ACUPUNCTURE
malade au uiomenL de la compression l'ai i'rapp('' brusquement d'aphasie avec paralysie des membres supérieurs; ces accidents persistèrent durant une semaine.
Introduction de corps étrangers. — Acupuncture. C'est Velpeau qui, le premier (1830), eut l'idée d'introduire des corps élrang-ers dans les anévrysmes : il enfonça des aiguilles dans un anévrysme poplité ei les ylaissa durant huit jours. Le résultat d'ailleurs fut malheureux, et le malade mourut de gangrène après ligature de la fémorale rendue nécessaire par une hémorrhagie abondante. Plus lard, Moore substitua aux aiguilles des lils de fer : il introduisit, dans un cas d'anévrysme de l'aorte, une petite canule pointue et y fit passer des fils de fer doux. La tumeur diminua devolume, les battements disparurent en partie, mais le malade mourut cinq jours après; à l'autopsie, la poche était remplie par Un coagulum librineux adhérant aux fils de fer. Plus tard encore, R. Dewis, de Philadelphie (1873), fit pénétrer 8 mètres de crin dans un anévrysme de l'artère sous-clavière. et constata que la tumeur avait diminué de volume, et un mois après, les battements avaient cessé dans la poche. La môme année, en Italie, Montenovesi, après avoir fait une ponction capillaire dans la poche anévrysmale, introduisit un fin ressort de montre: la tumeur diminua de volume et ses battements furent moins amples; le malade mourut néanmoins le vingt-cinquième jour après l'opération.
En 1878, C. Paul introduit dans une tumeur anévrysmale une série d'aiguilles d'or, fines comme des cheveux (aiguilles japonaises), à la distance de 1 centimètre l'une de l'autre. Le passage à travers la peau n'est pas douloureux, et l'opération n'est suivie d'uu-
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Cime sorte d'accideuL; cepeiidaiil,, (^iiaiid on victd à li-averser la poclic, on pr()Y()({ii(! nii peu de (Jonlciii- (jui cesse même avani, qu'on ail i-elii-é les aiguillc^s. Celles-ci furent laissées un (juart d'hoiire en place. Ce qui se passa en pareille circonstance, ce ut', lui point la formation de caillots passifs, mais sons l'inllnence de la piqûre, la poche snhit une certaine inllammation, elle s'épaissit et on nota la production de caillots actifs. A chaque nouvelle aciquincture, ou éprouvait une résistance plus grande à traverser la poche, et, à la fin, l'introduction étaitdevenue impossible. Cette tentative fut suivie d'une opération du même genre due à Healt (1880), dans un anévrysnie de l'artère sous-clavière ; les aiguilles étaient assez grosses, et fureid laissées quatre jours eu place. La tumeur se solidifia et les battements tlispal'urent.
Cependant, c'est à Haccelli {(.'o/if/r. Méd. inl. , Genève, 1877) qui, adoptant le prf)cédé de Monlenovesi avec les ressorts de montre, lit la première application île la méthode aux anévrysm(!s de l'aorte. Après avoir lavé la peau au savon et au sublimé, on introduil dans l'anévrysme, au moyen d'un lin trocart ou bien directement, un ressort de montre dont l'extrémité est terminée en pointe line pour en faciliter la péné- I ration. Ses dimensions sont variables, sa longueur varie de 20 à 50 centimètres, et sa largeur de quel- <iues millimèires. Dans un cas, Baccelli fit pénétrer uiui longueur totale de 1 m. 10 de ressort. Les deux malades traités de cette façon moururent quelques mois après l'opération, et on constata que des caillots s'étaient déposés autour de ces spirales. Cette opéi-ation est délicate, et presque toujours on est obligé de sectionner les derniers centimètres du rcs-
ÉLliCTROPUNCTUHK 3!)<)
soi-l niélaHi(iuo; il raiiUiiic celui-ci péiuili-e bien dans la i)<)clie, cai- sans cetlo condiLioii, l'extrémi lé externe poui-i-ait produire une petite ulcéi-alion.
On a i-em placé le ressort de montre par d'autres cDi-ps étrangers, comme des lils d'argent (Hulke) ou des crins de Florence ; dans un cas, Lépine put introduire, avec une aiguille de Pravaz, 15 crins de Florence de 30 centimètres de long.
Malgré ces laits relativement assez nond>reux, il l'a ul reconnaître que les résultats nesont guère encourageants, car, ainsi que l'a l'ait remarquer Verneuil à l'Académie de médecine, sur 34 observations connues, on relève 30 cas de mort surveniu^ dans le courant de l'année même de l'opération.
Electropuncture. — L'application de l'électricité au traitement des anévrysmes, entrevue par Pravaz, a été mise en œuvre pour la première fois parPélrequin, vers 1843; dans un cas d'anévrysme de l'artère temporale, il cherchait à obtenir la coagulation du sang en l'aisiint ])asser un courant électrique par une aiguille plongée dans la tumeur. De même, Piedaguel 1849) plongea deux aiguilles dans un volumineux anévrysme de l'aorte, et tit passer un courant interrompu. Cependant, c'est Ciniselli, de Crémone (184(1), qui a posé le premier les règles méthotliques de ce traitement appliqué aux anévrysmes aortiques. Elles s'appuient sur une série d'expériences entreprises par Strambio, étal)lissantque les courants électriqn(!s ont une action marquée sur la formation des caillots sanguins, mais alors que les courants positifs amènent une coagulation rapide, les courants M(''gatifs ne la produiraient pas.
