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CHAPITRE IX

Uémorrhagio intestinale.

L'hémorrhagie intestinale peu! se produire dans des conditions très différentes. C'est toujours la manifestation symptomalique d'une lésion locale ou d'une maladie générale qui réclament un traitement particulier. Ici nous ne nous occuperons que du traitement du symptôme.

Dans tous les cas d'hémorrhagie intestinale, un certain nombre d'indications se présentent qui lui sont du reste communes avec toutes les grandes hémorrhagies internes et, surtout, avec les autres uémorrhagies du tube digestif.

Le malade gardera un repos absolu, le calme moral et intellectuel sera recommandé autant que le calme physique. Pour obtenir autant que possible l'immobilisation de l'intestin et la tranquillité du malade, on aura recours à l'extrait thébaïque ou aux injections hypodermiques de morphine. On pourra donner 10 centigrammes d'extrait thébaïque par jour, soit en 2 pilules de 5 centigrammes, soit eri 5 pilules de 2 centigrammes espacées de 2 od 3 heures. On pourra faire de la même façon plusieurs injections sous-cutanées de 1/2 à 1 centigramme dej morphine.

Comme hémostatique interne, on pourra employé* l'ergotine Bonjean à la dose de 2 k 4 grammes en

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24 heures en potion; mais il vaudra mieux encore avoir recours aux injections hypodermiques d'ergotineYvon ou d'ergotinine Tanret.

Ergotine 2 gr.

Glycérine 15

Eau distillée 15

pour injections hypodermiques.

L'ergotinine se donne à la dose de J/4 de milligramme à un milligramme.

Ergotinine 0.01 centigr.

Acide lactique 0.02

Eau distillée de laurier-cerise.. . . 10 gr.

Cette solution, qui est celle de Tanret, renferme un milligramme d'ergotinine cristallisée par centimètre cube, c'est-à-dire par seringue de Pravaz.

Comme hémostatiques il faut citer aussi les produits extraits de Vhamamelis virginica. L'extrait fluide, d'après Dujardin-Beaumetz et Yvon, peut se donner jusqu'à la dose de 50 grammes; il se donnerait à la dose de 4 à 8 grammes d'après Soulier ; l'extrait sec ou hamaméline se donnerait à la dose de S à 15 centigrammes (D.-Beaumetz et Yvon), de S à 20 centigrammes (Soulier). La teinture alcoolique à l'intérieur se donnerait à la dose de o à 10 gouttes plusieurs fois par jour (Soulier). Il existe dans le commerce des préparations spéciales d'hamaméline qui sont d'un emploi commode.

Uhydrastis canadensis aurait des propriétés analogues. On peut prescrire l'extrait fluide à la dose « de 80 gouttes, en 4 fois, la teinture (1 p. 10) à ladose de vingt à trente gouttes. Nous n'avons pas personi Bellement employé l'hydrastis, nous avons essayé l'iianiamelis qui nous paru réellement active.

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On pourra aussi donner du perchlorure de fer à l'intérieur (o à 20 gouttes plusieurs fois par jour) : son emploi est consacré par la tradition, bien qtie son utilité soit très douteuse.

On donnerait du tanin ou des substances a base de tanin dans les cas où il s'agirait d'une hémorrhagie se produisant vers la partie supérieure du gros intestin.

Dans les cas d'hémorrbagie de la partie inférieure du côlon qui se reconnaissent à ce que le sang n'est pas intimement mélangé aux selles, qu'il englobe les scybales,suit ou précède immédiatement leur expulsion, on pourra faire des injections astringentes destinées à agir sur le point de départ même de l'hémorrhagie (tanin à 1/100, alun à 1/K>0. On pourra aussi faire des injections d'eau bouillie à température élevée (45 à 50°). Cela rentre dans les procédés de traitement de l'hémorrhagie due à des hémorrhoïdes; mais nous n'insistons pas sur ce cas particulier, ayant exposé dans un "autre chapitre le traitement des hémorrhoïdes.

Les hémorrhagies intestinales peuvent être assez abondantes pour devenir une cause d'affaiblissement très grand et même de menace de mort. On pourra donc être amené à combattre directement des accidents plus ou moins graves résultant d'une anémie aiguë par perte abondante de sang. Il faut conseiller surtout les injections hypodermiques de sérum artificiel (50 à 100 gr. et plus), qui ont l'avantage d~ remonter immédiatement les forces générales

l'action du cœur.

Nous conseillons, dans ces conditions, de se servir, soit de la solution de chlorure de sodium à G p. 1000. soit de la solution phosphatée suivante, que nous

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avons employée quelquefois avec succès chez les neurasthéniques :

Le fait même des hémorrhagies intestinales impose des précautions particulières au point de vue de l'alimentation, surtout lorsque, ce qui est fréquent, les hémorrhagies sont attribuables à des ulcérations. Il conviendra de réduire les mouvemeuts péristaltiques au minimum, d'éviter les irritants chimiques ou mécaniques, de réduire autant que possible le volume des aliments ingérés.

La mesure la plus radicale à ce point de vue est de suspendre complètement l'alimentation en donnant au malade de petits morceaux de glace pour calmer la soif. Plus tard, on permettra seulement l'eau, puis le lait.

Les applications de glace sur le ventre ont- elles une valeur thérapeutique réelle? C'est assez douteux. Elles ont tout au moins un avantage, c'est d'obliger le malade à garder l'immobilité : c'est quelque chose.

Phosphate de soude Chlorure de sodium, ( Hycérine neutre. . . .

Eau distillée

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