‹ Théorie mécanique de la chaleur ... [3 vol.] (volume 3)Chapitre 57 sur 136 · LIVRE m, CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE m, CHAPITRE I

ordre, c'est-à-dire que si l'une d'elles est formée d'un cerlain nombre relatif d'atomes de deux ou plusieurs éléments combinés, tous sont formés de même.

En un mot, si l'un de nos éléments est composé, tous le sont, et de la même manière, en ce qui concerne te nombre des atomes consltluants.

Et si l'un d'eux est simple, tous le sont.

A la rigueur, la première de ces suppositions est faisable et n'a rien d'absurde. Si cependant nous partons des faits connus , nous sommes bien obligés de reconnaître qu'elle n'a aucune analogie en sa faveur. Cette supposition nous forcerait, par exemple, à dire que l'énergie avec laquelle les éléments réels sont combinés, ne dépend que da nombre relatif des atomes, et qu'il n'y a qu'un seul rapport qui puisse donner lieu à l'énergie capable de résister à tous nos moyens d'analyse. Or si nous jugeons par comparaison quant aux combinaisons connues, nous voyons bien au coolraire que dans tel composé, c'est l'égalité du nombre des atomes combinés qui donne lieu à la plus gra:ide stabilité, tandis que pour tel autre corps c'est un autre rapport qui y donne lieu.

Le résumé général des pages précédentes est des plus frappants :

1" 11 est désormais impossible de soutenir qu'il n'existe qu'une seule espèce d'atomes matériel^ égaux en poids et en volume, semblables en propriétés ;

2° Il est, non pas certain, mais du moins très probable, que les corps admis jusqu'ici comme éléments en chimie sont en effet simples ;

3" En tous cas, si ces corps ne sont pas simples, ils sont du moins tous constitués de même quant au nombre des éléments réels dont ils sont formés.

UNIVERS INAMHÉ.

Sxiste-t-il plusieurs espèces d'éléments inlennédiairei od djnamiiniBsT

Les phénomènes d'attraclion universelle, de cohésion, de magnétisme, d'électricité statique ou dynamique, de chaleur, de lumière, étaient Jadis rapportés à autant de causes distinctes les unes des autres. Un examen plus attentif et surtout des conquêtes expérimentales de l'ordre le plus élevé ont permis de réduire cette multiplicité apparente de causalités diverses. Et c'est , à dire vrai , cette réduction , justifiée par l'analyse des faits, qui a poussé beaucoup de physiciens dans un excès contraire à celui où l'on était tombé d'abord, et qui les a conduits à uni/ier au lieu de simplifler les forces de l'univers inanimé.

Cherchons altenlivemeot jusqu'oïl peut être portée la réduction du nombre des forces, et où nous devons nous arrêter si nous ne voulons tomber dans des contre-sens.

Ainsi que je l'ai dit déjà, on a, en mathématiques appliquées surtout, classé autrefois les forces en deux espèces distinctes : celles qui agissent à toutes distances; celles qui n'agissent qu'à des distances insensibles pour nous. C'est ainsi qu'on avait séparé la cause de la gravitation universelle de celle de la cohésion. Mais en étudiant plus sévèrement les faits, on arrive à se convaincre qu'aucune force ne cesse brusquement d'agir ; que l'action de toutes s'étend à des distances indéfinies, bien que l'énergie de cette action puisse diminuer suivant une loi très rapide.

En ce qui concerne la cohésion par exemple, mes travaux expérimentaux et analytiques ont prouvé jusqu'à l'évidence qu'elle n'est pas du tout nulle, comme on le pensait, dans les vapeurs et les dans gaz ; qu'elle atteint une énergie colossale

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