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ALOPÉCIES CONSÉCUTIVES AUX MALADIES GÉNÉRALES

surmenage physique et intellectuel et on veillera sur le régime alimentaire, d'où on exclura les mets irritants, les viandes altérées, les conserves, les poissons et les fromages fermentés.

En outre on prescrira des soins hygiéniques locaux : le malade devra se couvrir la tête le moins possible, se servir de peignes dont les dents ne soient pas trop rapprochées et trop pointues, nettoyer le cuir chevelu soit avec la décoction d'écorce de bois de Panama, soit avec de l'eau chaude et du savon aunaphthol, au soufre ou au goudron; ces lavages seront répétés chaque jour si le malade est traité par les pommades ; en cas contraire, ils seront espacés de 2, 3 ou 4jours, mais renouvelés assez fréquemment pour débarrasser entièrement le cuir chevelu des poussières extérieures et des produits de sécrétion. Si les lavages ou les lotions alcooliques prescrites rendent les cheveux trop secs, on les enduira légèrement d'huile de ricin pure ou apditionnée de 2 à 3 0/0 de naphthol.

Les cheveux doivent être tenus aussi courts que possible : cette prescription est de rigueur chez l'homme. Chez la femme, il est plus difficile de l'exiger; elle est cependant indispensable lorsque l'alopécie est prononcée et à marche rapide, comme dans les alopécies des convalescences ; d'ailleurs la coupe des cheveux facilite les soins locaux et active singulièrement leur repousse, avantages que les malades regrettent rarement d'obtenir par le sacrifice temporaire de leur chevelure.

On doit toujours recommander aux femmes, qui veulent dissimuler la chute ou la coupe de leurs cheveux, de porter des postiches très légers et de les séparer du cuir chevelu par une pièce de linge fin changée fréquemment.

ALOPÉCIE XÉRODERMIQUE lb^

Le traitement local proprement dit des alopécies consiste,' outre les lavages du cuir chevelu avec les savons médicamenteux indiqués plus haut, dans l'emploi des lotions excitantes.

Les lotions excitantes peuvent être composées à hase d'alcoolats aromatiques additionnés d'essence de térébenthine, d'ammoniaque, de camphre, de teinture de cantharides, de teinture de noixvomique, de quinquina, de naphthol, etc. On en trouvera plus loin les formules (voir T. II, p. 289).

En outre, lorsque, ainsi que cela est ordinaire, la séborrhée coïncide avec l'alopécie, on devra la traiter par les moyens appropriés : lotions au sublimé , pommades soufrées, etc. (voir pour plus de détails, T. II, p. 120).

ALOPÉCIE XÉRODERMIQUE Expose clinique et ctiologiqne. — NOUS étudions ici

l'alopécie dueàlaxérodermie pilaire (kératose pilaire de M. Brocq, ulérythème ophryogène de Taenzer).

Cette forme d'alopécie, assez rare, est caractérisée par la chute des poils accompagnée d'une légère desquamation pityriasique et par la présence de petites cicatrices fines, blanches, rosées ou rouges, donnant au tégument l'aspect atropbique ou formant des plaques de forme irrégulière et d'étendue variable; parfois, autour des poils persistants, lesquels sont souvent moniliformes, on trouve de petites saillies coniques, blanches, analogues à celles qui constituent la xérodermie pilaire (voir T. I, p. 33). En tous cas, la cause de l'alopécie est indiquée par la coexistence de la xérodermie pilaire sur les différentes régions du tégument.

Cette forme d'alopécie, décrite par M. Brocq,

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occupe surtout l'a partie externe du sourcil, plus rarement la barbe et le cuir chevelu, où elle est facilement confondue avec l'alopécie séborrhéique.

Gomme pour la xérodermie pilaire en général, il s'agit d'une lésion d'origine congénitale, voisine de l'ichthyose si elle ne se confond pas avec elle, mais évoluant dans le courant de l'existence, de sorte que l'alopécie xérodermique, dernier terme de cette évolution, ne commence à se montrer que vers l'âge de 20 à 25 ans et souvent plus tard.

