INFUSION
Fernet [Soc. de thêrapeiit.,iHH'2) donne égalemeni l.i préférence à l'infusion, et prescrit :
Infusion de digitale.
Poudre de feuilles de di<.'italo 0 gr. 20
Eau chaude loU à 200 {.t.
Kdulcorer avec siroj) de tneathe ou décor ces d'oraïu/es a mer es.
A prendre., en 3 ou f^fok dans les vingt-quatre heures, vue demi-heure ou une heure avant les rejxis.
FeRxNET,
Duguet prescrit également l'infusion, mais il la fait prendre à la dose de 10 centigrammes seulement par jour, maispendant une période de dix jours consécutifs, et recommence de la môme façon, si besoin est, après dix jours de repos. Celte méthode permet de tenir le cœur sous l'influence digitalique pendant un temps assez long sans danger, mais elle agil trop lentement dans les cas urgents. On pourrait cependant prescrire la digitale de cette façon chez les vieillards chezlesquels l'imperméabilité du rein prédispose aux accidents toxiques.
L'infusion de digitale présente ravantage de pouvoir être préparée et administrée de suite, alors qu(> la macération demande au moins douze heures de préparation. C'est incontestablement une façon excellente de faire prendre la digitale, cependant elle offre quelques inconvénients sérieux. Il m'a paru en effet que son pouvoir diurétique était moindre que celui de la macération ; de plus elle es! assez mal déterminée, avec elle on ne sait point exartementla dose quels malade a ab.sorbée parce que le principe actif du médicament, la digitaline, esl
TEINTUHKS ET ALCOOIJVTURB 55
presque insoluble dans l'eau chaude. Gubler remarque toutefois que la solubilité arrive à se produire « grâce à l'inlervenlion d'autres principes immédiats de la plante ». Pour lui cependant, l'infusion, très nauséeuse, serait peu recommandable dans le traitement des affections du cœur, alors que son application serait d'une heureuse intervention dans la médication antiphlogistiquc de la pneumonie ou du rhumatisme articulaire aigu.
R. Teintures et Alcoolature.
La digitaline est peu soluble dans l'eau chaude, elle l'est au contraire manifestement dans l'alcool ; c'est pourquoi certains auteurs, Gubler entre autres, recommandent tout particulièrement l'usage de la Uinture alcoolique de digitale; voici la formule qu'en donne le Codex :
Teinture alcooliqne de digitale.
Feuilles sèches de digitale en poudi-e grossière 100 gr. Alcool à eO" 500
Faire macérer en vase clos pendant die Jours, en ar/itanf de temps en temps; passer avec expression et /iltrei'.
(} parties de teinture reptrésentent 1 pnrtie de feuilles sh-hes. Codex.
Pour établir avec une rigueur su (Tisante la posologie de la teinture alcoolique de digitale, laquelle est ordinairement administrée par gouttes, il importe de connaître exactement le poids des gouttes de teinture et l'équivalence de la teinture relativement à la préparation de digitale qu'on prendra pour type. Le moyen le plus simple d'apprécier la valeur de la teinture serait de déterminer la quantité de digitaline qu'elle contient. Mais, d'une part, ce dosage est ex-
îj^» DIGITALE
Irêmemenl difTicile, el, de l'autre, la digitaline ellemême est d'activité si inégale suivant sa provenance suivant les procédés employés pour l'extraire et les soins apportés à, sa préparation, qu'il est plus simple, et au moins aussi exact, de présumer l'activité de la teinture d'après la quantité de poudre qui a servi à sa préparation.
Tous les formulaires indiquent d'employer une partie de feuilles et parties d'alcool à GO», de faire macérer pendant dixjours, et de traiter ensuite par expression et lilti-age. Dans ces conditions, on doit admettre que les parties de la digitale solubles dans l'alcool se sont réparties également dans toute la masse et que celle masse étant égale à six fois le poids de la poudre employée, un poids donné de teinture contient la sixième partie de la digitaline contenue dans un pareil poids de poudre. Si on procède, suivant le conseil donné par Soubeiran, par lixiviation et déplacement, on peut supposer que la poudre est plus complètement épuisée et qu'elle cède à, la teinture une proportion plus considérable de son principe actif. Mais si nous voulons apprécier le médicament habituellement employé, nous devons supposer qu'il a été préparé suivant les prescriptions du Codex.
Or, dans ces conditions, l'équivalence est représentée par un sixième, c'est-à-dire qu'il faut 00 centigrammes de teinture pour représenter 10 centigrammes de feuilles.
Quant à ce qui concerne la délerminalion du poids des gouttes de la teinture de digitale, on frouve dans les traités de pharmacologie, des indications si peu concordantes, qu'on doit présumer que toutes les teintures ne sont pas identiques sous ce rapport.