Aux bureaux de la Revue Blanche
QUELQUES NOTICES
Roussel. Claude Anet me pardonnera de lui contester ce rapprochement qu’il qualifie lui-même d’inattendu. J’aime au reste cette Préface, et ce qu’elle nous apprend des idées de Vernay valait d’être recueilli et cité. Il y a profit à relire des axiomes comme ceux-ci, écrits de la plume du vieux maître : « La lettre tue et l’esprit vivifie ; l’on ne connaît jamais assez la lettre, et l’on ne possède jamais assez l’esprit. — Ne donne rien au hasard, mais laisse au sentiment. — L’art ne peut et ne doit être que création. — Avec l’amour de la vérité, élevez-vous jusqu’à l'art pour convaincre. — La nature consent à nous donner des leçons, les ayant méritées. »
Vernay parle ailleurs, et je l’approuve moins, des « efforts inutiles ». Lui, sans doute, n’en a point fait. Mais y a-t-il des efforts inutiles ? L’effort, par exemple, d’un Cézanne, dans le même sens de sincérité et d’harmonie n’aura pas été un effort inutile. Outre qu’il contribua à faire plus complètes les réalisations du peintre, il comporte en soi plus de raison, plus de volonté, plus d’humanité. A voir de Vernay, au lieu d’esquisses, des œuvres laborieuses, nous aurions pris moins de plaisir, je veux bien le croire, qu’à ses admirables, mais faciles croquis ; du moins nous risquions, le connaissant mieux, de lui conserver un respect définitif.