Traitement. — Le traitement général de l'alopécie xérodermique est celui de la xérodermie pilaire : huile de foie de morue, arsenic et préparations iodurées.

Son traitement local consiste dans l'emploi des pommades soufrées (5 à 10 0/0) et salicylées (1 à 2 0/0), et des lotions excitantes usitées contre les diverses autres formes d'alopécie. (Voir T. II, p. 289.)

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Exposé clinique et ctiologique. — Les différentes causes que nous avons étudiées précédemment peuvent porter leur action sur les diverses régions pileuses; mais il est une affection qui, par sa tendance à atteindre les poils de plusieurs régions du corps et à déterminer une alopécie totale, mérite d'être séparée des autres formes d'alopécie.

Cette affection, désignée par les auteurs sous le nom de pelade décalvante, ne peut rester confondue dans la description de la pelade parasitaire; son origine nerveuse ne paraît pas contestable et nous proposons de la désigner sous le nom d'alopécie généralisée neurotique ou de pseudo-pelade généralisée nerveuse.

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Elle se traduit par la chute des poils sans lésion appréciable des téguments, ou simplement avec décoloration et aspect lisse, éburné de ceux-ci.

L'alopécie se montre souvent sous la forme de plaques arrondies comme celles de la pelade; ces plaques, multiples, symétriques, ou irrégulièrement disposées, s'étendent par leur périphérie, arrivent à se joindre par leurs bords, et occupent une étendue considérable du cuir chevelu; parfois, dans l'espace de quelques jours, la décalvation est complète et il ne reste plus sur le crâne que quelques poils disséminés, grêles et secs.

Des lésions analogues se montrent dans la barbe ; les sourcils, les cils peuvent être atteints, les poils du pubis, des aisselles, des membres peuvent également tomber rapidement.

La marche de l'affection est très irrégulière : les poils peuvent repousser par places alors que d'autres régions primitivement indemnes sont atteintes à leur tour; les poils de repousse sont généralement fins, décolorés, tombant facilement au début, prenant plus de solidité plus tard, mais encore exposés aune chute ultérieure.

La guérison peut se produire, souvent d'une façon inopinée, et persister ou être temporaire; souvent aussi l'alopécie est définitive et persiste toute l'existence, malgré les soins les plus assidus.

Cette affection se développe le plus souvent entre vingt et trente ans, parfois à la suite d'une maladie grave, plus souvent à la suite d'émotions morales vives ou de surmenage intellectuel, d'autres fois sans cause appréciable. Elle s'observe chez des sujets à tempérament nerveux ou à prédisposition nerveuse héréditaire, coïncide parfois avec des manifestations

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nerveuses graves : hystérie, neurasthénie, goitre exophthalmique, etc., et s'accompagne souvent de vitiligo, dermatose dont l'origine nerveuse est indéniable.

Traitement. — Le traitement général de celte affection consiste dans l'emploi des médicaments nervins : valériane, bromures, etc., et des modificateurs généraux de la nutrition : arsenic, phosphates, glycéro-phosphates, massage, hydrothérapie, douches tièdes ou froides, bains sulfureux et salés, massage, électrisation, etc. Il demande à être continué pendant longtemps, et les séjours dans les stations thermales sulfureuses rendent en pareil cas de signalés services.

Le traitement local est très analogue à celui de la pelade. Il consiste dans l'emploi des lotions excitantes et des liniments excitants à l'acide acétique, à l'acide phénique, à la teinture de cantharides, etc. (Voir T. I, p. 109 et T. II, p. 289.) Ce traitement doit être également continué longtemps, et il y a grand avantage à en varier les agents, leurs effets s'épuisanl au bout d'un certain temps ; nous avons l'habitude, pour nous rendre mieux compte des résultats obtenus par les diverses préparations excitantes, d'employer simultanément sur plusieurs segments homologues du cuir chevelu plusieurs d'entre elles, et, lorsque l'essai a été suffisamment prolongé, nous étendons la surface d'action du topique qui a donné les meilleurs résultats.

