LIVRE V, CHAPITRE
Nous allons voir celte dernière gronde aflirmalion se dégager peu à peu de toute obscurité et nous apparaître de plus en plus limpide.
De l'élément aiiimique considéré en lui-même et dans ses rapports avec les autres éléments.
Dans ie paragraphe précécent, nous avons considéré la totalilé de l'être vivant en eUe-même. Ici nous allons nous occuper de réiément même qui anime cet être.
Cherchons, par l'étude scrupuleuse des faits, à déterminer 'la nature, les attributs , les propriétés de I'élément animique considéré d'abord collectivement, absolument comme nous l'avons fait pour l'ÉLÉMEfiT matière et pour I'élément ihter- HÉDiAiRE- Commençons tout d'abord par ses propriétés physiques, par celles qu'il affecte, dans quelque être vivant que nous l'observions.
L'élémeht ahimique ou vital, avons-nous vu, n'est ni une force proprement dite, ni une force perreclioiinée; un en- Bemble de faits , très concluants déjà , nous a conduits à celle afiirniation si caractéristique. Je vais citer cependant un autre jait de plus. Il est d'une nature telle, qu'il tranche définitivement la question, et ne laisse plus place au doute le plus léger, il réduit à l'absurde toutes nos tentatives de disjonction entre la vie et l'âme. J'ai déjà produit ce fait d'une manière très sommaire dans l'une des esquisses préliminaires ; je vais l'accentuer beaucoup plus fortement encore.
L'une des propriétés les plus frappantes assurément des êtres organisés, c'est leur molilité spontanée, c'est le pouvoir qu'ils ont de faire mouvoir, soit la totalité, soit certaines parties de leur organisme, sous l'empire d'une détermination
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interne , libre, spontanée, que caractérise le seul mot volonté. Cette propriété appartient, dis-je, à tous les êtres vivants: même dans de certaines limites aux plantes, auxquelles on Ta si longtemps contestée. Il n'y a que le degré qui varie d'un être à l'autre. Analysons cette propriété dans l'être qui non seulement la possède dans toute sa plénitude, mais qui seul est doué du sublime privilège de savoir l'analyser et la raisonner comme toutes ses autres facultés.
Il est généralement admis que, dans les actes de la volonté, l'âme a prise immédiate sur la matière de notre corps. Voyons ce qui en est; voyons où nous conduit cette affirmation.
Les mouvements de nos membres, le travail mécanique externe qu'ils peuvent ainsi produire, et qu'ils produisent effectivement, lorsque, par exemple, nous soulevons un fardeau , lorsque nous nous soulevons nous-mêmes en' montant un escalier, une montagne etc., ces mouvements, ce travail, dis-je, s'exécutent par suite de l'effort que nos muscles, ou cordons capables de se raccourcir et de s'allonger^ exercent sur les os, ou leviers articulés du mécanisme auquel ils sont soudés. La contraction des muscles s'opère sous l'empire de notre volonté : mais nullement d'une façon directe. L'ordre que nous donnons part du cerveau, et n'arrive aux muscles qu'après un certain temps, très court d'ailleurs , par des conducteurs spéciaux, par les nerfs moteurs.
Je dis l'ordre ; ce mot a ici un sens un peu plus étendu que celui que nous y attachons ordinairement; il ne signifie pas ({u'il s'agit d'un simple signal de commandement auquel les muscles obéissent ensuite d'une façon spontanée, inhérente à eux-mêmes. Entre l'effort exercé par un de nos muscles à la suite d'un commandement de notre volonté, et ce çui arrive du cerveau à ce muscle pour donner le commandement, entre la contraction musculaire et Vinflux nerveux, il existe une relation de cause à effet qu'il importe de bien faire saisir. La grandeur de l'effort que nous pouvons exercer à l'aide de