OEDÈME CÉRÉBRAL
Ces lésions ne différent des phénomènes delà macération cadavérique que par l’abondance de l’exsudât, au point que certains auteurs* attribuent la lésion de l’œdème cérébral à une infiltration post mortem du liquide inlra ventriculaire dans le tissu cérébral.
L’œdème du cerveau est habituellement généralisé, au même titre que la congestion passive du cerveau, dont il peut être considéré comme l'aboutissant lorsqu’elleestportée à un certain degré. L’exosmose séreuse sert, en.effet, d’intermédiaire entre la réplétion et la rupture veineuse ; il a sa place entre la simple congestion et 1 hémorrhagie.
De même qu’il existe des congestions partielles, il y a également des œdèmes partiels; on les observe dans certains cas d urémie ou dans la compression localisée dj’un territoire veineux restreint.
Dans ce cas, on note quelquefois un ramollissement ciiconsciit de la région comprimée ; le trigone est assez souvent ramolli par ce mécanisme.
On a donné le nom à’ œdème inflammatoire à des formes d’hyperémie généralement active, s’accompagnant, non seulement d exsudation séreuse, mais aussi d’une diapédèse plus ou moins abondante ; on trouve cette forme d’œdème à la périphérie de certaines lésions en foyer ou dans certaines déterminations cérébrales des maladies infectieuses.
La symptomatologie de l’œdème cérébral n’a rien de bien caractéristique. La lésion étant généralisée et non destructive, les symptômes qui traduiront surtout la compression du viscère seront diffus et intéresseront à un faible degré toutes les fonctions cérébrales. Parésie, hypoeslhésie, obnubilation intellectuelle, somnolence, délire et agitation dans les cas de participation un peu intense des méninges, tels seront les signes assez vagues qui pourront être attribués à l’œdème du cerveau dans la symptomatologie complexe de la maladie primitive.
Cette diffusion et l’absence de troubles limités empêcheront de confondre l’œdème cérébral avec les lésions en foyer de l’encéphale. La notion de cause, la connaissance de l’affection première, viendront à l’appui du diagnostic, qui n’en sera pas moins difficile dans bien des cas.
Le pronostic est grave, non pas tant en raison de la lésion cérébrale que de la gravité habituelle des états morbides au cours desquels l’œdème apparaît.
Quant au traitement, il ne s’écarte en rien de la thérapeutique générale des œdèmes et aura pour but de favoriser la déplétion, générale ou locale, du système veineux. On aura recours aux émissions sanguines locales ou générales, aux diurétiques, auxpurgatifs, sans négliger pour cela le traitement de la maladie primitive.
1 Voir Sanné, art. Hydrocéphalie in Dict. encycl.