ÉLECTROLYSE
nous n'avons pu faire tolérer dans aucun cas des courants supérieurs à 7 milliampères, et nous croyons qu'ils sont suffisants dans la plupart des applications de l'électrolyse.
La durée du passage du courant varie de 10 à 50 secondes : lorsqu'on se sert du pôle négatif, on doit considérer son effet comme suffisant quand on voit apparaître autour de l'aiguille une mousse nette, due au dégagement de bulles d'hydrogène, et une zone blanchâtre périphérique de 3 à o millimètres de rayon. On interrompt alors le courant en ramenant le collecteur au 0, puis on enlève l'aiguille.
Dans l'électrolyse des nsevi au moyen du pôle positif, on devra, avant de retirer l'aiguille, et après avoir ramené le collecteur au 0, renverser le courant et faire passer pendant quelques secondes un courant inverse de 3 à 4 milliampères : l'aiguille s'enlève alors plus facilement et il ne se produit pas d'hémorrhagie.
On peut recommencer l'opération sur d'autres parties de la tumeur, en introduisant l'aiguille à une distance de 7 à 8 millimètres du point attaqué, distance que l'on doit conserver entre les aiguilles lorsqu'on en introduit simultanément plusieurs.
La douleur provoquée par le passage du courant cesse après son interruption.
Il se forme au niveau des piqûres une saillie papuleuse rouge, passagère, souvent avec une petite vésicule centrale, à laquelle succède une croùtelle brunâtre remplacée ensuite par une minime cicatrice.
Indications. — L'électrolyse a été employée dans le traitement des nsevi vasculaires sanguins( Voir T. I, p. 22); on l'a encore préconisée dans le traitement des nrevi pigmentaires, où elle ne doit être mise
KMOL
en usage qu'avec précaution, en raison des complications graves qui peuvent succéder aux traumatismes de ces lésions.
Quelques auteurs l'ont appliquée au traitement du lupus vulgaire, —la lenteur de cette méthode a découragé tous les malades que nous y avons soumis, — au lupus érythémateux, aux épithéliomas et à quelques néoplasmes bénins, où elle nous paraît inférieure aux interventions chirurgicales immédiates.
Elle peut rendre des services dans le traitement de la chéloïde, affection contre laquelle les autres traitements échouent le plus souvent, dans les cicatrices vicieuses et vascularisées, dans les télangieclasies, dont la guérison par tous les procédés est toujours très lente.
Dans les sclérodermies, elle nous paraît ne présenter aucun avantage marqué sur l'électrisation galvan i q ue ex tr a-d e r m ique.
Dans les acnés, elle est de beaucoup inférieure aux cautérisations ignées.
Le grand écueil de l'électrolyse est la lenteur extrême de son action, qui oblige à renouveler son emploi pendant des semaines et des mois.
lOmoI.
Celte substance est un produit, naturel qui abonde dans le Perthshire (Ecosse) et qui a été purifié par des procédés assez compliqués. Elle contient de la silice, de l'alumine, des traces de chaux et delà stéatite et est assez analogue à la terre à foulon.
C'est une poudre impalpable qui, mélangée à
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l'eau, forme une sorte de pâle ou de savon naturel et adoucit la peau.
Jamieson (1) recommande cette pâte, employée en onctions et recouverte d'un enduit imperméable, dans les callosités épidermiques, dans les kératoses et les eczémas cornés plantaires et palmaires.
Emplâtres.
On donne le nom d'emplâtres à des topiques solides qui, sous l'influence de la chaleur du tégument, se ramollissent légèrement et deviennent adhérents.
En pharmaceutique, ce nom « s'applique à la substance agissante, réunie dans une pâte plus ou moins ferme se présentant sous forme de boule ou de petit cylindre auxquels on donne le nom de magdaléon. Lorsqu'on étend ce magdaléon sur un supportcomme la peau on fait un écusson, lorsqu'on l'étend au contraire sur une toile de fil ou de coton on fait un sparadrap (2) ».
Dans le langage médical courant, on confond les mots emplâtre et sparadrap, et le premier désigne comme le second la préparation obtenue par l'application sur un tissu de fil, de coton, de soie ou de gui la percha laminée de la masse emplastique active.
L'usage des emplâtres en dermatologie s'est beaucoup répandu depuis quelques années, à la suite des travaux de Unna et des perfectionnements apportés dans leur préparation. Nous croyons môme que le buta été quelque peu dépassé et que les emplâtres
(1) British médical Journal, 26 août 1893, p. 473.
(2) Dujardin-Beaumetz. Art de formuler, p. 232.
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ne conserveront pas la place qu'ils occupent aujourd'hui dans la dermatothérapie.
Les emplâtres ont l'avantage de couvrir les parties sur lesquelles on les applique, d'en assurer 1 occlusion, de les mettre à l'abri des contaminations par les germes extérieurs, en même temps qued empêcher la dissémination de ceux qui pullulent sur les lésions infectées; ils peuvent, contrairement aux vernis, être appliqués sur des surfaces suppurantes et sécrétantes. Dans certaines affections, ils constituent, en raison de la continuité de leur surface, une couche imperméable qui empêche l'évaporation des sécrétions et facilite par macération l'exfoliation épidermique. De plus, ils forment un moyen de pansemenl très propre, qui n'expose pas comme les pommades à souiller les linges par les substances médicamenteuses.
