‹ Thérapeutique appliquéeChapitre 36 sur 131 · VI · texte numérisé non relu

VI

VOMLSSEMENT RÉPUTÉ NERVEUX, SPASMODIQUE OU ATONIQUE, c'est A DIRE >0N DÉTERMINÉ PAR DES MALVDIES AIGUËS, l'ÉUnlLES OU PIILEGMASKJUES, DES AiT'ECTIONS BII.IEI SES, LE CHOLÉRA, ETC., ET SURTOUT INDÉPENDANT DE TOUTE LÉSION PIILEGMASIQUE OU ORGANIQUE DE l'ESTOMAC, ETC.

Depuis plus de trente ans nous employons avec le plus grand succès la poudre de Colombo contre ces sortes de vomissements. Une grande expérience nous autorise à croire que dans l'espèce ce précieux médicament est doué d'une sorte de spécificité qui ap-

106 ÏHÉRAPEUTlQUt; APPLIQLÉE.

proche de celle du quinquina dans les fièvres intermittentes. Nous estimons que dans cinquante cas au moins cette poudre n'a pas manqué une seule fois d'arrêter ou de suspendre ces vomissements, et le plus souvent dès les premiers moments de son emploi. Nous en avons vu s'arrêter le premier jour de l'administration de ce remède, quoiqu'ils durassent depuis des années et qu'ils fussent journaliers. Nous ne voulons pas dire que nous ayons employé cette précieuse, cette héroïque substance cent ou deux cents fois, pour ne pas avoir l'air d'exagérer; nous nous bornons au chiffre cinquante^ afin de ne pas paraître dépasser les limites du vrai : et, après tout, cinquante cas de succès constants et bien constatés, en bonne et saine thérapeutique, ont autant de valeur et prouvent moralement autant que deux cents faits semblables d'une semblable affection.

Autrefois nous donnions toujours la poudre de Colombo à la dose de quatre grammes par jour en trois fois. Mais depuis douze à quinze ans nous avons reconnu que la moitié ou deux grammes suffisaient, parceque notre poudre est toujours identique, homogène, récente, de la meilleure qualité possible, et obtenue de la racine de Colombo prise consta.mment à la même source (chez M. Menier, rue des Lombards, à Paris). Cependant, comme cette substance est très peu ou généralement point employée,

PIIEMIÈRE PARTIE. 107

il s'ensuit naturellement que les pharmaciens et les droguistes ne les conservent en quelque sorte que comme objet pharmaceutique ou pharmacologique plutôt que comme substance usuelle ou propre à l'usage médicinal ; et de là résulte naturellement aussi que cette poudre se déttMiore ou devient inerle par vétusté. C'est pourquoi nous conseillons d'en donner une dose un peu forte, comme celle par exemple indiquée dans la formule suivante :

Pr. Poudre de Colombo ."^0 grani.

Divisez en huit paquets.

MODE D'ADMIMSTRVTKIN.

Ln paquet par jour en trois fois, un tiers matin, midi et soir, délayé dans deux ou trois cuillerées de vin rouge ou dans du pain à chanter, et une heure avant le repas.

Contre les vomissemenis purement nerveux et spasmodiques ; ou atoniques, par faiblesse et débilité ; les vomiluritions glaireuses, pituiteuses, sans irritation ou complication phlegmasique. S'il existe en même temps quelque douleur purement nerveuse, gastralgique ou gastrodynique, on peut faire

108 THÉRAPELTIQLE APPLIQUÉE.

mêler très exactement à cette poudre quarante, cinquante ou soixante centigrammes d'extrait aqueux thébaïque, ou plutôt on donnera chaque jour deux pilules calmantes prises séparément au moment des plus fortes douleurs. Si l'on rencontrait des aigreurs incommodes, on pourrait ajouter à la poudre antivomitive huit grammes de magnésie. On ne parle point ici de la complication phlegmasique ; car dès lors le Colombo n'est plus directement indiqué, et il ne pourrait le devenir à très faible dose dans quelques gastrites chroniques qu'après qu'on aurait détruit l'élément inflammatoire par les moyens appropriés, etc., comme nous le verrons ailleurs.

Voici maintenant quelques faits à l'appui de l'efficacité du Colombo.

Page 1