‹ Thérapeutique des maladies de la peauChapitre 58 sur 201 · ULCÈRE PHAGÉDÉNIQUE DES PAYS CHAUDS · texte numérisé non relu

ULCÈRE PHAGÉDÉNIQUE DES PAYS CHAUDS

devient bientôt rouge, luisante, s'excorie sous l'influence du grattage et se rompt; les bords se soulèvent sous forme de bourrelet entouré d'une auréole inflammatoire, sont roulés en dedans, déchiquetés; il se produit des décollements éLendus ; la suppuration est abondante et de mauvaise odeur, le fond de l'ulcération est rouge, très anfractueux, recouvert d'un putrilage caséiforme qui peut atteindre un à deux centimètres d'épaisseur. L'ulcération, de forme circulaire, douloureuse au toucher, se répare lentement et sa guérison est parfois entravée par des récidives.

2° La forme grave présente les mêmes symptômes, mais plus intenses : l'ulcération rapidement s'étend en surface et en profondeur, détruisant tous les tissus, même les cartilages et les os qui peuvent être simplement enflammés (périostite parfois phlegmoneuse); les artères peuvent être ulcérées; les ganglions lymphatiques sont enflammés.- La guérison peut encore survenir lentement, laissant des cicatrices vicieuses, des déformations, parfois même avec chute d'une portion de membre. D'autres fois, le malade succombe â la suite d'accidents septicémiques ou dans le marasme.

Ces lésions, qui. occupent ordinairement les jambes, plus rarement les membres supérieurs, peuvent se développer à la suite d'excoriations très minimes des téguments (lésions de grattage, piqûres de moustiques, etc.), ou se greffer sur des lésions cutanéesdiverses (ulcérations syphilitiques ou autres, ecthyma, etc.).

Elles s'observent surtout dans les régions basses et marécageuses d'une grande partie de la zone intertropicale, et spécialement sur les côtes occidentale

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et orientale de l'Afrique (Sénégal, Mozambique), en Arabie (Yémen), dans l'Inde, en Cochinchine el au Tonkin, à la Guyane, aux Antilles.

Les auteurs sont à peu près tous d'accord pour faire jouer un grand rôle à la déchéance de l'organisme, sous l'influence de la dysenterie et du paludisme. Les microorganismes pathogènes ne sont sans doute pas sans influence sur le développement des accidents, I quirappellentlamarchedesgangrènes microbiennes, et la contagion observée dans certains cas semble le prouver; reste à savoir si l'agent infectieux est toujours le même et s'il mérite qu'on le considère comme spécifique.

Prophylaxie. — Le pansement occlusif et antiseptique de toutes les solutions de continuité des téguments est, ici encore, avec l'interdiction de marcher pieds nus et nu-jambes dans la vase et dans l'eau, la mesure prophylactique la plus efficace. \

Traitement. — On doit s'efforcer, par un traitement général tonique (fer, quinquina, arsenic) et par une alimentation convenable, de relever les forces du malade, et traiter la syphilis, le paludisme, la dysenterie, etc., dont il peut être atteint.

Quant au traitement local, il devra calmer, par des j 3 applications émollientes et par la position convenable du membre, les phénomènes inflammatoires du début, désinfecter les ulcérations par des lavages et des , pansements antiseptiques. Lorsque, par ces moyens, on aura amené l'ulcère à l'état à peu près aseptique, j on le pansera par les moyens usités contre les ulcères vulgaires (Voir T. II, p. 74).

Dans les formes graves, profondément ulcéreuses, on n'aura d'autre ressource pour sauver le malade que , d'amputer le membre : mieuxvaudra, pour en arriver ^

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à celte extrémité, ne pas attendre que le patient soit miné par une suppuration abondante. Les auteurs recommandent avec raison de pratiquer l'amputation au-dessus de la zone d'anesthésie qui entoure l'ulcère, afin de se mettre à l'abri de la mortification du moignon.

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Exposé clinique et éliologiqne. — On désigne SOUS

ce nom une sorte de fièvre éruptive, plutôt qu'une affection cutanée, qui est caractérisée par le développement, sur la peau et sur les muqueuses, de tuméfactions rouges rappelant l'aspect des framboises.

