II. — Le Banquet
§ 11. — Je bornerai, pour le Banquet, mon analyse à l'étude du discours de Socrate. Il est bien certain * que les cinq autres discours contiennent une grande part de vérité, que Platon retient pour sa propre théorie. Mais il faut reconnaître aussi que, cette part de vérité étant expressément dégagée dans le discours de Socrate, parfois avec référence aux opinions ,des uns et des autres, ce dernier discours doit nous enseigner tout ce que les précédents renferment de valable relativement à la doctrine platonicienne de l'Amour. Nous n'avons donc besoin, pouj^notre objet, d'analyser que cette partie du Banquet.
§ 12. — Une étude de l'Amour se divise naturellement en deux parties : on déterminera d'abord sa nature, on dira ensuite quels sont ses effets : c'est le plan même d'Agathon {/ia?iq. 199 C, 201 DE; cf. 195 A). Il ne suffit pas cependant d'affirmer la nécessité de définir, puis, tout aussitôl; après, se borner à louer les mérites de ce qu'on devait définir (198 DE, 199 C, 201 E; cf. Gorq, 448 E).
§ 13. — I. Quelle est donc la nature de l'Amour?
1) Il faut tout d'abord envisager cette question de la nature de l'Amour d'une façon tout à fait générale. — A) L'Amour est-il par essence amour de quelque chose, ou non? La question posée est analogue à celle-ci, dont l'occasion nous est précisément fournie par la possibilité d'interpréter la première question d'une façon erronée", « un père ou une