CYSTICERQUES DU TISSU CELLULAIRE SOUS-CUTANÉ
La ladrerie, rare chez l'homme, se traduit par la présence de tumeurs rondes ou ovalaires du volume d'une cerise à celui d'une olive, ordinairement multiples et quelquefois extrêmement nombreuses, dures, non adhérentes à la peau, renfermant chacune un cysticerque.
Le traitement consiste dans l'extirpation des kystes, ou mieux dans leur ponction avec une seringue de Pravaz suivie ou non d'injection de teinture d'iode dans leur cavité.
PAPULOSE FILARIENNE
Cette affection, très rare, observée sur la côte occidentale d'Afrique, où elle est connue sous le nom de craw-craw, au Brésil et en France (Nielly), est due à la pénétration directe des œufs de certaines filaires dont l'embryon se développe dans la peau et atteint au plus 1 millimètre de long. Elle se traduit par le développement de petites papules rouges, centrées par une vésiculo-pustule, occupant les avant-bras, les mains, les coudes, les fesses, les cuisses (1).
(1) On trouvera à l'article Elêphantiasis (T. II p. 36) le traitement des lésions cutanées provoquées par' les filaires occupant les voies lymphatiques;
DERMATOMYCQSES
Le traitement consiste dans l'emploi des parasilicides faibles : lotions de sublimé, lotions phéniquées, pommade soufrée.
II. Affections parasitaires de la peau produites par des CHAMPIGNONS (Derma/omycoses).
Les champignons parasites sont la cause de dermatoses nombreuses, presque toutes rebelles.
Celles de ces dermatoses qui occupent les poils sont plus spécialement désignées sous le nom de teignes.
Sans vouloir nous livrer ici à des considérations générales hors de propos sur les dermatomycoses, nous rappellerons, pour ne pas avoir à y revenir à l'occasion de chacune d'elles, les principes qui doivent présider à leur traitement.
La nature parasitaire de ces affections a conduit à rechercher des méthodes parasiticides qui, pour beaucoup de médecins, sont encore l'idéal dont il faut tendre à se rapprocher. Ces médications seraient, en effet, parfaites, si on pouvait obtenir la destruction du parasite sans nuire à la vitalité des tissus qui lui servent de support.
Malheureusement il est loin d'en être ainsi. Tous les essais qui ont été tentés dans ce sens, par les procédés les plus divers, n'ont jamais pu détruire les parasites— à supposer même qu'ils les détruisent tous dans un cas donné, ce que les récidives ultérieures ne permettent pas d'admettre — sans altérer profondément les tissus cutanés, sans y causer des désordres autrement plus graves que ceux résultant de l'action du parasite lui-même.
DERMATOMTCOSES oy
M. Besnier, qui a développé ces considérations avec une très grande largeur de vues (1), fait remarquer que le parasite isolé sur le porte-objet d'un microscope ne peut être comparé au parasite habitant un tissu vivant: le parasiticide qui détruit le premier ne peut atteindre le second qu'en intéressant simultanément les cellules qui l'avoisinent. Or la résistance des cellules vivantes aux propriétés chimiques du parasiticide est de beaucoup moindre que celle du parasite aux propriétés parasiticides de ce même agent. Les cellules épidermiques ou les poils sont détruits ou enflammés en même temps que le parasite est tué, et plus souvent avant qu'il ne soit tué.
En réalité, les médications dites parasiticides ne sont que des procédés d'avulsion du parasiLe par irritation épidermique. Il importe d'être bien fixé sur ce point.
L'avulsion du parasite est, en fait, le but auquel il faut tendre dans le traitement des dermatophy ties. L'obstacle, comme le dit M. Besnier, est la difficulté de parvenir à avulser tous les poils et toutes les cellules épidermiques infectées.
Suivant le siège du parasite, on aura pour arriver à ce but l'exUrpation du poil par des procédés mécaniques ou la desquamation de l'épiderme par les irritations chimiques.
Nous décrirons, dans le chapitre des dermatomycoses, le favus,la trichophytie, la pelade, la piédra, le pityriasis versicolore, le pityriasis circiné et marginé de Vidal, l'érythrasma, l'actinomycose et le pied de Madura ou mycétome.
(I) Académie de médecine, 8 janvier 188t.
Pour la plupart de ces affections, la preuve esl (aile de leur nature parasitaire et du caractère mycotique de ce parasite.
Pour le pityriasis circiné de Vidal, des recherches nouvelles seraient nécessaires; mais, en l'état actuel de la question, celle affeclion ne saurait être placée ailleurs que dans le cadre des dermatophyties.
