DEUXIÈME PARTIE
douloureuses ; nausées, régurgitations de gaz ou de liquides glaireux ; quelquefois vomissements de matières alimentaires peu de temps après le repas ; constipation. La langue est ordinairement un peu rouge, surtout à ses bords et vers sa pointe ; souvent aussi elle est blanchâtre et muqueuse, et n'offre rien de particulier. Ce n'est qu'à une époque très avancée et dans les cas graves qu'une petite fièvre lente s'allume et redouble le soir. Voilà les principaux symptômes auxquels on pourra reconnaître la gastrite chronique. Il est de plus un moyen de diagnostic excellent et précieux ; c'est la connaissance de l'impression ou de l'efl'et que produit sur l'estomac le genre d'alimentation employé. Ainsi, si dans l'espèce l'alimentation fécuiente et lactée est bien tolérée ou du moins mieux supportée, cause moins de gêne et de dérangement digestif que le régime purement animal, même le simple bouillon gras, ce sera pour vous un puissant motif de croire à l'existence de la gastrite ou de l'élément phlogistique. C'est là une espèce de pierre de touche au moyen de laquelle on pourra distinguer toutes les affections irritatives d'avec celles qui sont purement atoniques ou nerveuses, comme on le verra plus bas. Ce signe confirme ou infirme le diagnostic de la gastrite ; il doit donc toujours avoir une grande valeur dans l'appréciation générale des symptômes, et, s'il ne
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fait pas toujours connaître avec une entière certitude la nature de la maladie, il doit au moins exercer une très grande influence sur la détermination des praticiens, et fixer, dans les cas douteux, une pénible irrésolution. Ce sera en effet, en dernier lieu, à cette source que l'homme de l'art puisera les motifs et les éléments de sa conviction, pour arrêter et établir les bases d'un traitement rationnel et sûr. Ainsi, si au groupe de symptômes ci-dessus exposés, ou seulement à quelques-uns d'entre eux, se joint la circonstance de la bénignité ou de la douceur d'effet de l'alimentation féculente et lactée (à l'état de combinaison ordinairement) , ce sera une très forte présomption pour la présence de la gastrite, de l'irritation ou de l'élément phlogistique. Si cette circonstance manque, et qu'au contraire le régime gras léger paraisse produire un meilleur effet, on sera assuré qu'il existe avec les symptômes de gastrite, un élément atonique. Ou sent combien cette circonstance doit influer sur la nature du traitement. C'est par là que l'on se rend compte des mauvais effets qu'a produits quelquefois l'emploi des antiphlogistiques, et des succès de quelques toniques doux dans le traitement de la gastrite chronique. Enfin, je le répète, si l'alimentation féculente et lactée est mieux supportée que le régime gras, il y a très probablement gaotrile; et, danii le cas contraire,