‹ Thérapeutique des maladies infectieuses antisepsie; cours de pathologie générale professé a la Faculté de médecine de Paris pendant l'année 1887-1888Chapitre 44 sur 151 · HISTORIQUE DE LA VACCINATION PAR MATIÈRES SOLUBLES · texte numérisé non relu

HISTORIQUE DE LA VACCINATION PAR MATIÈRES SOLUBLES

lable au point de vue de l'immunité: « Nous avons démontré que ces extraits ne renferment pas de substances capables d'empêcher la culture du microbe. Mais n'en contiendraient-ils pas qui seraient propres à vacciner les poules? » M. Pasteur cite une matière toxique pour la poule, matière dont l'injection produit chez elle certains symptômes rappelant ceux de la maladie infectieuse : 120™ de culture de choléra des poules réduits à 2-'' d'extrait aqueux déterminent chez la poule la somnolence, l'attitude spéciale que l'animal a dans cette maladie. Mais quand cette intoxication est passée, la poule n'a pas acquis l'immunité, elle demeure apte à contracter le vrai choléra des poules quand on lui inocule la culture non stérilisée.

Le 28 juin 1880, M. Chauveau a pensé qu'on ne pourrait pas appliquer rigoureusement cette doctrine à toutes les maladies infectieuses et que, pour le charbon, il y aurait lieu d'invoquer autre chose que l'épuisement de la matière nutritive. Mais cette première communication ne vise que l'immunité naturelle, innée. La théorie séduisante de M. Pasteur, dit-il, « s'applique à la plupart des cas d'immunité acquise par inoculation préventive; mais il me paraît dilTicilc de l'adapter à l'immunité naturelle dont jouissent les moutons algériens à l'égard de la maladie bactéridienne. Les faits que je viens de faire connaître démontrent, en effet, que la bactéridie charbonneuse se comporte dans l'organisme des moutons algériens, non pas comme s'il était privé de principes nécessaires à la vie bactéridienne, mais bien plutôt comme s'il était un milieu rendu impropre à cette dernière par la présence de substances nuisibles.

(c En très petit nombre, les bactéridies sont arrêtées dans leur développement par l'influence inhibitoire de ces substances. Très nombreuses, au contraire, elles peuvent surmonter bien plus facilement cet obstacle à leur prolifération. » M. Chauveau a en vue une matière inhibitoire, appartenant à l'organisme normal du mouton algérien et créant chez lui l'immunité naturelle contre le charbon; mais ce qu'il dit ne vise pas l'immunité acquise et il n'est nullement question d'une matière vaccinale sécrétée parla bactéridie. M. Chauveau avait cependant émis

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