Cette affection, qui s'observe sur les côtes occidentale et orientale d'Afrique, à Madagascar, en Nouvelle-Calédonie, aux Antilles, à la Guyane, est ou paraît être identique à la verruga, ou bouton des Andes, observée au Brésil etau Pérou, auxboubasdu Brésil, aux yaws de la Guyane, à la tonga de la Nouvelle- Calédonie, au bouton des Moluques.

Après une période d'incubation de 6 semaines à 3 mois, elle débute par des phénomènes généraux : rachialgie, céphalalgie, douleurs articulaires, sensation de lassitude, fièvre rémittente, etc. ; puis apparaît, en un point variable du corps, le plus souvent sur la face, une vésicule très prurigineuse et bientôt purulente, qui s'entoure d'une couronne de vésicules nouvelles lesquelles se réunissent pour former une bulle ; celle-ci ne tarde pas à se rompre et laisse à sa place une ulcération qui bourgeonne pour former une excroissance rouge pâle, à surface grenue, ayant quelque ressemblance avec une framboise ou une

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fraise, recouverte d'une croûte ; cette lésion primitive persiste jusqu'à la fin de la maladie et laisse après elle une cicatrice analogue à celle de la vaccine. Bientôt se développent sur tout le corps des vésicules, discrètes ou confluentes, se transformant en croûtes irrégulières d'odeur infecte, moins développées que l'élément primitif ; cette éruption secondaire estcomplète en 8 ou 10 jours, persiste pendant 1G à 18 mois, puis disparaît. Parfois, à cette époque, on voit apparaître à laplante des pieds une ou plusieurs vésicules bientôt remplacées par des excroissances verruqueuses.

Les lésions frambœsioïdes peuvent être plus ou moins développées et varier d'aspect, suivant les localités où on les observe, mais la marche générale de la maladie est toujours la même.

La mort peut survenir, entraînée par des phénomènes cachectiques ou par des hémorrhagies au niveau des lésions cutanées ou au niveau de celles des! muqueuses. Elleestsurtoutfréquente chez les enfants et les vieillards. Chez l'adulte, la guérison est la règle. La maladie semble ne pas récidiver.

Elle s'observe surtout chez les nègres et particulièrement chez les jeunes enfants.

Elle est contagieuse, se transmet par contact direct ou indirectement par les vêlements, peut-être par les moustiques ou même par l'eau qui sert aux ablutions et aux bains.

Traitement. — Il consiste surtout dans des mesures d'hygiène : soins de propreté, bains fréquents, alimentation saine et abondante.

En raison de la gravité plus grande de la maladie danslesgrandes altitudes (Bordier), on fera descende les malades le plus possible vers la plaine.

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Suivant les indications, on donnera des fébrifuges, des antiseptiques intestinaux, des toniques, des calmants s'il y a des douleurs, vives et de l'insomnie.

On a encore recommandé l'emploi du mercure, de l'induré de potassium, de l'iodoforme, de l'acide phénique, du soufre à l'intérieur ; mais ces médicaments ne semblent pas avoir une action bien nette.

Localement, les lésions cutanées seront traitées \nii- des pansements antiseptiques (sublimé, acide phénique, etc.), ou par l'occlusion au moyen des emplâtres; lorsque la suppuration est peu abondante, on pourra se contenter de l'application de pommades boriquées ou iodoformées; les fongosités exubérantes seront cautérisées au nitrate d'argenL ou au fer rouge.

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i:\posc clinique cl ctiologiqne. — Cette affection, fort mal connue, se caractérise par le développement lent, le plus souvent sans prodromes, de Lâches arrondies, occupant le visage, les membres surtout à la face dorsale des mains et des pieds, etl'abdomen, de coloration noire, rouge, bleue ou blanche, parfois légèrement saillantes, généralement accompagnées de desquamation.

Elle ne cause pas la morl; mais, surtout chez les sujets âgés, elle altère parfois pour toujours la coloration du visage.

Cette maladie ne s'observe que dans l'Amérique centrale.

Son étiologie est absolument inconnue : on l'a

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allribuée sans raison à une alimentation insuffisante ou malsaine et à la malpropreté.

C'est dire que son traitement ne repose sur aucune base sérieuse. Il semble qu'il faille surtout donner aux malades une alimentation abondante et tonique, exiger une propreté méticuleuse, peut-être recourir à l'usage interne du sublimé et de l'iodure de potassium (J. Gomez) et à l'emploi des lotions de sublimé.

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