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LES IMAGES NÉGATIVES

lore, une surface grise, et la faire paraître rouge, bleue, verte, etc. Ces changements et d’autres du même genre s’obtiennent au moyen de ce qu’on appelle le contraste, et sont dus en partie à des effets réels qui prennent naissance dans l’œil même, et en partie à des incertitudes d’appréciation de la part de l’observateur. La question du contraste est si importante qu’elle mérite que nous examinions avec soin les lois qui le régissent ; et pour cela le lecteur fera bien de i répéter quelques-unes des expériences simples que nous allons décrire.

Si nous posons un petit carré de papier vert brillant sur une feuille de papier à dessin gris, comme l’indique la figure 108, et que nous tenions les yeux fixés pendant quelques secondes sur la petite croix marquée au centre du carré vert, nous verrons, en retirant brusquement ce carré, qu’il est remplacé par une image faible de couleur

papier gris reprend son aspect naturel. L’ombre rose qui s’est ainsi produite a une couleur complémentaire de celle qui lui a donné naissance, et le même fait se produira si nous nous servons de petits carrés d’autres couleurs : un carré rouge donnera naissance à une image bleu verdâtre ; un carré bleu, à une image jaune ; un carré violet, à une image jaune verdâtre, et ainsi de suite, la couleur de l’image étant toujours le complément de celle qui lui a donné naissance. Pour cette raison, ces images ont reçu le nom d’images négatives,, parce que sous le rapport de la couleur elles sont tout l’opposé des images qui se présentent d’abord à l’œil de l’observateur. Dans les anciens traités d’optique, on les désigne souvent aussi sous le nom de « couleurs accidentelles ». La théorie de Young et de Helmboltz rend bieçL compte de la production de ces images. Prenons

LE CONTRASTE

pour exemple l’expérience dont il vient d’être question. D’après notre théorie, la lumière verte réfléchie par le petit carré de papier, en agissant sur l’œil, fatigue jusqu’à un certain point les nerfs verts de la rétine, tandis qu’elle n’agit que faiblement sur ceux du rouge et du violet. Lorsqu’on retire brusquement le papier vert au moyen du fil qui y est attaché, de la lumière grise se présente à la rétine fatiguée, et cette lumière peut être considérée, pour ce qui nous concerne, comme composée de lumière rouge, de lumière verte et de lumière violette. Les nerfs du rouge et du violet, qui ne sont point fatigués, répondent énergiquement à cette stimulation ; au contraire, les nerfs du vert répondent plus faiblement à ce nouvel appel qui leur est fait, et par conséquent nous recevons principalement un mélange des sensations du rouge et du violet, qui donne pour résultat final du rose ou du rouge pourpré. Il va sans dire que les nerfs du vert ne sont pas assez fatigués pour ne pas agir du tout lorsque la lumière grise les frappe ; mais le seul effet de leur action partielle est de donner à l’image rose un aspect un peu pâle ou blanchâtre. La fatigue du nerf optique dont il est question ici ne diffère pas essentiellement de celle qu’il éprouve constamment, même dans les conditions ordinaires, conditions dans lesquelles ses pertes sont constamment réparées par le sang qui circule dans la rétine et par les petits intervalles de repos qui se présentent souvent. Dans l’expérience en question, nous avons seulement borné la fatigue à une catégorie de nerfs, au lieu de la répartir également entre les trois catégories.

Les expériences que nous venons de décrire et l’explication que nous en avons donnée nous permettront de comprendre sans peine le cas plus compliqué où, au lieu de mettre notre petit carré vert sur un papier gris, nous le posons sur une feuille de papier de couleur. Substituons donc au papier gris un papier jaune, sur lequel nous posons le carré vert comme auparavant (fig. 110). Si nous retirons brusquement le carré vert, nous le trouvons remplacé par une ombre orangée (fig. 111), que nous expliquons de la façon suivante : ici encore, les nerfs du vert sont fatigués, et ceux du rouge et du violet sont dans leur état normal ; lorsqu’on retire le petit carré vert, de la lumière jaune se présente à la rétine, et cette lumière jaune, comme nous l’avons expliqué au chapitre IX, tend à agir également sur les nerfs du rouge et sur ceux du vert ; mais, dans le cas qui nous occupe, les nerfs du vert ne répondent pas à cet appel avec l’activité normale, de sorte que l’action se borne presque aux nerfs du rouge, et, comme

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