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Première Période sociak,
Edénisme, D'accord avec la Genèse et les traditions de la plupart des peuples, Fourier admet quMl y a eu un état primitif de bonheur, dans lequel Thomme a pendant quelque temps vécu à Forigine. Les premiers humains ne purent vivre ainsi, heureux et en paix, qu*à la faveur d'une organisation plus ou moins imparfaite du régime des séries PASSIONNELLES, hors duquel les passions s'entrechoquent de manière à produire inévitablement la discorde et entraîner par suite tous les fléaux. Certaines circonstances favorisèrent rétablissement de ce régime , naturel effet de la Sociabilité de l'homme, qu'aucun genre de contrainte n'avait encore ni entravée, ni faussée. Fourier signale parmi ces circonstances l'absence des préjugés, des préjugés sur l'amour notamment; l'abondance des productions alimentaires qui ne coûtaient presque aucun effort et suffisaient amplement aux besoins des hommes encore peu nombreux; l'ignorance des signes représentatifs de la richesse, qui ne consistait guère qu'en fruits et autres substances difQciles à conserver, inutiles à accumuler. Cette époque, dans la vie de l'espèce, répond à celle de la vie de l'individu, pendant laquelle il trouve une nourriture toute préparée (le lait) dans les seins maternels. Mais de même que l'individu acquerra par une crise douloureuse {[^dentition) ks^ instruments d'une alioientatioB plu» substantielle , de même il faudra que Tespëce crée avec dou-
leur, au milieu de la longue crise des Sociétés incohérentes , ses grands leviers d'action, Tindustrie, les arts et la science. — Bientôt les ressources fournies par la nature aux premières générations d'hommes sans le concours de Findustrie, ou du moins avec le seul concours d'une industrie inexpérimentée, dépourvue des notions les plus indispensables; ces ressources ne sufQsant plus aux besoins d'une population croissante, la bienveillance mutuelle cessa, les Séries se désorganisèrent, et chacun s'isolant de plus en plus avec sa famille, l'homme tomba dans l'état sauvage (5).