‹ Thérapeutique des maladies du foieChapitre 9 sur 103 · CIRCULATION SANGUINE · texte numérisé non relu

CIRCULATION SANGUINE

sent favoriser la progression du sang. Le sang qui la traverse aurait donc de singuliers obstacles k surmonter si, au moment de Tinspiration, l'abaissement du diaphragme comprimant les viscères abdominaux et l'appel des liquides dans le vide intra-thoracique ne venaient à son secours.

Au point de vue pathologique, on comprend que les variations de la circulation veineuse jouent un rôle beaucoup plus important que celles de la circulation artérielle.

La léplélion exagérée des vaisseaux veineux peut résulter soit d'un afllux trop considérable du sang du système porte, soit d'un obstacle à l'écoulement sus-hépatique. J'étudierai en détail ces phénomènes lorsqu'il s'agira de la congestion hépatique.

Quant à l'anémie du foie, elle résulte d'un arrêt du sang de la veine porte ou d'un resserrement des artères (excitation directe ou réflexe de la moelle, excitation ou section des nerfs splanchniques, section de la moelle cervicale).

Le foie intervient-il, ainsi que l'admettait Galien, dans la fabrication des éléments du sang?

Lehmann avait admis que le foie était un lieu di production des globules rouges ; la chose est exacte pendant la vie fœtale, mais après la naissance, l'apport de la veine ombilicale étant supprimé, les con* ditions changent , la fonction hématopoiétique n'existe plus; certains états pathologiques, tels que la leucocythémie, sont cependant capables de faire revivre cette fonction.

C'est en détruisant les globules rouges que la cellule hépatique met en liberté le pigment sanguin utilisé pour la fabrication des pigments biliaires; l'hémoglobine se transforme d'abord en hémaline,

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s'est contenté de données vagues et indécises à la faveur desquelles ont fait fortune certaines médications empiriques. Le jour où les physiologiques ont voulu substituer aux évaluations approximatives des procédés d'investigation rigoureuse, ils ont vu surgir des obstacles imprévus.

L'important mémoire de Bidder et Schnnidt parut en 1852, celui de Knlliker et Mùller en 1855. C'est à partir de cette époque que l'élude des variations de la fonction biligénique du foie entra dans une voie véritablement scientifique.

En 1857, Mosler utilisa les fistules biliaires pratiquées sur le chien pour connaître l'influence de diverses substances sur l'activité sécrétoire du foie et rechercher dans la bile les matériaux éliminés.

En 1869, se réunissait la commission d'Edimbourg, composée de Christison,Maclagan,J. Rogers,Rutherford, Gamgee, Fraser, et présidée par Hughes Bennett. Il s'agissait de savoir si les médicaments dits cholagogues,et spécialement le mercure et ses composés, n'avaient pas usurpé leur réputation séculaire.

En 1873, Rohrig introduisait un tube effilé dans le chodéloque des chiens curarisés, liait le canal cystique, et étudiait les variations du flux biliaire.

En 1875, Socoloff recherchait sur les chiens fistules les eff'ets des injections intra-veineuses d'eau salée et de quelques agents, le glycocholate de soude par exemple.

La même année, un des commissaires d'Edimbourg, Rutherford, secondé par Vignal et Dodds, et, en 1879, Rosenkranz (de Wiirburg) faisaient connaître les intéressants résultats de leur expérimentation.

En 1880, Rutherford, revenant à la charge, publiait

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a pas de cholagogues ; Tinduence des aliments et da régime est nulle; la bile seule est capable d'augmenter Tactivité biligénique du foie.

Reprenant une partie des expériences de Rutherford, mais sur des chiens à fislule permanente, Paschkis (1884) s*est montré, comme Baldi, grand destructeur d'illusions thérapeutiques; une seule substance demeure debout dans cette hécatombe, la bile elle-même.

C'est pour trouver le motif du désaccord qui existait entre les défenseurs des cholagogues (Rôhrig, Rutherford, etc.) et leurs détracteurs (Baldi, Paschkis), que Prévost et Binet ont entrepris une série d'expériences très consciencieuses, publiées en 1888 dans la Revue médicale de la Suisse Romande, Ces auteurs ont établi des fistules biliaires permanentes sur deux chiens (1), qu'ils ont observés pendant plusieurs mois et qu'ils ont soumis aux investigations les plus variées ; le cholédoque de ces animaux ayant été sectionné entre deux ligatures, la canule était introduite dans la vésicule du fiel chaque fois qu'on voulait commencer une observation ; si l'orifice se rétrécissait, on le débridait au bistouri pour faire pénétrer le tube de verre; la bile était recueillie dans une petite bouteille et pesée au bout d'un temps déterminé ; on calculait toujours la quantité excrétée en cinq minutes.

Après l'excellent mémoire des expérimentateurs genevois, il convient de citer encore les travaux de Rosenberg, d'Ehrenberger et Bonne, de Dastre, de

(1) J'aurai à parler de ces animaux dans divers chapitres : le no 1 était une chienne pesant 2,500 grammes ; le n* 2 un griffon adulte pesant 7,000 grammes, sauf variations.

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Pour un kilogramme d'animal en 24 heures, Kolliker et Muller admettent une production de 32 grammes de bile. C'est le chiffre le plus élevé. Le plus faible est celui d'Arnold : 8 à 11 grammes. Prévost et Binet donnent 17 grammes; Stackmann, Scott, Ritter donnent 15 grammes environ. D'après Bidder et Schmidt, la quantité de bile sécrétée en 2i heures oscille entre 12 et 28 grammes. Proportionnellement à la moyenne indiquée, le foie d'un homme de taille ordinaire sécréterait de 1.000 à 1.300 grammes de bile en 24 heures.

Une autre question se posera plus tard : faul-il conclure des variations de la biligénie dans le foie sain à celles du foie malade ? Mais cela nous conduit sur le terrain de la physiologie pathologique et, pour le moment, il ne s'agit que de physiologie normale.

Je passerai en revue toutes les influences auxquelles peut être soumise la fonction biligénique, tout ce qui exaltera ou ralentira l'activité sécrétoire du fo'.e, tout ce qui modifiera la composition du liquide sécrété. A côté de la sécrétion^ j'envisagerai V excrétion biliaire.

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