‹ Théorie mécanique de la chaleur ... [3 vol.] (volume 3)Chapitre 66 sur 136 · LIVRE IV, CHAPITRE r · texte numérisé non relu

LIVRE IV, CHAPITRE r

le mouvement; mais ce qui nous semble clair, c'est que cet ^laf. peut passer immédiatement et par contact direct d'un corps dans un autre. C'est de cette fausse analyse que toute l'école matérialiste et bien d'autres ont conclu que les choses se passent réellement et toujours ainsi , et qu'il n'existe point de cause directe de mouvement. Petit à petit on en est arrivé ainsi , bon gré mal gré , à fausser ce qu'il y a de plus respectable dans l'humanité : la langue elle-même ; on en est venu à confondre la force avec ses elfets. il suffit de lire les titres seuls des ouvrages qui ont paru dans ces derniers temps sur celte question élevée, pour se convaincre de l'exactitude de notre critique. S'occuper de l'origine et de la propagation de la force, intituler de la sorte un livre , c'est prouver jusqu'à ' évidence qu'on est tombé dans la plus inqualifiable des raé- Prises, c'est prouver qu'on a confondu la force avec le mou- ^eoient. Et telle est pourtant, hélas! l'assise fondamentale "^ la plupart des synthèses prétendues grandioses qui ont été 6nfan[ées de nos jours. Une telle méprise , disons-le bien haut, •constitue en elle-même l'une defe erreurs les plus radicales '"-* l'esprit humain ait pu tomber. Elle est au moins équiva- '^nte à celle que l'on commeltriit en confondant, par exemple, ^oire âme elle-même avec ses actes, avec ses pensées. J'ai ''^' ■ bien d'autres écoles. Par la plus inconcevable des inconséquences, en effet, beaucoup de spirituatistes ont fait chorus ^^ Ce sens avec leurs adversaires et ont déclaré absurde toute doctrine qui admet dans le monde physique un principe spéciaï distinct de la matière et ayant prise sur elle de la même manière que l'âme, disent-ils, a prise sur celle de noire corps, qwand elle loi commande de se mouvoir. Je démontrerai ailleurs qan, bien à rencontre de l'assertion de certains spirilua.lisies , l'âme n'a nulle prise directe sur la matière dans l'orgatusme des êtres vivants. Quant à l'erreur d'analyse relative q\X choc des corps , quant à toutes les fausses conséquences (|U'on en a tirées , je les ai suOisannment réfutées. Lors même

que l'atome serait élastique , ce qui est faux , il y a toujours pendant le choc de deux atomes doués de vitesses égales un moment où tout mouvement a cessé , et il faut une cause capable de le rétablir.

Toutes les théories qui essaient de nier l'existence dans l'espace d'un principe capable de tirer la matière du repos ou de l'y faire rentrer sans mouvement antérieur , sont condamnées à admettre ce principe dans l'atome lui-même. C'est ce que j'ai démontré sous toutes les formes possibles. Or il n'est ni plus ni moins difficile de concevoir l'existence de ce principe dans l'espace que dans l'atome. Le comment corumir posé par mes lecteurs n'est donc à aucun titre une objection contre l'une des plus remarquables propositions de notre synthèse naturelle , puisque les écoles les plus terre-à-terre n'ont jamais su que masquer cette proposition, puisque toutes les hypothèses imaginées par ces écoles n'aboutissent, en fin de compte, qu'à déplacer la force proprement dite, mais non à l'anéantir, ni à l'expliquer.

Au lieu d'essayer de répondre à ce c comment concevoir^ > au lieu de donner moi-même une petite explication dmpk^ facile de ce qui, par sa nature, n'est susceptible d'aucune explication, au lieu de montrer à mes lecteurs commMlY&é^ ment dynamique a prise sur la matière, et de fausser ainsi cet élément dans son essence , je vais faire quelque chose de plus élevé et de plus utile : je vais peser la valeur de l'interrogation , et chercher pourquoi son objet nous semble si difficile à atteindre.

Tout le monde connaît le sujet des interminables contro^ verses de deux écoles de philosophie antagonistes qui, cha-

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