LIVRE IV, CHAPITRE I
difficulté est-elle si grande que nous ne puissions réelleit pas la surmonter? C'est ce que nous devons maintenant miner de près. Avant que je sois parvenu à la fin de cet men , le lecteur aura déjà fait une réponse diamétralement osée à celle qui s'était présentée d'abord à lui. l'un des caractères essentiels de I'élément intermédiaire isidéré comme une classe d'individus analogues), c'est sa ire transcendante, c'est de ne pas être soumis aux condiis finies du temps et de l'espace. La vitesse de propagation ce que nous appelons l'attraction universelle, celle des actions électriques, magnétiques etc., est infinie, ou plucette vitesse n'existe pas, et ce qui y répond est un mode .'ÉLÉMENT INTERMÉDIAIRE. De même , toutc idée de divisité , de limite locale est absurde quant à cet élément. Si ic, d'une manière ou d'une autre, nous essayons de le ouiller de sa nature transcendante , si nous essayons de s le figurer, nous le détruisons. Voilà pourquoi ces quesis si fréquemment faites par le vulgaire à l'homme de înce : «Qu'est-ce que l'électricité, la lumière, la gravion.. ..?ï voilà, dis-je, pourquoi ces questions ne peuvent iporter de réponse dans le sens qu'attendent ceux qui les ent , c'est-à-dire dans le sens figuratif, l'est la raison appliquée à l'analyse des faits qui nous force econnaître la nature transcendante de l'élément intermére. La raison serait-elle par hasard inapte à concevoir qu'elle nous conduit à accepter comme une vérité néces- 'e? Cela serait au moins singulier; mais heureusement X n'est pas.
lertes, dès notre enfance même, nous nous habituons (et i nous habitue) à penser exclusivement par images. Les ceptions même les plus abstraites finissent par n'avoir ir nous un caractère net, clair, que quand nous-leur avons mé une forme, une figure que notre imagination voit disîtement : € Je ne crois qu'à ce que je vois , qu'à ce que je
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puis toucher, sentir. . . .,> lelle est l'aRsertion que journellement nous enlendoBS prononcer par ceux d'entie nous qui prétendent au titre d'esprits positifs, au jugement droit ^ sévère. Celte assertion revient à dire: «Je ne crois pas à moi-tnêmc, qui ainsi afQrme;» car personne ne s'est encore ni vu , ni touché , ni senti dans sa propre réalité ; elle fortae le contre-poids de celle des personnes qui, à l'aide de la raison , nous prouvent tous les jours que la raison est impuissante à rien prouver. Cette manière grossière de prétendre saisir et comprendre les phénomènes, sans être poussée à cet excès chez tous les hommes, est pourtant générale. Lorsque quelqu'un^ pris au hasard parmi le puhlic érudit, nous dit, à nous physiciens, d'un air ironique : iSavez-vous ce que c'est que la lumière, la chaleur, l'électricité.,..?» commençons toujours, avant de donner une réponse quelconque, par demander à noire interlocuteur : a Qu'entendez vous par savoir?» Et toujours on nous répond par quelque chose qui équivaut à dire : savoir, c'est voir, toucher, palper, sinon par les sens, du moins par l'imagination; savoir, c'est pouvoir se iigurer une chose! ! ! Lorsque notre réflexion se concentre et cherche, par exemple, à concevoir l'essence de notre être pensant, de notre âme, de nous-raême, en un mot , nous Qnissons presque toujours par nous la représenter sous l'apparence de notre propre corps perfectionné, épuré. Ce n'est pas seulement, je le répète, l'homme simple et naïf qui procède ainsi, c'est la majorité des esprits cultivés.
Est-ce là cependant notre seule manière possihie de penser? En aucune façon; et bien loin de là, nous allons reconnaître que nos sens eux-mêmes ne nous conduisent pas exclusivement à des idées finies et figuratives.
Pour qu'à l'aide de l'un de nos sens nous puissions acquérir la notion d'un objet ou d'un phénomène externe, il faut et il suffit que cet objet ou ce phénomène soit accompagné ou précédé et suivi de sensations différentes, en qualité ou