HISTORIQUE DE LA VACCINATION PAR MATIÈRES SOLUBLES
chée, si elle doit donner la rage, ne la donnera qu'après une plus longue incubation; mais, le virus n'étant pas atténué, celte rage ne sera pas atténuée et se Iransmellra comme rage forte.
Quand dans l'expérience que je citais tout à l'heure on a inoculé sans succès sous la peau la rage forte, le virus n'a pas agi; mais la matière vaccinante qui accompagnait ce virus a agi, elle a pu faire l'immunité complète ou peut-être une immunité incomplète, et alors une réinoculation sous la dure-mère avec le virus fort a trouvé l'organisme plus résistant et l'incubation a été plus longue.
De même les inoculations de moelle desséchée produisent plus rarement la mort et aussi souvent l'immunité que les moelles fraîches, parce qu'elles renferment moins de virus et autant de matière vaccinante.
M. Pasteur ajoute d'autres faits qui sont réellement très suggestifs dans le sens de son hypothèse.
Plus on injecte de virus fort sous la peau, plus il y a de chances pour que l'animal survive et pour qu'il soit vacciné. En effet on introduit ainsi d'un coup et immédiatement une grande quantité de matière vaccinante et l'immunité est déjà acquise depuis longtemps quand, après l'incubation, l'action du virus devrait commencer à se faire sentir.
Autre fait : les moelles desséchées inoculées sous la duremère peuvent ne pas tuer; les mêmes injectées sous la peau vaccinent. La conclusion, c'est qu'elles n'étaient plus virulentes, mais qu'elles étaient encore vaccinantes. D'où cette conséquence : les deux qualités n'appartiennent pas à la même substance. Malheureusement M. Pasteur nous avertit que ces dernières expériences ont été contredites par d'autres.
Ce ne sont là assurément que des explications, des hypothèses, sans démonstration expérimentale; mais on ne saurait croire quelle influence exerça celte communication sur tous ceux qui se vouent aux études bactériologiques, et quelle impulsion elle donna aux travaux qui devaient enfin apporter la preuve décisive.
Neuf mois après, M. Charrin nous donnait cette preuve expé-