‹ Thérapeutique des maladies de la peauChapitre 132 sur 201 · BR0MRIDR0SE OU SUEURS FÉTIDES · texte numérisé non relu

BR0MRIDR0SE OU SUEURS FÉTIDES

Exposé étiologiquc. — La bromhidrose peut accompagner toutes les hyperhidroses. Il est des sujets, presque toujours des nerveux, dont tout le

BROMHIDROSE lUi

corps exhcale une odeur fétide due à la composition spéciale de leur sécrétion sudorale.

Le plus souvent, la bromhidrose est localisée et coïncide avec les hyperhidroses axillaires et surtout plantaires : la décomposition des matériaux solides de la sueur , probablement sousl'influence d'agents microbiens, entretenue par la malpropreté et par la persistance, dans les vêtements, de la sueur déjà altérée, en est la cause. Les troubles dyspeptiques, l'abus du café, les troubles menstruels ont été incriminés dans la production de la bromhidrose ; les sujets jeunes et ceux qui se livrent à des marches prolongées sont particulièrement atteints de bromhidrose plantaire.

Traitement. — Outre le traitement interne et les soins locaux de propreté que nous avons indiqués à propos du traitement des hyperhidroses, on a proposé contre la bromhidrose un nombre considérable de topiques dont la multiplicité suffirait déjà à elle seule à faire soupçonner l'insuffisance réelle.

L'acide salicylique est une des substances qui agissent le plus efficacement contre la bromhidrose; c'estlui que nous conseillons d'employer tout d'abord, sous forme de poudre dejtalc contenant 3 à 10 0/0 d'acide salicylique ou de salicylate de bismuth; à doses plus élevées, il provoquerait la chute rapide de l'épiderme et rendrait la marche pénible; les pommades renfermant 2 à 10 0/0 d'acide salicylique, les badigeonnages avec l'alcool salicylé peuvent encore être employés.

Les badigeonnages avec une solution renfermant 0,20 à 1 0/0 de permanganate de poLasse, les applications de semelles de toile ou de papier-buvard trempées dans une solution de permanganate de potasse au centième, les poudres renfermant ô 0/0 de la

luo CHROMHIDROSE

même substance sont encore des préparations très recommandables pour le traitement de la bromhidrose plantaire, mais ont l'inconvénient d'altérer les bas et chaussettes.

Les badigeonnages avec la solution de perchlorure de fer du Codex additionnée de 3/4 de glycérine ou d'eau peuvent encore être employés, mais nous ont paru moins efficaces que les traitements précédents.

Kaposi recommande le naphthol en solution à 5 0/0 dans l'alcool étendu d'un dixième de glycérine et en poudre à 2 0/0.

Hebra vantait l'application d'un emplâtre composé de parties égales d'onguent diachylon et d'huile de lin, qu'il faisait renouveler deux fois par jour en ayant soin de ne pas laver; au bout de dix à douze jours, il le remplaçait par des poudres inertes; l'épidémie tombait alors, laissant à découvert une peau saine.

On a encore préconisé les badigeonnages avec une solution de tanin, les onctions avec une pommade à l'ichthyol à 40 0/0 (Unna), les préparations mercurielles, le sulfate de zinc, l'ammoniaque diluée, l'acide tartrique en poudre pure ou mélangée à des poudres inertes, etc.; les badigeonnages avec une solution d'acide chromique à 5 0/0 en ayant soin de faire prendre auparavant un baindepieds et de sécher avec soin la peau ont donné de bons résultats dans l'armée prussienne.

CDROMHIDROSE

Exposé clinique et étiologîque. — On désigne sous le nom de chromhidrose ou sueurs colorées des étals pathologiques dans lesquels la sueur, renfermant des substances chromatiques, présente une coloration variable ou forme en se desséchant un enduit coloré.

CBROMHIDROSE 109

La coloration jaune ou rouge de la sueur au niveau dé l'aisselle et des parties génitales peut être due à la présence de parasites qui forment sur les poils des concrétions adhérentes de coloration brunâtre ou rouge ; cette affection a été désignée sous le nom de hpothrix et est souvent décrite avec les affections des poils. Nous croyons qu'elle doit être maintenue dans les troubles de la sécrétion sudorale.

