‹ Thérapeutique des maladies de système nerveux (volume 2)Chapitre 55 sur 123 · CORPS STRIÉS · texte numérisé non relu

CORPS STRIÉS

cher à remuer. Il n’y a pas de courbure latérale de la colonne. On prend la patte de devant doucement, sans lui faire perdre l’équilibre, on peut la placer dans la position la plus bizarre, sur le cou : il n’essaye pas de la retirer. On pince la queue: alors il ramène la patte et fait un saut, puis redevient immobile. Quelquefois il fait plusieurs sauts de suite, jusqu’à douze ; à une lumière vive, la pupille se contracte, l’œil se ferme, mais l’animal reste immobile. Nothnagel admet, d’après cela, que les faisceaux psycho-moteurs passeraient par ce noyau. Après sa destruction, il reste tous les mouvements inconscients qui ont leur centre dans la couche optique, mais point de mouvements volontaires *.

Déplus, il y a un point du corps strié que Nothnagel appelle nodus cursorius. Quand on le pique, l’animal court en avant jusqu’à ce qu’il trouve un obstacle.

Quant au noyau caudé, lorsqu’on le détruit avec une aiguille, l’animal ne bouge pas d’abord; puis il saute de la table, court de ci, de là, en évitant les obstacles. — Ce noyau serait en rapport avec ces espèces de mouvements qui s’exécutent primitivement par la volonté et continuent ensuite automatiquement, comme la course, etc.

Pour Carville et Duret, auxquels nous empruntons ces résultats de Nothnagel, ces derniers phénomènes sont des symptômes d’excitation difficiles à localiser, comme on en produit dans la lésion de plusieurs régions cérébrales, et les premiers phénomènes seraient dus à l’atteinte de la capsule interne.

Par l’électrisation du corps strié (noyau caudé), Ferrier a produit un pleurosthotonos très intense : la tête touchait la queue, les muscles de la face et du cou étaient contracturés, les membres antérieurs et postérieurs dans la flexion forcée; la prédominance des fléchisseurs sur les extenseurs était toujours très accusée. Tout cessait dès qu’on retirait les électrodes.

Il y a un contraste frappant entre ces phénomènes bruyants et le silence moteur qui suit l’électrisation de la couche optique.

Carville et Duret ont obtenu les mômes résultats que Ferrier. C’est un lait qui semblait acquis ; mais Pitres a démontré devant la Société de Biologie que la contracture ne se produisait pas quand l’excitation

Lépine, Nothnagel, Blaise ( Gax . hebd. des Sc. méd. de Montpellier, 1882J, Rondot {Bull, de la Soc. anat., 1877), ont observé, en clinique, la destruction isolée d’un ou des deux noyaux lenticulaires chez des sujets qui 11’avaient jamais eu de paralysie motrice.

Krœmer ( Deut . med. Woc/i., i885, n° 19), dans un cas de lésion limitée aux noyaux lenticulaires, n’a point noté de paralysie des membres, mais a constaté de la paralysie faciale et des troubles vaso-moteurs (cyanose, œdème, sécrétion oculo-nasale, hypothermie).

Hutchinson (Bram, 1887, pag. 223) signale, dans un cas de tumeur du corps strie, une paralysie isolée des sphincters.

Un certain nombre d’auteurs allemands considèrent encore la partie externe du noyau lenticulaire (globus pallidus ) comme sensible aux excitations.

Urasset, 4” édit- 2d

35/, MALADIES DE L’ENCEPHALE.

restait limitée nu noyau coudé, cl avait lieu seulement quand clic sc

propageait jusqu’à la capsule interne.

Les expérimentateurs français ont enlevé le noyau coudé: mouvement de manège, grande faiblesse du côté opposé à la lésion, chutes fréquentes sur ce côté. Ils concluent à l’impossibilité, dans ce cas, des mouvements de progression. Mais il n’y a qu’une seule expérience bien réussie !

Ou admet aujourd’hui, d’une manière générale, avec Nolhnagel, que « les foyers destructifs dans le corps strié peuvent produire une paralysie croisée motrice', sensitive (?), sensorielle (?) et vaso-motrice», et que «si le foyer n’est pas trop petit, l’hémiplégie motrice est la règle».