D'autre part, leur imperméabilité est dans certains cas un inconvénient : la sueur et les produits des sécrétions épidermiques retenus par l'emplâtre dissolvent les matières qui entrent dans leur constitution, en font des solutions concentrées souvent très irritantes, qui aggravent parfois la lésion initiale, ou simplement macèrent à l'excès les couches épidermiques. On a tenté de parer à ces inconvénients en perforant l'emplâtre à intervalles plus ou moins rapprochés; mais cet artifice est souvent insuffisant pour remplir ce but et fait perdre à l'emplâtre plusieurs de ses avantages, en premier lieu sa propreté.
Les emplâtres sont donc souvent irritants; de plus, ils s'opposent très imparfaitement à là germination des parasites cutanés, el il suffit pour le constater d'examiner une surface de peau recouverte
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depuis plusieurs jours d'un emplâtre aussi parfait que possible : on y verra, même et surtout s'il s'agil d'emplâtres" mercuriels, des lésions pustuleuses qui sont loin d'être amicrobiennes. Ces suppurations ne doivent pas être attribuées à une importation microbienne : des recherches que mon ancien et regretté interne, Danseux, avait bien voulu faire sur ma demande, ont démontré l'asepticité — due sans doute aux essences qui entrent dans leur composition — parfaite d'emplâtres de provenances très diverses, ayant séjourné un temps assez long dans des salles d'hôpital. Il faut chercher la cause de ces suppurations sous-emplastiques dans les microbes résidant normalement ou accidentellement à la surface de la peau et auxquels l'humidité et la chaleur entretenues par l'emplâtre fournissent des conditions propices à leur développement.
A ces inconvénients il faut ajouter le prix élevé des préparations emplastiques, qui ne permet pas d'en généraliser l'emploi.
Un emplâtre, quel qu'il soit, doit satisfaire à deux conditions : être souple et adhérer facilement à la peau sous l'influence d'une pression douce.
On doit proscrire absolument l'emploi de certains emplâtres durs, reposant sur des tissus apprêtés et résistants, qui ressemblent à un morceau de gomme laque et que la pharmacie livre encore trop souvent; ils ne peuvent à aucun titre être employés comme pansements occlusifs.
L'application d'un emplâtre doit toujours être précédée du nettoyage antiseptique de la partie qu'il esl destiné à recouvrir : c'est là le meilleur moyen, mais non le moyen infaillible, de s'opposer aux pullulations microbiennes sous-emplastiques cl île dimi-
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nuer les phénomènes inflammatoires consécutifs.
En outre la couche de matière emplastique ne doit pas être trop épaisse, et l'emplâtre doit être fraîchement préparé.
Les emplâtres doivent être renouvelés fréquemment, tous les deux ou trois jours au plus, plus souvent même sur les surfaces suppurantes ou lorsqu'il s'agit d'emplâtres irritants dont il faut surveiller l'action.
Lorsqu'il reste quelques fragments de la masse emplastique à la surface de la peau, on peut les enlever facilement par des frictions douces avec un tampon d'ouate hydrophile, imprégnée d'huile ou de vaseline.
Les emplâtres peuvent être étendus sur des tissus rès divers. Le plus ordinairement on se sert de toile de lin ou de coton ; les tissus souples de soie (taffetas) donnent des emplâtres plus propres, qui peuvent avoir une couleur se rapprochant davantage de celle de la peau; Unnaa recommandé l'emploi de la mousseline à laquelle on incorpore une dissolution de gutta-percha, ce qui en fait un tissu très mince, très souple et imperméable; cette préparation peut être employée pour rendre les autres tissus imperméables et leur conserver leur coloration.
La composition de la masse emplastique est des plus variables. Elle comprend un excipient, auquel on ajoute des substances actives variées. Aussi la liste des emplâtres, très courte il y a quelques années, tend-elle à s'accroître de plus en plus, même à l'excès. Nous ne donnerons ici que l'indication des emplâtres les plus usités et les plus recommandables.
L'ancienne pharmacopée ne comprenait guère que
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quelques emplâtres réellemeu! utiles : l'emplâtre simple, l'emplâtre diachylon et l'emplâtre de Vigo; ils sont encore employés et servent souvent de base à des emplâtres plus complexes.
L'emplâtre simple se compose de :
Litharge pulvérisée .
Axonge . . . . . Y. '. '. âa 50 gr.
Huile d'olives )
Eau ./////.'.'.'.'.*.'.'/. 100 gr.
(Voir pour sa préparation les traités de pharmacie et le Codex).
Il est peu usité, ne doit être employé que comme enduit protecteur sur des surfaces non dénudées: car il est loin d'être aseptique, mais il entre dans la composition d'autres masses emplastiques.
V emplâtre diachylon est composé de :
Emplâtre simple z,g »r<
Cire jaune .
Poix blanche • aa 3 gr.