La chromhidrose peut encore se produire sous l'influence d'émotions, surtout chez les femmes hystériques; mais ces sueurs colorées, jaunes, bleues, vertes, rouges ou noires, sont plus souvent simulées que réelles et, malgré des recherches déjà nombreuses suscitées par la bizarrerie de ce phénomène, nous conservons, sur la plupart des faits cités, un scepticisme reposant sur la difficulté de déjouer la simulation chez les malades de cet ordre. Nous croyons que, si la tendance à la simulation est morbide chez eux, il ne faut pas, sans des examens attentifs et une surveillance vigilan te etprolongée, admettre lanature pathologique d'une sueur ou d'un enduit paraissant, consécutif à la dessiccation d'une sécrétion sudorale.

Les régions clans lesquelles on a observé la chromhidrose sont surtout les paupières, l'abdomen, le mamelon, les bras et les pieds.

Traitement. — La chromhidrose d'origine parasitaire doit être traitée par les lotions de sublimé au millième et les applications de pommade soufrée, en même temps qu'on coupe les poils recouverls de nodosités parasitaires.

Dans les autres formes de chromhidrose, le traitement consiste, outre la thérapeutique générale appropriée aux affections nerveuses dans lesquelles on l'observe, dans les lavages répétés de la région avec

DYSHIDROSE

des solutions aqueuses ou alcooliques, susceptibles de dissoudre la matière colorante rencontrée.

Lésions diverses des glandes sudoripares.

DYSHIDROSE

Exposé clinique et étiologîquc. — On désigne sous le nom de dyshidrose (cheiro-pompholix de Hutchinson) une affection caractérisée par le développement de vésicules transparentes et fermes, qui a été attribuée àun obstacle à l'excrétion delà sueur, l'afflux de liquide comprimant les conduits des glandes sudoripares et déterminant leur occlusion.

Bien que cette théorie soit des plus contestables, nous rangeons la dyshidrose dans le groupe des maladies des glandes sudoripares, faute d'une explication pathogénique plus satisfaisante et aussi en i-aison de ses relations indiscutables avec des troubles de la fonction sudcicde.

Les vésicules de dyshidrose, confondues à torl avec celles de l'eczéma, sont résistantes, remplies d'un liquide d'abord transparent qui peut se troubler ultérieurement; elles rappellent l'aspect d'un grain de sagou cuit inséré dans la peau et peuvent présenter des dimensions variables, depuis celles d'un grain de mil jusqu'à celles d'une lentille; elles peuvent se réunir les unes aux autres pour former des phlyctènes de forme irrégulière.

Leur développement s'accompagne d'une sensation de démangeaison, de brûlure légère ou de tension.

Elles se rompent ou se dessèchent et sont suivies d'une desquamation d'épaisseur et d'étendue variables, produisant dans les cas intenses la chute

DÏSUIDROSE Hl

de larges lambeaux épidermiques, sous lesquels la peau est rouge, luisante, douloureuse, mais ne suinte pas comme dans l'eczéma.

La dyshidrose se développe le plus souvent suites extrémités, sur les bords latéraux des doigts dans ses formes légères, sur les faces dorsale et palmaire des doigts et des mains dans ses formes plus intenses; elle peut encore s'observer au cou, sur les membres, se généraliser presque dans quelques cas rares; il est exceptionnel qu'elle occupe la face.

Elle s'observe au printemps et en été, au moment où la transpiration devient normalement plus abondante; elle survient souvent à la suite d'exercices exagérés, d'exposition prolongée au soleil, parfois après une émotion vive.

Certains sujets la voient reparaître régulièrement chaque année sous l'influence des mêmes causes : ce sont généralement des arthritiques ou des lymphatiques entachés de nervosisme.

Traitement. — Le traitement interne n'a aucune influence sur la dyshidrose une fois développée; il ne peut servir qu'à en prévenir le retour, en s'aiclant des indications fournies par l'état général du sujet.

Pendant le cours des poussées de dyshidrose, les fonctions digestives doivent être surveillées attentivement, on doit écarter du régime alimentaire toutes les substances susceptibles de déterminer un afflux <le sang vers la peau.

Le traitement local est destiné à faciliter la rupture des vésicules et la desquamation épidermique, tout en calmant l'irritation du tégument.

Dans les formes légères, communes et dans les formes moyennes où les vésicules sont peu volumi-

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neuses et isolées, il consiste essentiellement dans les bains locaux et tièdes d'eau amidonnée, d'eau de son, répétés une ou deux fois par jour, dans des bains généraux répétés tous les deux jours [si la dyshidrose est très étendue ; après le bain,<desïparties malades sont recouvertes de poudre d'amidon ou de talc additionnée de 1 à 2 0/0 d'acide salicylique.