Pour la pelade, nous ne nous dissimulons pas que son admission au nombre des dermalophyties esl des plus discutables. Si la nature parasitaire d'un certain nombre des faits désignés actuellement sous le nom de pelade est absolument certaine, rien ne prouve que le parasite soit un champignon, elles insuccès auxquels ont abouti toutes les recherches tendraient plutôt à faire croire qu'il est de nature bactérienne. Cependant, en raison des analogies de cette affection avec la trichophytie et le favus, analogies qui font désigner leurs localisations au cuir chevelu sous le nom commun de teignes, nous n'avons pas cru devoir rejeter la pelade dans un autre cha pitre, où elle aurait été d'ailleurs tout aussi artificiellement introduite. D'ailleurs l'illogisme qui consiste à ranger la pelade contagieuse dans le groupe des dermatophyties n'est pas plus flagrant que celui qui conduit tous les auteurs à désigner sous le même nom de pelade une affection parasitaire et des alopécies d'origine manifestement nerveuse.
FAVUS
Expose clinique et ctiologiqnc. — Le favus résulte de la présence et de la prolifération dans la peau et les organes pilaires d'un parasite végétal connu sous
FAVUS 11
le nom d'achorion SchonMiii ou mieux (Quincke, „ Unna, Sabrazès, Boclin) de plusieurs parasites végétaux dont l'étude est encore loin d'être terminée, et (Bodin) qui donnent tous lieu à des caractères cliniques identiques.
Il se traduit ordinairement par le développement d'une lésion spéciale, qui a reçu le nom de godet favique et se montre sous la forme d'une saillie arrondie, aplatie, déprimée à sa partie centrale (d'où son nom), de coloration jaune soufre ; ces godets, qui prennent naissance au niveau d'un organe pilaire, se réunissent par confluence en masses jaunâtres plus ou moins étendues, à contour plus ou moins nettement polycyclique, à surface inégale. Les poils envahis par le parasite sont étouffés par lui; leur papille, également envahie, est détruite, de sorte que les parties atteintes de favus sont le siège d'une alopécie cicatricielle irrémédiable, plus ou moins étendue suivant l'ancienneté des lésions.
Le siège de prédilection du favus est le cuir chevelu, où il peut se développer dans tous les points de sa surface, avec celte restriction seulement qu'il en respecte constamment la bordure.
Dans quelques cas rares de favus du cuir chevelu, les godets font défaut et la maladie se caractérise uniquement par l'aspect terne et la décoloration des poils envahis par le parasite.
Le favus peut se développer également sur les parties glabres de la peau, où il affecte la forme de godets analogues à ceux du cuir chevelu ou celle de taches squameuses offrant quelque ressemblance avec les lésions épidermiques dues aux Irichophytons (favus squameux, favus circiné, favus herpétique).
Il TRAITEMENT DU FA VUS DU CUIR CHEVELU
On peut encore le rencontrer dans les ongles, où il se traduit par la présence de taches blanc jaunâtre ou jaunes, par l'exfoliation et l'irrégularité de la surface de l'ongle.
Le favus s'observe presque exclusivement dans les classes pauvres et chez les sujets habitant les campagnes ; il se transmet par contagion d'homme à homme, plus difficilement que la trichophytie. Les animaux domestiques : les chats, les poules, ainsi que les souris, peuvent être l'origine de la transmission à l'homme du favus dont ils sont atteints. De plus le parasite, qui a vraisemblablement une existence saprophytique (Bodin), paraît être transmis parfois par des corps inanimés.
Le favus débute toujours clans l'enfance, mais en raison de sa durée illimitée lorsqu'il n'a pas été soumis à un traitement convenable, s'observe également chez l'adulte qui en a été atteint dans son jeune âge.
Traitement du favus du cuir chevelu. — Comme dans
toutes les affections parasitaires du cuir chevelu, il est nécessaire de commencer le traitement par la coupe des cheveux, et ici le sacrifice de la chevelure est plus que partout ailleurs indispensable pour mettre à nu toutes les lésions, souvent très disséminées, et demandant toutes une surveillance attentive, pour faciliter des applications locales toujours minutieuses et qui doivent être longtemps prolongées. Il ne sera fait aucune exception à cette règle, même chez les sujets du sexe féminin ; d'ailleurs les faviques sont généralement jeunes et appartiennent presque tous, sinon tous, à des classes sociales pour lesquelles la coquetterie est un médiocre souci.
Les cheveux doivent donc être coupés courts, ou