La fièvre
L’élévation thermique post-opératoire est si souvent rencontrée que l’on peut dire qu’elle est un phénomène presque constant. Elle existe chez tous les opérés de M. Lecène, variant de 37,7 à 39 et parfois plus.
Poncet et Jaboulay l’ont signalée il y a longtemps.
Bérard Pa étudiée dans sa thèse, elle existe pour lui
dans 60 % des cas après la thyroïdectomie partielle.
Kocher et Lanz (1902) constatent sur 55 goitres exophtalmiques opérés, 35 fois de lhyperthermie.
Just Pétudie complètement : sur 113 cas opérés à la clinique d’Eiselsberg, la température n’a pas dépassé 37,2 dans deux cas seulement, dans tous les autres cas, la fièvre existe, on peut dire qu’elle ne manque jamais dans les goitres exophtalmiques opérés. Sox maximum fut 40,5, elle dura r à 8 jours.
Cependant, l’état général demeure parfait, la dyspnée est légère, les urines normales, le pouls en rapport avec la fièvre. C’est là un symptôme isolé qui n’aggrave pas le pronostic et qu’il faut soigneusement différencier de l’hyperthermie avec agitation, loquacité, hallucination el troubles mentaux rendant furieux l’opéré,qui est l'annonce terrifiante des morts rapides.
Multiples furent les interprétations de cette fièvre : d'infection, de résorption d’hématome, il ne peut être question. L’anesthésie semble jouer un rôle nul, locale ou générale, peu de différence. Sans doute les opérations complexes, les dilacérations importantes du tissu thyvoïdien, en favorisent l’éclosion, mais on l’observe après de simples ligatures, à distance du corps thyroïde.
L'action sur les centres thermo-régulateurs des injections sous-cutanées (Reinbach, Lanz) ou intraveineuses (Pässler) d'extrait de corps thyroïde de malades Basedowiens a donné des résullats inconstants. Même, Lanstrôm, Kurt Schultze dénient toute action à la résorption du suc goitreux basedowien.
Il semble difficile de conclure : cependant le large
drainage semble la diminuer, l’emploi du thermo-cautère, ou peut-être mieux du bistouri diathermique (Moure) pourrait exercer une action favorable, et en définitive il paraît vraisembiable d'admettre avec Just que la libération de matières protéiques par le trauma- tisme opératoire réagit sur les centres thermo-génétiques.
III, — L’hémorragie.
La thyroïdectomie est sans doute une opération effroyablement saignante, c’est affaire de technique que d'éviter les accidents d’anémie aiguë dont Kuttner rapporte 3 cas mortels, Mikulicz, Berg et Ackermann chacun 1 Cas.
Exceptionnellement un hématome de volume considérable se développe dans la région cervicale, fuse dans le médiastin. La mort peut survenir, l’hémostase ayant été impossible. Cet hématome peut enfin suppurer et des hémorragies secondaires apparaître.