‹ Thérapeutique de la fievre typhoideChapitre 118 sur 137 · INSOMNIE · texte numérisé non relu

INSOMNIE

Si le mulade dorl peu ou point la utiil, mais se repose le Jour dans rintervalle de chaque bain, il n'y a pas de Ihérapeulique parlicidière à instituer,

Quand l'insomnie est tenace dans le second et le troisiènu; septénaire, il faut d'abord rechercher soijçneusement si elle n'est pas imputable à quelque complication qu'on puisse directement combattre ou à quelque inauvaise organisation des soins hygiéniques (mauvais coucher, défaut de ventilation, température trop élevée de la chambre, odeur désagréable).

Si cette enquête n'aboutit pas, on peut recourir aux hypnotiques ; l'opium est le meilleur (pilules de cynoglosse, sirop de morphine). L'association du camphre aux opiacés a été conseillée par Hallé, Graves, Murchison, pour combattre les malaises encéphaliques ([ue laisse souvent l'opium au i-éveil.

Opium 0.03

Camphre 0.10 à 0.15

pour une pilule.

On peut encore associer les bromures à l'opium. Le chloral ne peut être autorisé que quand il n'existe aucun indice d'affaiblissement cardiaque. On peut aussi essayer l'extrait ou la teinture de chanvre indien.

J'ai souvent vu la quinine agir chez les typhiques comme un véritable hypnotique, quand on la donne ;i doses suffisantes à la fin de la journée.

Intestin (Hémorrhagies de 1').

Y. Hémorrhagies.

Perforation de l'intestin.

Quand il existe des signes de péritonite par perforation, la seule conduite à tenir est de laisser le ma-

288 l'ICHFORAÏlON INTESTINALE

lade dans rimniobilité absolue, défaire une injection de morphine, qu'on réitérera autant qu'il le faudr;i pour faire cesser toute contraction intestinale, el qu'on fera alterner avec des injections d'éther et d'huile camphrée. On suspendra toute introduction de liquide dans le tube digestif par la voie IHiccale..

L'idée devait venir aux chirurgiens contemporains de pratiquer la laparotomie pour faire le lavage du péritoine et la suture de l'intestin. La sUilistiqufdonne 19 opérations avec 4 guérisons de Mikuliez, Escher, Taylor et Weter Van Hook. Mais le diagnostic était douteux dans trois de ces cas; le dernier seul (1) est un exemple de guérison authentique cl un encouragement.

Laryngite. — Laryugo-typhus.

Le meilleur moyen de prévenir d'une façon générale les complications du côté des voies respiratoires chez les typhiques, c'est de veiller minutieusement à l'antisepsie des cavités buccale, nasale et pharyngienne par les irrigations fréquentes avec un courant suffisant d'eau boriquée ou de solution boratée. On se contente trop souvent d'humecter la langue et la muqueuse buccale avec un pinceau imbibé d'un (Collutoire quelconque; c'est tout à fait illusoire' "ét insufhsant.

11 faut se servir d'un réservoir à élévation ou d'un irrigateur permettant de faire partir le liquide en quantité abondante et avec une pression qui en assure le reflux quand il est venu balayer les parois gutturales et pharyngiennes, ou de sortir par une

(1) Bévue de) Sc.Méd. 1892.

LARYNGO-TYPnUS 289

narine quand il est entré par l'autre. On emploie une canule en os ou en métal, afin qu'elle puisse être mâchonnée sans inconvénient et désinfectée par ébullition.

L'irrigation doit être faite au moins trois fois par jour pendant toute la période où le malade est incapable de faire lui-même des gargarismés. Quand il ne peut s'aider aucunement, on le couche sur l'un des flancs, on place sous sa tête une toile imperméable pour éviter de mouiller l'oreiller, on glisse sous sa joue et son menton au point déclive un bassin échancré, et l'irrigation se fait très facilement sans fatigue pour le malade.

On doit chaque jour inspecter la gorge du malade, et, pour cela, se mettre dans de bonnes conditions d'éclairage, c'est-à-dire si le jour n'est pas propice, employer une bougie tenue de la main gauche, avec une cuiller de métal brillant comme réflecteur, pendant que la main droite abaisse la langue avec une autre cuiller. On décèlera ainsi les érosions ou ulcérations buccales ou gutturales (aphthes, herpès) qui, bien soignées, guérissent facilement, et au contraire, négligées, s'infectent par le polymicrbbisme salivaire.

Les collutoires employés peuvent être de la glycérine salicylée ou phéniquée ou boratée, une solution de chloral à 1/100.

On fera parler chaque jour le typhique pour constater le timbre de sa voix, si elle est rauque ou éteinte; on palpera le larynx au niveau du thyroïde et des articulations thyroïdiennes pour rechercher la douleur provoquée. A défaut de troubles vocaux, on sera guidé aussi par la dysphagie et la dyspnée

Dès qu'il y a signe de laryngite, il faut instituer

FIÈVRE TYPHOÏDl'i I7

des pulvérisations fréquentes et prolongées, au moyen d'un pulvérisateur système Siegle disposé sur une lable en face de la bouche du malade couché sur le côté. On peut employer de l'eau boriquée saturée ou une solution phéniquée faible à i /500.

On fera évaporer dans la chambre un mélange de goudron ou de créosote, de benjoin et d'eucalyptus.

On fera des applications révulsives au-devant du cou avec des cataplasmes sinapisés, des badigeonnages de teinture d'iode.

On peut faire déglutir fréquemment de petits morceaux de glace.

Je prescris en outre, à l'intérieur, le benzoate de soude et l'hyposulfite de soude pour prévenir l'infection des voies aériennes sous-jacentes.

Si la dyspnée s'accroît, à plus forte raison s'il se produit quelque accès de suffocation, il ne faut pas hésiter à pratiquer la trachéotomie.

Lombrics.

Il est fréquent de voir les malades rejeter, au commencement de la maladie, un ou plusieurs lombrics par vomissement ou par les garde-robes; il n'y a pas à s'en inquiéter; s'il en existe d'autres, le calomel qu'on administre à cette période en achève 1 expulsion- ». , •

Malaria.

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