Voici comment on procédera, en tenant compte (U's modifications apportées par Dujardin-Beaumetz
-iOO AMCVIiYSMKS DK I. AOHTK
(IHHOj à la inéU)o(l(! de Ciiiisc^lli : on enfonce pei*(icii- <li(;iilairenienL dans la tumeur une série de pclilcs a,if,niilles en acier, quatre à six environ, à la distance de 1 centimètre l'une de l'antre. Les aiguilles (miI 7 centimètres de long sur 5 à, 6 dixièmes de millimètre de diamètre.
La plaque métallique humide, représentant l'électrode négative, est appliquée sur la cuisse ou sur le hras, en ayant soin de l'humecter souvent, afin (l'éviter la brûlure des téguments.
Puis on met en contact le pôle positif de l'appareil galvani(]ue avec la première des aiguilles, et le circuit est ainsi fermé. Aul)outde cinq minutes environ on déplace le courant, et la première aiguille, devenue oxydée, est mise en communication avec le pôle négatif, alors qu'on place le pôle positif sur l'aiguille voisine qui n'a pas été encore employée. D'après Ciniselli, par cette double application du courant, on favoriserait activement la coagulation, et de plus on éviterait la formation des escarres que détermine le courant positif autour de l'aiguille. Les aiguilles employées doivent être fines et en fer doux; en outre pour éviter l'action (;aiistif|ue du pôle positif, on les enveloppe d'un enduit protecteur à leur parliisupérieure. Ou reconnaît qu'elles ont pénétré dans la tumeur à ce qu'elles sont soulevées d'une manière rytlimi(|n(î et isochrone aux systoles cardia(|ues. Ces aiguilles doivent être introduites lentement [)ar pression et par un léger mouvement de rotation. Leur extraction (>st douloureuse, car elles ressorlenl souvent oxydées et raboteuses, et exposeraient à une rupture de la paroi avec liémorrhagie si on les relirait brusquement et sans précaution; on les enlèvera donc lentement en ayant soin de ne pas les éhran-
ÉLECÏROl'UNCTUUli A0\
lcîr,etde n'exercer aucune pression sur la tumeur. On recommande ensuite à l'opéré de rester le plus loiij,l.unps possil)le dans l'immobililé. Après l'opération, les piqûres délermineiil parfois un peu de chaleur <>l d'inflamnialion dans la tumeur. On combattra ces ébauches d'artérite par des compresses d'eau bori- (juée fraîche et elles disparaissent rapidement. Cependant les battements de la tumeur deviennent moindres, celle-ci s'afiaisse, et il se produit un retrait de la poche et une induration de son contenu. Plusieurs séances d'électropuncture sont nécessaires, elles devront être séparées par un intervalle d'un mois, en moyenne. Les aiguilles ne devront pas être replacées dans les mêmes points d'implantation pour ne j)as déplacer le caillot déjà formé. Par cette méthode, on calme, dès les premières heures, la dyspnée et les crises douloureuses qui accompagnent généralement l'anévrysme (L. Robin, th. Paris 1880).
Ce traitement ne peut être appliqué à tous les cas, et d'après Ciniselli, il faut ([ue l'anévrysme forme une poche véritable appendue à l'aorte et commum([ne avec elle par un orifice variable. En outre plus l'anévrysme sera récent et petit, plus les chances de giH'rison seront grandes. Enfin le pronostic sera meilleur quand l'intégrité du cœur sera plus grande, l'état général du malade favorable, et l'âge peu avancé.
Telle est en quelques mots, la méthode de Ciniselli; sur 38 cas d'opération d'électropuncture, dans 11 cas seulement l'opération n'a pas donné de résullats, dans 11 autres cas il y eut guérison temporaire durant depuis 4 ans, -27, 23 et 21 mois ou jusqu'à 6, 4, 1 mois seulement. Acceptée dans son intégrité en
W^2. ANKvnvsMKs i)K i.'aoutk
llalic, en Aiij^hflcn'c i Amlorsoii], en Allpiiiagnc l"iscIk'i-), c.lh; a élé tMiiployôe en France ]>ar J)iijanliii- BeavimeLz, par Proust, ))ar Jiiic()iioy cl d'aiilrcs. Dnjavdiii-BcaiiiiH'l/. a iiisistù heaucoup sur ce Inil (lirAndci-soii avait déjà indi(pi(''. (pic le couraiil ik'-- Kalif lie joue aucun rôle dans la Jorination du coa- ^uknn et, (jue sou action ne ])eut être <|ue nuisildc. car à rextrémi!,é de son aif^uillc il se produit un ilégagemeut (ht gaz considérable, capable de passer dans le torrent sanguin pour aller former tles ciribolies gazeuses, ou de s'accumuler dans la poclie an risque de la l'aire éclater. C'est ponr(pn)i un grand nombre d'auteurs son! d'avis de n'inli-oduire dans l;i tumeur (]ue le pôle positif seul, alin d'obtenir un caillot résistant et ferme.
Reste enfin nue ([uestion très im|)ortante : Comment agit l'électricité dans le traitement de l'ant'vrysme? On semble aujourd'hui admettre que le courant électrique ne détermine pas directement la coagulation autour des aiguilles, car il se produirail. dans la suite, des eml)olies presque inévitables; au contraire on peut croire plus justement, (pie l'élec- Irolyse développe une inllammation de la paroi anévrysmale, point de départ d'une coagulation consécutive.
Quoi qu'il en soit, cette méthode, accueillie au début avec une grande faveur, n'a point répondu à toutes les espérances, et jusqu'ici la méthode de Ciniselli n'a fourni aucun cas de guérison absolue cl définitive, et la médication iodurée longtemps prolongée, associée au régime, a donné des résultais l»lus satisfaisants; telle s(M'a notre conclusion. L'électi'olyse ne saurait cependant être condamnée à toul jamais, elle pourra, sans doute, rendre de réels scr-