La faradisation du cuir chevelu, les douches sulfureuses locales nous ont parfois donné de bons résultats, et nous conseillons d'en alterner l'usage avec celui des préparations pharmaceutiques.

Quant aux injections intradermiques et aux scari-

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fications, nous avons assez nettement exprimé notre opinion sur elles à propos de la pelade (T. I, p. 119) pour n'avoir pas à y revenir ici.

Aux agents irritants il convient d'associer les lotions au sublimé, les lavages à l'eau chaude et aux savons au naphthol, au goudron, au soufre, à l'acide salicylique, etc. ; les pommades soufrées, les pommades au baume du Pérou, au naphthol, à la résorcine peuvent encore être utilisées clans le traitement de cette affection rebelle.

L'épilation nous semble absolument inutile dès que la nature nerveuse de la maladie est reconnue ; nous conseillons uniquement de tenir courts les poils qui persistent, et, si les malades sont obligés de porter des postiches, de les faire aussi légers que possible, de les conserver le moins longtemps possible sur la tête et de les doubler d'une coiffe mince en toile qui sera changée fréquemment.

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Exposé clinique et étiologiqnc. — Avec M. Besnier, nous comprenons dans le groupe des alopécies innommées une série d'affections du cuir chevelu, se traduisant par la production de taches alopéciques d'apparence plus ou moins nettement cicatricielle, à la surface ou à la périphérie desquelles se montrent généralement des lésions inflammatoires ou pustuleuses de courte durée.

Ce groupe, encore très imparfaitement connu, a été souvent confondu avec la pelade.

Les affections qui le constituent diffèrent cliniquement de la pelade par la présence de lésions inflammatoires, par la configuration irrégulière, par l'aspect cicatriciel des plaques alopéciques, par la destruc-

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lion irrémédiable des follicules pileux, entraînant la permanence de l'alopécie.

Il comprend les faits désignés sous les noms de folliculites destructives des régions velues (Quinquand) , de folliculites décalvantes (Brocq) , de pseudo-pelade (Brocq), de sycosis lupoïde (Brocq), d'acné décalvante (Lailler), d'acné lupoïde (Pr. Morrow et les auteurs américains).

Il n'entre pas dans le plan de cet ouvrage de décrire isolément ces différents types cliniques, qui offrent d'étroites relations les uns avec les autres et dont la définition sommaire du groupe suffit à montrer les principaux caractères extérieurs. Leur thérapeutique est d'ailleurs — et c'est ce qui importe le plus au praticien — identique.

Traitement. — Les indications du traitement sont fournies par la marche extensive de la maladie, dont les plaques tendent à s'accroître irrégulièrement par leur périphérie et à atteindre successivement plusieurs points du cuir chevelu, par la présence de lésions pustuleuses vraisemblablement d'origine microbienne et par l'état général des malades.

Le traitement interne sera subordonné aux renseignements fournis par l'examen des fonctions du sujet atteint. 11 sera tonique et reconstituant dans certains cas; d'autres fois, il aura à combattre des troubles gastro-intestinaux. Presque toujours, il y aura avantage à soumettre les malades, au moins pendant un certain temps, à l'emploi des antiseptiques du tube digestif : on sait, en effet, que les fermentations dont celui-ci est le siège favorisent singulièrement le développement et la persistance des affections suppuratives du tégument; les travaux du professeur Bouchard et de ses élèves ont suffisam-

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ment établi ce fait pour que, dans des affections dont la pathogénie est aussi mal déterminée que celle des alopécies innominées, on ne néglige pas cette indication, si théorique qu'elle soit.

Le régime alimentaire des malades sera égalemenL formulé dans ce sens et on supprimera tous les aliments qui peuvent fournir matière à des auto-intoxications et provoquer des irritations cutanées : poissons de mer, mollusques, crustacés , gibier, viandes de conserve, mets trop épicés, etc.

Localement, les cheveux seront tenus courts autant que possible et dans les mêmes conditions que chez les peladiques. Au pourtour des plaques ou des éléments isolés, les cheveux seront coupés courts.

