PUT1IIRIASE DES VÊTEMENTS
boriquée, naphtholée ou soufrée suivant les cas) les lésions persistantes du cuir chevelu.
Phthiriasa des vêtements.
Exposé clinique et étiologiqne. — Le pou des vêtements, encore appelé improprement pou de corps, dépose ses lentes sur les fils des tissus (linge, drap, etc.), et seréfugie dans lesplis desvêtements. Il n'habite pas la peau ou ses annexes et ne vient sur les téguments que pour y puiser sa nourriture par succion.
Sa présence se traduit par un prurit souvent intense, par l'existence d'excoriations consécutives aux plaies qu'il fait à la peau ou au grattage provoqué par le prurit, excoriations reposant souvent sur une papule (papule de prurigo) ou sur une saillie urticarienne; en raison de la malpropreté habituelle aux phthiriasiques, ces excoriations, punctiformes et arrondies ou disposées en traînées linéaires, s'infectent, se transforment en pustules d'ecthyma, en furoncles, souvent accompagnés de lésions d'apparence eczémateuse et compliqués de lymphangites et d'abcès.
Lorsque les lésions sont anciennes, la peau s'épaissit, se pigmente au voisinage des excoriations, et il se produit une mélanodermie parfois très étendue, quelquefois même avec pigmentations métastatiques de la muqueuse buccale.
Les lésions phthiriasiques occupent surtout les régions sus-et interscapulaires, la ceinture, puis les membres, surtout les membres inférieurs.
Elles se rencontrent presque toujours chez des sujets misérables — d'où le nom de maladie des vagabonds donné à leurs formes extrêmes, — ou tout au moins malpropres.
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Traitement. — En raison du siège du parasite, la partie la plus essentielle du traitement consiste dans le changement de linge, fréquemment répété et dans la désinfection, par l'étuve sèche ou humide ou par le soufrage, des vêtements contaminés.
Les parasites qui peuvent accidentellement persister à la surface de la peau ne résistent pas à l'emploi des bains savonneux et surtout sulfureux ; les fumigations de cinabre, couramment employées, doivent donc être rejetées (Besnier), en raison des accidents possibles d'intoxication mercurielle.
Lorsque le prurit persiste après l'emploi des bains sulfureux, on le calme avec des applications de pâte de zinc phéniquée ou mentholée à 2 0/0, d'huile phéniquée à 2 0/0, de pommade naphtholée à 10 0/0.
Si les téguments sont irrités, on combat leur irritation par des bains d'amidon et des applications de pâte de zinc.
L'ecthyma provoqué par la phthiriase est traité par les pansements humides au sublimé ou l'occlusion au moyen des emplâtres.
La pigmentation consécutive à la phthiriase ne réclame aucun traitement actif ; elle disparaît lentement sous la simple influence des soins de propreté et des bains sulfureux répétés.
Plitliiriase du pubis.
Exposé clinique et étiologiquc. — Le phthirius in-
guinalis n'habite pas seulement les poils de la région génitale, mais toutes les régions du corps couvertes de poils à l'exception du cuir chevelu; c'est ainsi qu'on le rencontre sur les poils de la paroi abdominale et thoracique antérieure, de l'aisselle, plus ra-
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rement dans la barbe, sur les sourcils et les cils.
Sa présence se traduit par un prurit parfois intense, par le développement de papules de prurigo et par une lésion caractéristique, la tache bleue ou ombrée, macule légèrement déprimée qu'on a longtemps considérée comme un signe de fièvre typhoïde et de diverses autres affections, et que les recherches de M. Duguet ont rapportée à sa véritable cause, l'introduction sous la peau du produit de sécrétion des glandes salivaires du phthirius.
La phthiriase du pubis, contrairement aux deux variétés précédentes de phthiriase, est plus fréquente chez les sujets bien tenus, voire même dans les classes élevées de la société, que chez les malheureux.
Traitement. — Les onctions avec la pommade mercurielle constituent le traitement populaire de la phthiriase du pubis : elles doivent être abandonnées à cause des accidents locaux (hydrargyrie cutanée) et généraux qu'elles produisentsouvent, plus encore qu'à cause de leur malpropreté.
Les lavages à l'eau chaude savonneuse, suivis de lotions avec une solution alcoolique de sublimé (sublimé 50 centigrammes, eau de Cologne et eau distillée aa 125 grammes), constituent certainement le meilleur traitement de cette affection. Ces applications doivent être répétées 4 à 5 jours de suite sur toutes les régions atteintes.
Lorsque les poux sont nombreux et ont envahi une grande étendue des régions pileuses, on peut administrer des bains de sublimé (10 grammes par bain) après savonnage de tout le corps, à la condition qu'il n'y ait pas trop d'excoriations par lesquelles pourrait se faire l'absorption du sel mercuriel.