‹ Thérapeutique curative et préventive par les colloïdes phagogènesChapitre 10 sur 22 · PREMIÈRE LEÇON · texte numérisé non relu

PREMIÈRE LEÇON

Mes premières recherches bactériologiques remontent à près de 30 ans (1881). J’ai étudié successivement l’érysipèle, les suppurations chirurgicales, le choléra, la fièvre typhoïde, la fièvre puerpérale, les cystites, l’actinomycose, la tuberculose, la gangrène gazeuse, les moisissures et les saccharomycètes. Ces recherches, qui ont été commencées à Paris pendant mon internat, ont été continuées dans mon laboratoire privé, à Reims, puis à Paris, dans mon laboratoire de la rue Piccini.

En 1899, ayant remarqué les déconvenues de presque toutes les tentatives récentes de sérothérapie animale, j’ai pensé qu’il fallait diriger mes efforts dans une autre voie. La médication antifuronculeuse par la levure de bière était en vogue. J’ai cherché à isoler les principes actifs de la levure de bière et j’ai étudié leur mode d’action.

(‘) Le cours d’Anatomie chîrcfrgicale sera publié dans quelques semaines.

(“) Le cours sur l’Immunité est actuellement sous presse (Librairie Maloi»e, rue de l’£cole-de-Médecine, Paris).

Ces cours recommenceront au mois de novembre prochain et se continueront pendant l’année scolaire 1910-I9H.

Je me suis rendu compte que cet agent thérapeutique était une substance albuminoïde soluble à froid, très altérable, et douée de la propriété de stimuler la phagocytose dans des proportions extraordinaires. J’ai eu immédiatement la preuve qu’il existe, en dehors des liquides immunisants déjà connus, d’autres albuminoïdes, sans rapport avec les bactéries pathogènes ni avec les sérums d’animaux immunisés, et qui sont doués d’un pouvoir immunisant égal sinon supérieur à celui des sérums thérapeutiques.

J’ai étendu mes recherches à un certain nombre de mycoses. Je suis arrivé petit à petit à préparer des solutions de colloïdes organiques extraits de ces végétaux inférieurs et qui-possèdent, par suite de leur propriété stimulante sur la phagocytose, un pouvoir polyvalent contre la plupart des germes infectieux.

La Phagocytose

Cette première leçon comprendra tout particulièrement l’étude du rôle des phagocytes, d’après les recherches du professeur Metchnikoff.

Nous allons faire passer devant vous un certain nombre de photographies microscopiques en couleurs. Ces photographies, qui ont été faites avec le précieux concours de M. Gervais-Courtellemont, me permettront de vous faire suivre dans tous ses détails le processus de la défense cellulaire, c’est-à-dire la phagocytose des particules solides et des microbes pathogènes.

M. Doyen commence sa démonstration et fait passer sur l’écran une cinquantaine de clichés microphotographiques en couleurs, qui représentent des protozoaires, tels que les amibes et les infusoires englobant et digérant des grains de carmin.

Il démontre ensuite le processus de la phagocytose en projetant des photographies qui représentent l’absorption des grains de carmin par les cellules amiboïdes du cœlome d’un certain nombre d’invertébrés; ces phénomènes de digestion intra-cellulaire sont identiques dans les cellules amiboïdes des vertébrés.

Chez ceux-ci, les phagocytes ont été classés par Metchnikoff en deux catégories : les microphages et les macrophages. Les premiers ont particulièrement le rôle d’absorber et d’arrêter les poisons et les toxines et de détruire les microbes des maladies aiguës : ce sont les leucocytes polynucléaires du sang. Les macrophages attaquent au contraire les microbes de certaines maladies chroniques.

Une préparation très intéressante du Mesnil, de l’Institut Pasteur, montre la phagocytose des trypanozomes de la maladie du sommeil.

Les macrophages ou cellules amiboïdes mésodermiques parcourent le tissu conjonctif et les espaces interlymphatiques. Ces cellules ont comme rôle physiologique la destruction des éléments anatomiques caducs.

M. Doyen fait, à ce propos, la démonstration du blanchiment des cheveux d’après les préparations de Metchnikoff.

Il montre également le rôle des macrophages dans la destruction du bacille tuberculeux et de certains éléments cellulaires.

Une belle préparation du Di" Masson, de l’Institut Pasteur, démontre la phagocytose des cristaux d’acide urique par les macrophages, chez les goutteux.

D’autres photographies montrent les rapports qui existent entre la phagocytose et la fécondation de l’ovule par le spermatozoïde, et le rôle des cellules épithéliales et mésodermiques de l’homme dans la formation du cancer, où ces cellules se multiplient sous l’iniluence de l’irritation causée par le microbe pathogène.

Les maladies chroniques^ telles que la tuberculose, la lèpre et le ■cancer, apparaissent ainsi comme une altération et une déviation de la .jonction phagocytaire des macrophages.

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