Le cuir chevelu sera soumis , comme dans la pelade, à des savonnages quotidiens avec le savon de toilette ou avec des savons antiseptiques au naphthol, au sublimé, etc., et à des lotions antiseptiques au sublimé (liqueur de van Swieten), au biiodure de mercure, au phéno-salyl, au salol, à la créoline, etc.

L'épilation, recommandée par M. Besnier et par Ducrey et Stanziale (1), est incontestablement indiquée pour arrêter les progrès extensifs de la maladie : on devra enlever à la pince tous les poils qui bordent les plaques alopéciques dans une étendue de 3 à 4 millimètres, et surveiller de près cette bordure, en la reculant si de nouvelles lésions viennent à se produire ; il en sera de même au pourtour des lésions pustuleuses isolées qui peuvent se monlrer sur les différentes régions du cuir chevelu. Lorsqu'il persiste

(1) Giornale italiaiio délie malatlie ventrée e della})elle, 1892, p. 239.

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à la surface des plaques alopéciques quelques poils isolés ou des traînées de poils formant enclave, ils seront également avulsés afin de tenter de les conserver, et on ne les laissera repousser librement que lorsque le processus semblera éteint.

Les séances d'épilation seront suivies, pendant deux ou trois jours, de l'application de topiques émollients et légèrement antiseptiques (cataplasmes de fécule de pommes de terre préparés à l'eau boriquée ou mieux compresses imbibées d'eau boriquée) pour calmer l'inflammation qui leur succède et qui pourrait risquer d'aboutir à la production de nouveaux éléments pustuleux aggravant la maladie.

Lorsqu'il existe à la surface des plaques alopéciques des pustules ou des traces d'inflammation, la première indication sera d'en obtenir la résolution. Dans ce but, on pourra avoir recours à des pommades à base d'oxyde de zinc, de sous-nitrate de bismuth, de dermùol, à des emplâtres à l'oxyde de zinc ou au dermatol, à l'emplâtre rouge de Vidal, en ayant soin de faire chaque jour, sur les plaques, un lavage avec une solution antiseptique.

Souvent, cependant, ces topiques seront insuffisants à amener la résolution des éléments pustuleux et à entraver leur repullulation. Aussi, après les avoir essayés pendant deux ou trois semaines, — ou même dès le début du traitement si les pustules sont très nombreuses et surtout recouvrent presque toute la surface malade, — devra-t-on tenter l'emploi de la médication substitutive.

Les agents qui ont été proposés dans ce but sont surtout ceux qui sont employés dans le traitement de l'acné.

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Quinquaud (1) conseillait de faire tous les dix jours un badigeonnage de teinture d'iode sur les surfaces malades et sur les parties avoisinantes.

Le soufre peut être employé sous forme de pommade au dixième additionnée ou non d'un centième d'acide salicylique, ou sous forme de lotions semblables à celles employées dans l'acné. (Voir T. II, p. 341).

Ces lotions seront faites pendant quatre ou cinq jours consécutifs, puis suspendues pendant un temps égal, pendant lequel on appliquera une pommade à l'oxyde de zinc. De même que dans l'acné, les eaux sulfureuses, celles de Luchon et d'Uriage en particulier, seront souvent utiles.

Ducrey et Stanziale se sont bien trouvés des badigeonnages à l'ichthyol : nous renvoyons, pour le mode d'emploi de cette substance, aux indications que nous avons données à propos de l'acné. (T. Il, p. 142.)

Dans des cas rebelles, les applications de savon noir, faites suivant la méthode employée dans l'acné, pourraient être utiles, mais demandent une certaine prudence et une surveillance attentive.

M. Brocq recommande également l'emploi des pommades mercurielles, au turbith ou au précipité jaune par exemple. Lailler employait la pommade au turbith dans l'acné décalvante.

Lorsque les pustules sont très persistantes et les lésions inflammatoires rebelles à tout traitement, les cautérisations ignée ou plus rarement les scarifications linéaires peuvent devenir indiquées.

Les traitements précédents s'appliquent aux cas où les alopécies innommées s'accompagnent ou sont sous la dépendance de lésions inflammatoires des

(1) Société médicale des hôpitaux, 10 août 1888.

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