que comme un mode d'existence de ce principe, et ne présuppose aucune idéu d'effort. Un mouvement quelconque d'une masse matérielle représente effectivement une somme d'aclion dépensée ; un mouvement quelconque dont est susceptible un élément intermédiaire ne peut représenter que virtuellement une telle somme d'action.

La différence entre ces deux mouvements est tellement caraclérislique , qu'une distinction nominale devient indispen- B pour éviter toute confusion. J'appellerai mouvement dy- HAMIQUE ce mode d'existence de l'élément intermédiaire.

J'appelle toute l'attention du lecteur sur ces considérations si simples et si élémentaires , qui vont d'ailleurs prendre un degré de clarté de plus en plus frappant. Je puis bien me permettre de le dire ici ; c'est faute d'y avoir eu égard qu'on est parvenu peu à peu à jeter tant d'obscurité sur la nature de ce

•29i) USIVEHS INANIMÉ.

(lu'on appelai) les impondérable^, ei que l'on a abouti Onakment â faire une assirnitatJon grossière de ces principes avec la MATIÈRE elle-même.

L'ÉLÉMENT INTERMÉDIAIRE n'étant pas, à titre de force, soumis, aux condiLions finies du temps et de l'espace, se troaïe, par ce fait même , partout dans l'espace occupé ou non par Is MATIÈRE, [l ne peut pas s'en trouver plus ici que là ; le mol de quantité, du moins dans le sens qui s'y attache vulgairement, devient ici absurde. Un corps qui s'échauffe ou qui se refroidit ne reçoit ni ne perd rien : mais l'intensité , l'activité , comme FORCE de l'ÉLÉMENT INTERMÉDIAIIIE qui s'y trouve , s'accfoit ou diminue. Le mouvement que nous appelons, par exemple, chaleur rayonnante, ne peut, à aucun titre, être considéré comme quelque chose qui s'ajoute ou se retranche , dans les corps qui s'échaulTeol ou se refroidissent; ce mouvement, quelle que soit sa forme , ne peut être considéré que comme un mode, en vertu duquel l'activité dynamique de ce qui se manifeste comme force se trouve modiûée en plus ou en moins en un point donné de l'espace. Ce que nous disons ici du calorique peut se dire rigoureusement de l'électricité, de la lumière.

Il est extrêmement important de bien établir la connexion qui existe entre les deu.x modes de manifestation dont nous parlons , entre l'attribut force et l'attribut molvemekt ora*- MiQDE. C'est ce que je vais faire à l'aide de quelques citations expérimentales très simples.

Un fil métallique isolé et roulé en hélice se comporte eiactement comme un aimant dès qu'il est traversé par un courant électrique. La ressemblance est telle entre ces deni ordres de phénomènes, que l'on croyait si distincts, qu'il n'est plus possible aujourd'hui de séparer l'étude du magnétisme d'avec celle de l'électricité en mouvement. Ampèrea démontré qu'un barreau aimanté peut être représenté rigoureusement par des courants électriques circulaires s'exécutant autour

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