Térébenthine du mélèze I
(lomme ammoniaque
Galbanum f aa 15 gf .
Sagapenum \
(PHARMACOPÉE DES HOPITAUX DE PaKIS
Cette formule donne un emplâtre plus adhésif que celles indiquées par les auteurs.
11 doit être réservé aux surfaces non suppurantes ou aux ulcères de jambes; il entretient souvent la suppuration des lésions superficielles.
L'emplâtre de Vigo contenant (1) :
(1) L'emplâtre de Vigo du Codex contient 173 gr, 9i de mercure métallique par kilogramme.
EMPLATRES
Emplâtre simple 2000 gr.
Cire jaune j jqq
Colophane *
Gomme ammoniaque
Bdellium
Oliban I
Myrrhe /'
Safran 20 —
Mercure 600 —
Styrax liquide purifié 300 —
Térébenthine du mélèze 100 —
Essence de lavande 10 —
Le sparadrap de Vigo préparé avec cet emplâtre contient exactement 1 gr. 16 de mercure par centimètre carré.
est fréquemment employé comme occlusif dans les lésions syphilitiques ou non syphilitiques : il est supérieur à l'emplâtre cliachylon, mais est souvent mal supporté par le tégument qui s'irrite à son contact, de sorte que ses effets doivent être surveillés. En raison de sa teneur en mercure, il ne doit jamais être appliqué sur des surfaces étendues; on ne doit jamais, à moins qu'on ait à rechercher l'action générale du mercure, appliquer simultanément sur le tégument plus de 100 centimètres carrés de cet emplâtre.
L'emplâtre de poix composé de :
Vinaigre blanc 16 gr.
Farine de froment i
Poix blanche aa 23
Poix noire ]
et qu'il vaut mieux remplacer par la formule suivante :
Résine de pin 30 gr.
Poix noire S
Térébenthine de Venise ti
Graisse de porc 1
(Bertarelli)
maladies de la peau. — t. ii. 15
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peut être utilisé pour le traitement des affections parasitaires du cuir chevelu. Nous avons indiqué à propos du favus et de la trichophytie comment et dans quels cas exceptionnels nous admettions son usage, qui, à notre avis, a été trop sévèrement jugé par la plupart [des dermatologistes contemporains. Nous renvoyons le lecteur à ces chapitres (T. I p. 76 et 91).
L'emplâtre rouge de Vidal composé de :
Emplâtre diachvlon
Minium
Ciiicibi'e
remplace avantageusement l'emplâtre diachylon ef souvent l'emplâtre de Vigo comme occlusif. Ces! à lui que nous conseillons principalement de recourir quand on ne veut obtenir que l'occlusion d'une surface légèrement suintante ou d'une lésion prurigineuse circonscrite (lichens, eczémas cornés, etc.) ou la macération simple d'une lésion squameuse (lichens cornés, eczémas cornés); il est également I tes recommandante dans les eczémas palmaires et plantaires et dans les lésions des ongles.
Les masses emplastiques du Codex peuvent servir à incorporer des substances actives: mais la plupart des emplâtres employés actuellement en dermatologie sont préparés à base de gutta-percha ou de lanoline caoutchoutée.
La lanoline caoutchoutée contient 150 grammes de caoutchouc pour 1,800 grammes de lanoline et s'obtient en distillant sur la lanoline une solution ehloroformique de caoutchouc.
Voici, à titre de renseignements, la composition île quelques-uns des emplâtres les plus employés à.
52 gr.
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l'hôpital Saint-Louis, d'après les formules publiées par M. Portes, pharmacien de cet hôpital (1). Emplâtre à l'oxyde de sine.
Emplâtre simple ,„„ ë
Cire jaune. 400 ~
Lanoline caoutchoutée 1800
Oxyde de zinc 600 —
(Dans les eczémas secs ou humides.) Emplâtre à V acide pyrogaUiquc.
{ tomme ammoniaque 20 gr.
Cire jaune j aa so
Lanoline caoutchoutée )
Colophane 20
Térébenthine de Venise 50 —
Acide pyrogallique 120
(Dans le psoriasis, les eczémas secs. )
Emplâtre à l'huile de cade.
Emplâtre simple 1000 gr.
Cire jaune 300
Huile de cade ^00 —
Dans le psoriasis.)
Nous ne pouvons entrer dans le détail de la composition des autres emplâtres. Signalons cependant 1rs emplâtres suivants qui se trouvent désormais dans le commerce, préparés dans d'excellentes conditions (2) :
Emplâtres à l'acide salicyliipie au dixième (cors, verrues, kératoses localisées), au vingtième (psoriasis, lichen circonscrit).
I) Union pharmaceutique, 1893, p. 489.
(2) Les emplâtres français sont dosés suivant la proportion centésimale de substance active contenue dans la masse emplastique. Les emplâtres de Unna dans lesquels l'excipient n'entre que pour une très faible proportion sont dosés à tant de substance active par 5mo de mètre carré. Il y a dans ces modes d'évaluation une différence que le lecteur doit se rappeler lorsqu'il veut comparer ces deux ordres de produits.