‹ Thérapeutique des maladies du cœur et de l'aorteChapitre 44 sur 112 · ADONIS · texte numérisé non relu

ADONIS

donne quelquefois des douleurs gastriques et provoque des vomissements, quand elle est préparée avec des sommités fleuries et séchées, cueillies trop mûres alors que les lleurs inférieures de la grappe sont déjà transformées en gousses. On sait que les anciens médecins attribuaient en eflfet aux grains de genêt une action diurétique. Il faut donc choisir avec grand soin les sommités dont les fleurs inférieures sont épanouies, tandis que les supérieures sont encore à l'état de boutons.

SÇOPAHINK

La scoparine est le second principe que Stenhouse a retiré du spartinm scoparium. C'est une substance cristallisable sous forme de cristaux jaunes groupés en étoiles. Elle est inodore, insipide, non volatile, peu soluble dans l'eau froide, très soluble dans l'eau i^ouillante et dans l'alcool. La scoparine ne possède pas les propriétés de la spartéine ; cependant c'est à elle qu'il faut rapporter, peut-être, l'action diurétique de l'infusion de sommités fleuries du genêt.

On a proposé la formule suivante de scoparine, pour injection sous-cutanée :

i^olution de scoparinr poar injection hypodermiqae.

Eau distillée -i gr.

Glycérine 2 gr. .")0

Scoparine 0 irr. 60

Les Adonis (Renonculacées) sont des plantes annuelles, vivaces, à tige droite ou cylindrique qu'on rencontre en Italie, en Suisse, en Espagne et dans le

iinidi de la France. II en existe plusieurs espèces, qui >se plaisent de préférence dans les sols calcaires et sur

les plateaux élevés. L'une d'elles, par exception, se

trouve au bord des champs, et la couleur éclatante .<le sa corolle l'a fait désigner sous le nom de (joutie Mh mng. Mais la variété la plus intéressante au point .ide vue médical est Vadonis venioUs, qui fleurit en .lavril ou en mai.

A l'état frais, l'adonis est irritante et caustique. Son .ïiction dans les affections cardiaques et dans les hytidropisies a été indiquée parGïinther, puis parBubnow

(janv. 1879), élève de Botkin. Depuis lors une étude iplus complète de cette plante, au point de vue botainique, chimique et physiologique, a été faitepar Marié

[Th. doct. sciences, 1884) et par J. Mordagne (1885). En Allemagne, l'adonis a été expérimentée parAltmann, ILeyden, Michaelis, Lublinski {Soc. Med. int. Berlin, 11884), et surtout par Vincenzo Cervello (Strasbourg, H882) qui a extrait de Y adonis v&rnalis et de Vadonis rmjmiicma, un glucoside amorphe jaune clair, très ;iamer, soluble dans l'alcool et. fort peu dans l'eau, iqu'il a désigné sous le nom à' Âdonidim. Plus récemiment Valerian Podwysotzky (1888) a isolé un autre cglucoside ou picro adonidine, qui est un poison carildiaque très violent.

En Italie, Marfori et Borgiotti ont montré que \\ adonis sestivalis paraît posséder les mêmes propriétités thérapeutiques que la variété vernalis.

En France, l'adonis a fait le sujet de recherches nmultiples dues principalement à Lesage [Soc. Uolog., I1886),à Huchard et Eloy(1884, ai Soc.thèrap.,i^m),k iJulliard (1885), Armand Durand [Th. Paris, 1885).

ACTION PHYSIOLOGIQUE. — Il résulte des tra-

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EKGOT UK SEIGLE

vaux précédents que l'adonis ralenlille pouls et élève la tension artérielle, qu'elle régularise et ralentit les battements du cœur et en accroît l'énergie contractile.

Celte plante accroît la diurèse, et pourrait à ce sujet être mise sur le même rang que la digitale: mais, contrairement à celle-ci, elle ne provoque aucun phénomène d'intolérance. Cette action diurétique de l'adonis est admise par presque tous les auteurs ; les autres propriétés de la plante la rapprochent de très près de la digitale, malheureusement l'accord définitif n'est point encore fait sur la valeur de ses effets thérapeutiques. D'après OUivier (1889), Vridonidine réussirait mieux dans les insuffisances aortiques artérielles que dans celles qui ont comme origine une endocardite valvulaire.

PHARMACOLOGIE. POSOLOGIE. — L'adonis reste encore jusqu'ici un médicament peu employé.

Voici quelques-unes des préparations qu'on a particulièrement recommandées :

lufasion d'adonis.

Eau 180 à 200 gr.

Adonis 4à 8

Par cuillerée à soupe toutes les deux heures.

BUBNOW.

Alcoolatnre et teintare d'adonis.

Pa7' doses croissantes de ^ à o [irammes.

Granules d'adonidinc.

De 5 millù/rammes chaque. Dose : 2 à i par jour.

Ergot de 8ei§ple.

— L'ergot de seigle, à

cause de son action tonique sur les fibres lisses des vaisseaux, élève la tension sanguine et ralentit le pouls (Gubler). C'est pourquoi on l'a prescrit avec un certain succès dans quelques cas où la digitale avait échoué. D'après Masini, son effet, à peu près nul dans les affections valvulaires ou oriflcielles, agirait surtout dans les cas de myocardite avec dilatation cardiaque. Elle a produit d'heureux effets dans quelques cas graves de lièvre typhoïde à forme cardiaque avec abaissement considérable de la tension artérielle, qui a pu descendre de 18 centimètres de mercure à 13 et même à G centimètres (Potain). En pareil cas, une série méthodique d'injections souscutanées d'ergotine ont pu relever l'action du cœur et des vaisseaux périphériques et sauver le malade d'une mort prochaine par asthénie cardio-vasculaire : Démange {Rev. de Méd., 1885) a signalé des faits de cette nature.

PHARMACOLOGIE. POSOLOGIE. L'ergot de seigle peut être prescrit sous des formes variables.

On le donne quelquefois sous forme pilulaire, <issocié à la digitale.

Pilules d'ergot de seigle et de digitale.

Infusion d'ergot de seigle.

Ergot de seigle Eau

4 à 6 gr.

Poudre de seigle ergoté

Poudre de digitale

Extrait de chiendent —

\ gr.

F. s. a. '60 pilules. Dose: 6 à 8 par Jour.

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