LOI DU CONTRASTE
Couples de couleurs. Changement dû au contraste.
Rouge
lis pourpre.
Orangé
jaunâtre.
Rouge
pourpré.
Jaune
verdâtre.
Rouge
brillant.
Vert bleu
brillant.
Rouge
rouge orangé.
Bleu
verdâtre.
Rouge
rouge orangé.
Violet
bleuâtre.
Orangé
rouge orangé.
Jaune
jaune verdâtre.
Orangé
rouge orangé.
Vert
vert bleuâtre.
Orangé
brillant.
Bleu cyané
brillant.
Orangé
jaunâtre.
Violet
bleuâtre.
Jaune
jaune orangé.
Vert
vert bleuâtre.
Jaune
jaune orangé.
Bleu cyané
bleu.
Jaune. . .
brillant.
Bleu d’outremer
brillant.
Vert
vert jaunâtre.
Bleu
pourpré.
Vert
vert jaunâtre.
Violet
pourpré.
Jaune verdâtre
brillant.
Violet
brillant.
Bleu
verdâtre.
Violet
pourpré.
Il est facile et instructif de se servir d’un cercle chromatique (fig. 118) pour étudier les changements produits par voie de contraste, et on verra alors que ces changements suivent une loi très simple : quand deux couleurs quelconques du cercle chromatique sont opposées l’une à l’autre par contraste, l’effet produit est d’accroître en apparence la distance qui les sépare. S’il s’agit, par exemple, de l’orangé et du jaune, l’orangé tend vers le rouge et prend l’aspect d’un orangé rougeâtre ; le jaune se rapproche du vert, et semble pour le moment être devenu jaune verdâtre. Les couleurs complémentaires sont déjà aussi loin que possible l’une de l’autre sur le cercle chromatique ; aussi ne changent-elles pas de teinte, et paraissent-elles seulement plus brillantes et plus saturées. C’est là en effet le résultat naturel de l’application rigoureuse de notre règle : les deux couleurs doivent s’éloigner l’une de l’autre ; or elles sont déjà situées aux extrémités
LE CONTRASTE
opposées du même diamètre, et ne peuvent s’éloigner encore qu’en sortant de la circonférence, ce qui équivaut, comme nous l’avons expliqué dans le chapitre précédent, à un accroissement de saturation. Si l’on répète avec soin les expériences indiquées dans le tableau, on verra que tous les couples de couleurs qui y sont indiqués ne sont pas également affectés par le contraste. Le maximum des changements de teinte a lieu pour les couleurs qui sont les plus voisines l’une de l’autre sur le cercle chromatique ; ces changements sont bien moindres pour celles qui sont séparées par une grande distance. Le rouge et le jaune, par exemple, sont fort altérés par le contraste : le rouge devient pourpré et le jaune devient verdâtre ; au contraire, le rouge avec le bleu cyané ou le bleu subit un changement de teinte bien
Fig. 118. — Cercle chromatique.
moindre. D’un autre côté, les couleurs qui sont loin l’une de l’autre sur la circonférence chromatique, tout en ne changeant que légèrement de teinte, deviennent en apparence plus brillantes et plus saturées , c’est-à-dire qu’elles sont virtuellement rejetées un peu en dehors de la circonférence, le maximum d’effet étant celui qui correspond aux couleurs complémentaires.
L’effet du contraste sur les couleurs identiques est tout l’opposé de celui qu’il produit sur les couleurs complémentaires ; je veux dire qu’il fait paraître les premières plus ternes et moins saturées. Il y a grand avantage, selon nous, à étudier ces effets de contraste et d’autres encore à l’aide de deux cercles chromatiques identiques décrits sur le papier. Un de ces cercles doit être tracé sur une feuille de papier transparent, qui sera plus tard superposée à l’autre cercle. Prenons un