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LUMIÈRE BLANCHE MÊLÉE A UNE LUMIÈRE COLORÉE

alors , si nous présentons à l’œil une partie de lumière rouge en même temps que 720 parties de lumière blanche, l’œil sera impuissant à reconnaître la présence de l’élément rouge. De moindres quantités de lumière blanche produisent de très grands changements dans l’aspect de la couleur. Si nous faisons tourner un disque comme celui que représente la figure 79, nous serons surpris de trouver que, même avec un quart du disque couvert de vermillon, la teinte rouge résultante est cependant tout à fait pâle. Dans ce cas, douze parties de lumière blanche sont mélangées avec une partie de lumière rouge du même éclat, et le résultat semble plus naturel lorsqu’on l’énonce de cette façon.

Lorsque nous étudions avec plus de soin les mélanges de lumière blanche et de lumière colorée , nous y remarquons certaines anomalies curieuses. Si nous disposons comme l’indique la figure 82 des

disques de bleu d’outremer artificiel et de blanc, et que nous les fassions tourner rapidement, nous verrons que l’addition du blanc, au lieu de rendre seulement le bleu plus pâle, le change en violet pâle (fig. 83). Si nous remplaçons le bleu d’outremer par de l’orangé, la teinte orangé pâle que donne la rotation tire un peu sur le rouge. Ces deux faits sont connus depuis longtemps, et on a cherché à les expliquer de plusieurs manières différentes. D’après Brücke, la lumière blanche naturelle a elle-même une teinte légèrement rougeâtre, et, lorsque nous mêlons de la lumière blanche à une lumière colorée, nous y ajoutons réellement en même temps un peu de rouge ; de là les changements que nous venons d’indiquer. De son côté, Aubert, adoptant une idée de Helmholtz, suppose que la teinte pâle du bleu d’outremer est en réalité violette, mais que notre appréciation est faussée par l’habitude de voir la couleur du ciel, qui est, selon lui, d’un

Fig. 82. — Disque de carte blanche dont une partie a reçu une teinte de bleu d’outremer artificiel.

Fig. 83. — Aspect que présente le mélange de la lumière blanche avec la lumière bleu d’outremer.

CHANGEMENT DE LUMINOSITÉ

bleu verdâtre, et qui conserve cette teinte quand elle est mélangée de blanc. C’est là une explication que des peintres auraient peine à admettre, et les expériences que nous allons exposer prouvent qu’elle est aussi insuffisante que celle qui la précède. Nous avons étudié cette question d’une manière générale , et nous avons reconnu que les changements de ce genre ne sont pas particuliers à l’orangé et au bleu d’outremer artificiel, mais s’étendent à toutes les couleurs, excepté le violet et son complément le jaune verdâtre ; nous donnons dans le tableau suivant les principaux résultats de nos expériences :

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