DEUXIÈME PARTIE
en vain employé toutes les ressources de l'art, c'est à (lire un grand nombre de topiques, d'onguents de toute espèce et force dépuratifs. Je lui indiquai les bains sulfureux pour ses jambes seulement , et au bout d'une quinzaine de jours il m'écrivit pour me remercier et m' annoncer sa guérison. Ce fait nous fait rappeler plusieurs autres malades atteints de la même dartre squammeuse, prurigineuse, humide, que nous traitions à la même époque et avec le môme succès. Quand la dartre est purement locale, de simples lotions sulfureuses peuvent suffire ; et à cet effet on fait dissoudre de quatre à huit grammes de sulfure de potasse dans un litre d'eau de mauve. Si les dartres atoniques locales sont invétérées, opiniâtres, et résistent aux lotions sulfureuses, nous les attaquons ordinairement avec l'onguent hydrosulfureux dont voici la formule :
Pr. Sulfure de potasse 30 gram.
Axonge 200 gram.
Huile volatile de thym 1 gram.
Faites dissoudre le sulfure de potasse dans le moins d'eau possible, et incorporez-le très exactement dans r axonge. Aromatisez le mélange avec l'huile volatile de thym.
Cette solution et cette pommade sulfureuses
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doivent être modifiées et mitigées suivant l'état des. parties affectées et la sensibilité des malades.
Voilà, selon nous, le traitement le plus actif, le plus sûr et le plus propre à guérir radicalement les dartres, si toutefois les dartres sont susceptibles d'une guérison radicale.
Ce traitement, qui, pour le fond, n'offre rien de nouveau, a reçu chez nous depuis longtemps la sanction d'une immense expérience, établie sur des centaines, pour ne pas dire des milliers de faits. Nous croyons que dans le court espace d'un an on peut y observer presque aussi bien qu'à Saint-Louis toutes les espèces, toutes les variétés et toutes les nuances des affections herpétiques, depuis la dartre furfuracée la plus légère jusqu'au lupus vorax ou la dartre lépreuse ou éléphantiasique.
Très souvent, ordinairement même, avant de recourir aux préparations hydro-sulfureuses pour les dartres locales, nous employons des solutions ou des pommades dessicatives inodores et d'une parfaite innocuité, telles que les préparations saturnines. En général leur action est plus prompte, elles guérissent ou du moins elles font disparaître plus promptement les dartres locales sèches, lors même que celles-ci paraissent offrir quelque degré d'irritation et de rougeur, circonstance qui exclut d'abord les préparations hydro-sulfureuses. Voici les for-
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mules des préparations saturnines que nous employons ordinairement.
Solution :
Pr. Eau de roses 200 gram.
Acétate de plomb liquide. . . . 12 gram.
Mêlez.
Pommade :
Pr. Axonge. (iO gram.
Oxide de plomb fondu (litharge). . 12 gram. Huile volatile de thym, quelques gouttes.
Mêlez exactement.
Ces préparations s'emploient successivement ou conjointement contre les éruptions herpétiques pustuleuses de la face, du nez et du menton, c'est h dire contre le rhinagre^ le mentagre et la couperose ; et si ces éruptions pustuleuses y résistent, nous avons recours à l'onguent hydro-sulfureux pour les mentagres , et ià l'eau sulfureuse pour Içs autres. Nous n'avons jamais vu résulter d'accident ou de métastase de l'emploi de ces doux répercussifs. Nous ne les employons que chez les adultes et seulement pour iaire disparaître des dartres superficielles et
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sèches, quelque prurigineuses qu'elles puisseynt être d'ailleurs. Chez les jeunes enfants nous nous contentons de lotions et d'onctions émollientes, qu'au besoin on peut rendre très légèrement sulfureuses avec le sulfure de potasse, ou tout simplement nous donnonsun peu de cérat légèrement soufré. Les préparations sulfureuses sont toujours innocentes : leur emploi ne pourrait être intempestif que dans le cas où elles causeraient de l'irritation.
Il est une dartre qui ne cède ni aux sulfureux ni aux préparations saturnines ; c'est la dartre rongeante (lupus voraxj. Dans son principe, lorsqu'elle est encore superficielle , nous l'attaquons par l'onguent suivant :
Pr. Deutoxide de mercure (précipité rouge). 2 gram. Cérat simple 30 gram.
Mêlez exactement.
Si cette dartre résiste et devient absolument rongeante, comme un ulcère carcinomateux , nous la cautérisons , soit avec le nitrate acide de mercure , soit avec quelque autre caustique approprié ; quelquefois même nous la traitons avec l'eau et l'onguent fuliginiques, ou avec la pommade de Monesia (voyez plus loin ) . Il y a plus, conformément au principe