‹ Thérapeutique des maladies de la peauChapitre 32 sur 201 · TRAITEMENT DU FAVUS DU CUIR CHEVELU ÎO · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DU FAVUS DU CUIR CHEVELU ÎO

Dans un second temps, on avulse dans une étendue de un centimètre au moins tous les poils qui entourent les plaques malades; dans cette zone, on rencontre encore en grand nombre des poils peu adhérents ou cassant sous la pince ou entourés près de leur racine d'une gaine blanche ; il convient, lorsqu'on constate l'existence de tels poils, de circonscrire leur lieu d'implantation par une zone nouvelle d'épilation périphérique et de ne s'arrêter que lorsque l'on ne rencontre plus que des poils d'apparence absolument normale. Cette zone de surveillance et de protection, qui doit d'ailleurs êlre établie dans toutes les affections parasitaires du cuir chevelu, permet de limiter très efficacement l'envahissement de la maladie.

Il est évident que, pour peu que les surfaces envahies parle favus aient quelque étendue, l'épilation ne peut être pratiquée en une seule séance : la durée de chaque séance sera variable suivant l'habileté de fépileur et le nervosisme du sujet ; les applications de substances anesthésiques (huile phéniquée, solution de cocaïne) permettront quelquefois de les prolonger davantage, sans toutefois supprimer complètement la douleur provoquée; le principal est de mener l'épilation assez activement pour arrêter de suite la marche de la maladie et permettre la mise en œuvre des traitements véritables.

L'irritation que produit l'épilation sera calmée par les applications humides précédemment indiquées.

L'épilation ne doit pas seulement être pratiquée au début de la mise en traitement; elle sera renouvelée dès que les poils repousseront sur les plaques malades, tant qu'il restera sur celles-ci de, la rougeur et des poils cassants ou renfermant des .■.parasites.

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constatés au microscope. Il suffira, comme le dit M. Besnier, d'une courte séance hebdomadaire pour tenir les plaques en parfait état. La bordure de protection sera également maintenue pendant tout ce Lemps.

La pratique de l'épilation demande une certaine habitude et une surveillance médicale. Aussi peut-on rencontrer, en dehors des grands centres, quelque difficulté à la faire exécuter. On peut alors, mais à titre de mesure exceptionnelle de simplification et sans jamais espérer remplacer complètement l'épilation, pratiquer l'avulsion des poils au moyen d'emplâtres agglutinatifs. Nous ne prétendons pas qu'il faille renouveler la pratique de la trop fameuse calotte de poix qu'on appliquait autrefois — et qu'on applique encore actuellement dans certainspays — sur le cuir chevelu des teigneux et qu'on détachait brusquement au boutcle quelques jours pour enlever les poils, provoquant ainsi une douleur atroce, véritable supplice digne d'un autre âge. Il y avait cependant dans cette pratique une ressource que l'on peut utiliser, ainsi que le pratiquent les médecins de l'Antiquaille de Lyon , Bertarelli (de Milan) et quelques autres dermatologistes, avec beaucoup moins de cruauté, en appliquant sur les plaques malades des bandeletLes étroites de toile recouvertes d'emplâtre de poix et imbriquées les unes sur les autres à la manière des bandelettes de diachylon employées dans le traitement des ulcères de jambe ; en raison de leurs dimensions, la douleur provoquée par leur enlèvement est modérée et elles amènent avec elles tous les poils malades et cassants qui leur sont plus adhérents qu'au cuir chevelu. Leur application peut être renouvelée jusqu'à ce que les cheveux malades

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aient disparu des plaques, et répétée ultérieurement à intervalles suffisants pour débarrasser celles-ci des cheveux qui repoussent envahis par le parasite. Il vaut évidemment mieux recourir à ce procédé de traitement que délaisser indéfiniment des poils malades sur la tête d'un favique ; mais ce n'est qu'un pis-aller, dont le grand défaut est de ne pas enlever autour des parties malades les poils sains, dont l'ablation établit une zone de protection contre l'envahissement du parasite.

L'épilation ne constitue qu'une partie du traite-, ment du favus. Il faut encore, une fois le cuir chevelu nettoyé par elle, recourir à des applications qui fassent disparaître les derniers vestiges du parasite ou s'opposent à sa pullulation.

Théoriquement, les parasiticides sont tout indiqués et c'est à ce titre qu'ont été préconisées les différentes méthodes employées dans le traitement du favus. Pratiquement, la destruction du parasite n'est guère qu'une utopie. M. Besnier insiste particulièrement sur ce point que nous avons assez longuement développé plus haut (Voir p. 68) pour n'avoir pas y revenir.

Les parasiticides les plus divers ont été employés contre le favus, avec des résultats divers, toujours insuffisants lorsqu'on les examine de près, et il serait sans intérêt de les énumérer ici.

Nous nous contenterons de recommander les badigeonnages de teinture d'iode, moins efficaces cependant dans le favus du cuir chevelu que dans la trichophytie, et d'indiquer le traitement que M. Besnier emploie contre cette affection, traitement destiné surtout à entretenir la propreté du cuir chevelu et à empêcher la persistance à son niveau de squames

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