Lorsque les vésicules sont volumineuses, réunies entre elles en formant des phlyctènes, il y a avantage à les percer avec une aiguille ou avec des]ciseaux aseptisés, parfois même à détacher la "[couche épidermique, puis à panser comme une brûlure au Uniment oléo-calcaire.

Lorsque l'éruption est très abondante, le traitement est celui de l'eczéma aigu : enveloppements humides avec des compresses imbibées de solutions antiseptiques faibles, et plus tard applications [de pommades ou de pâtes à l'oxyde de zinc salicylées, ou de vaseline boriquée.

Ces pommades sont continuées jusqu'à reproduction d'un épidémie suffisamment résistant, en [même temps qu'on protège les parties malades contre les irritations extérieures, au moyen de linges ou] de gants fins.

SUDAMINA ET MILIAIRES

Exposé clinique et étiologique. — Ces lésions sont constituées par des vésicules remplies de liquide sudoral et survenant à la suite de transpirations abondantes.

Les sudamina, formés de vésicules transparentes, renfermant un liquide clair, sans rougeur périphérique, s'observent dans le cours de diverses maladies générales, le typhus et la fièvre typhoïde en parti-

IlIDROSADÉNITES Ha

culier. Ils ne présentent aucun intérêt au point de vue spécial de la dermatologie.

Les miliaires sont constituées par des vésicules plus petites, acuminées, transparentes ou opalines, entourées d'une aréole inflammatoire. Les vésicules peuvent être si peu développées qu'elles passent inaperçues sur les taches rouges qui les entourent : l'éruption a alors l'aspect d'une roséole {roséole sudoralé).

Les éruptions de miliaire sudorale peuvent s'observer dans diverses maladies infectieuses, coïncidant ou non avec des sudamina; elles sont un des symptômes primordiaux de lasuette miliaire.

Elles peuvent aussi se développer à la suite de transpirations abondantes, pendantla saison chaude, chez les sujets jeunes, à peau fine; parfois alors elles forment des placards plus ou moins étendus, dans les régions soumises pendant les efforts musculaires à une pression qui a exagéré la sécrétion de la sueur ou entravé son excrétion.

Traitement. — ■ Outre le traitement général de l'affection dans le cours de laquelle elles se montrent et, s'ilyalieu, l'emploi des toniques chez les sujets qui en sont atteints en dehors des maladies générales, ces éruptions ne réclament qu'un traitement local très simple : lotions émollientes à l'eau de son ou à l'eau de camomille, bains d'amidon, larges applications de poudres inertes additionnées ou non d'une petite quantité d'acide salicyliquc ou d'acide borique.

INFLAMMATIONS DES GLANDES SUDORIPARES (niDROSADÉNITES)

Exposé «-Unique et ctioiogique. — Les inflammations des glandes sudoripares sont encore mal

114 ÎIIDKOSADÉNITES

connues. On doit cependant dès maintenant leur rapporter :

1° Les abcès tubèreux de l'aisselle, dont le siège anatomique a été déterminé par M. Verneuil, mais dont l'étude est du ressort de la chirurgie ;

2° Les hidrosadèniies disséminées, constituées par des nodules du volume d'une tête d'épingle ou d'un grain de mil, durs, indolents, occupant la face profonde du derme ou l'hypoderme, augmentant peu à peu de volume et se transformant en papules rouges surmontées d'une vésicule ou d'une pustule; la rupture de ces éléments est suivie de la production d'une croûte dure, adhérente, enchâssée dans le derme, surmontant une petite ulcération creusée en forme de puits et finalement d'une cicatrice déprimée.

Ces lésions, qui ont été décrites encore sous le^nom à'acnitis et de folliclis (Barthélémy), se produisent par poussées ou successivement et peuvent siéger sur toutes les régions du corps, surtout sur la face et le cuir chevelu, les lombes et les membres du côté de l'extension.

Leurs causes ne sont pas déterminées : il y a sans aucun doute lieu de faire intervenir des agents microbiens ; mais on ne sait s'ils viennent de l'extérieur ou s'ils sont amenés par la circulation, comme tendrait à le faire supposer la multiplicité des lésions.

Leur iraiiement se ressent de l'insuffisance des notions étiologiques.

En dehors de l'antisepsie intestinale, qui est peutêtre susceptible de modérer la tendance à l'inflammation des glandes cutanées, comme on l'observe dans le furoncle, ou d'empêcher le transport des agents pathogènes par le sang, on est réduit à l'em-

UIDR0CYST0ME 1 io

ploi des lotions antiseptiques, des emplâtres occlusifs et, lorsque la réparation des lésions se fait lentement, aux cautérisations ignées.

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