Mais un point encore incomplètement élucidé est celui de savoir si ces hémiplégies sont ou non incurables et suivies de contractures.

Voici ce que nous avons observé dans quatre cas récents .

Hémiplégie guérie dans les deux faits suivants: 1 . Lésion ayant détruit: sur la coupe frontale, presque tout le noyau lenticulaire la capsule externe et l’avant-mur; tout le noyau lenticulaire, la capsule et 1 avantmur sur la coupe pédiculo-pariétale ; — 2. Vaste foyer ayant delrui . sur la coupe frontale, tout le noyau lenticulaire, la capsule externe,

P avant-mur, et une partie de substance blanche au-dessous ; tout le

noyau lenticulaire sur la coupe pariétale.

Hémiplégie permanente dans les deux faits suivants: 1. Lésion ayant détruit, sur la coupe frontale, le noyau caudé, la partie supérieure de la couche optique et la substance blanche qui les séparait; — 2. Petit foyer ayant détruit le noyau lenticulaire, uniquement au niveau de la

C°Ges oteÏyaüons (surtout la dernière) montrent la réserve qu’il faut encore garder sur cette question de la curabilité de 1 hémiplégie pal

lésion du corps strié seul. ,

Tous les auteurs sont d’accord pour reconnaître qu il n y a encoie aucun moyen clinique de distinguer les lésions du noyau caude les lésions du noyau lenticulaire.

On s’est beaucoup occupé, dans ces dernières années de l’action

exercée par les noyaux gris centraux (corps strie et couche optique) sur la température du corps.

Otta qui admet les centres thermiques multiples, corticaux et ce traux en décrit un à la partie antérieure du thalamus, tout près de son point d’union au corps strié ; une piqûre à ce niveau provoque, dapic

lui, une élévation de 3 à 4 1/2 degrés Fahr. , ,

Aronsohn et Sachs1 2 3, par l’excitation mécanique et électrique de

1 So-obbo (de Naples), au dernier Congrès de la Société italienne de Médecine

,8 OC. ,891), a conclu do ses expériences quêtes

fonctions du corps strié sont purement motrices.

2 Ott; Themed. News, 4 juill. i885.— Brain, janv. 1 9- 3

3 auossob» et Sachs; Arch. f. die Gcsammte Phys., Bd. XXXVII, pag.

TUBERCULES QUADRIJUMEAUX. 355

partie interne du corps strié, dans le voisinage du nodus cursorius de Nothnagel, obtiennent une élévation notable de la température centrale, de la température musculaire et cutanée, avec un accroissement sensible dans l’énergie respiratoire et l’excrétion de l'urée.

White 1 a obtenu une élévation de la température des deux côtés du corps en excitant l’un quelconque des noyaux gris. Une augmentation de 3 à 5 degrés Fahr. est produite par la lésion du corps strié ; elle se produit au bout de 3 à 4 heures et dure 3o heures en moyenne. L’excitation de la couche optique donne une élévation de 2 à 3 degrés Fahr. qui se maintient 24 heures.

Bourneville et Bogojawlenski signalent également l’hyperthermie comme une conséquence des lésions du corps strié; Beevor et Ollivier décrivent celle qui succède aux lésions de la couche optique.

§ III. Tubercules quadrijumeaux. — Les tubercules quadrijumeaux constituent le noyau gris d’origine des nerfs optiques ; c’estlà qu’aboutissent ces nerfs après les corps genouillés.

L’influence de ces organes sur les mouvements de l'iris paraît établie. Herbert Mayo aurait monLré que l’excitation du bout central du nerf optique coupé produit le rétrécissement des deux pupilles. Flourens a fait voir ensuite que l’excitation directe des tubercules quadrijumeaux produit des mouvements dans l’iris des deux côtés. Certes, quand on enlève l’hémisphère cérébral, les réflexes de l’iris persistent, quoique la vue soit supprimée, tant que les tubercules quadrijumeaux existent2. Une blessure profonde de ces tubercules entraîne, au contraire, la paralysie complète de l’iris à la lumière.

Ces organes paraissent aussi avoir une action sur la vue ; c’est une action surtout, mais non exclusivement, croisée (Vulpian).

Les physiologistes admettent, en outre, une action sur les mouvements de 1 œil. D après Adamiick, l’excitation du tubercule quadrijumeau antérieur droit produit la rotation à gauche des deux yeux: si la partie antérieure est seule excitée, les lignes de regard se dirigent horizontalement ; si c’est la partie moyenne, les deux lignes de regard se dirigent en haut, et la pupille devient plus large ; si l’excitation porte plu°s en arrière, cette position s’unit avec la convergence des deux yeux ; enfin,

’ White ; Brit. med. Journ., juin 1889, 1401 ; - Tke Journ. ofPhysiol, vol. XI 1. Cependant les excitations portant sur les hémisphères cérébraux ncuvènt exercer une action sur la pupille, par suite d’un retentissement réflexe sur les tuber cules quadrijumeaux. Mislawski, auquel on doit des travaux sur les modifications pupillaires consecut.ves aux lésions corticales, tire de l’expérimentation physiolo gique les conclusions suivantes ( Société de Biologie, 2 avr 1887) • 3

centre tliîatateur^6 Pr°dUH ^ ditatftUon aCtiv* dcs en agissant sur leur

fmluleta,Une ,acti0n déPressive sur le centre constricteur des pupilles nlacé des pupilles ^ qUadnjUmeaUX) aCli0n qui a P°ur clTct dilatation indirecte

si la partie postérieure est excitée, la convergence augmente, les lignes de regard se dirigent en bas, et la pupille se rétrécit (Beaunis).

Ferrier, en électrisant les tubercules quadrijumeaux, a développé la dilatation’des pupilles et, en plus, un opisthotonos intense. La production de ce dernier l'ait peut être bien due à la diffusion du courant et a 1 excitation du pédoncule cérébral.

Les cliniciens sont arrivés, sur certains points, aux mêmes conclusions que les physiologistes.

Dans plusieurs faits avec destruction des tubercules quadrijumeaux des deux côtés, comme celui de Pidoux (1871), il y avait cécité complète et dilatation des pupilles.

La séméiologie est beaucoup moins nettement analysée pour les lésions unilatérales. La lésion d’une bandelette optique donne l’hémiopie o-auche ou droite dans les deux yeux ; la lésion antérieure ou postérieure du chiasma produit l’hémiopie nasale ou temporale dans les deux yeux • la lésion d’un hémisphère, d’une capsule interne, donne au contraire l’amblyopie croisée. Les tubercules quadrijumeaux sont là, entre les bandelettes optiques et la capsule interne ; d ou 1 idée de Charcot qu’il pourrait bien y avoir dans cette région 1 entre-croisement complémentaire des fibres qui ont échappé à la décussation dans le

Chî?e”tai à une hypothèse que les faits peuvent seuls contrôler. Charcot ne cite qu’un cas de Bastian dans lequel l’amblyopie croisée avait été produite par la lésion unilatérale des tubercules quadrijumeaux. Ce fait, encore unique, a besoin de confirmation.

Les tubercules quadrijumeaux ont-ils une influence sur la coordination des mouvements 1 . „ , A,

Flourens a montré qu'à la suite d'une lésion un peu profonde d un seul tubercule, les oiseaux se mettent à tourner sur eux-mêmes, autour

de leur axe vertical et du côté de la blessure.

Pour Serres d’après des vivisections et quatre observations cli 1- JL, la destruction des tubercules donnerait naissance à des désordres de tous les mouvements qui seraient tout a faitcomparab es a ceux

'a Récem lien”' Kohts a publié un fait intéressant de lésion limitée aux tubercules postérieurs et ayant entraîné une ataxie «» '> '

rapproche ce fait de deux analogues de Hénoche de Sleffen. De plus, il a fait des vivisections qui, avec celles de Goltz, confnmen action coordinatrice des tubercules quadrijumeaux'.

Voici quelques conclusions de Nothnagel, relativement aux tubercules quadrijumeaux:

1 Kohts ; Rev. des Sc. méd., IX, pag. CL

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