CHOIX DES ANTISEPTIQUES
mélange d'essences serait ainsi supérieure à celle du naphtol. Mais je réitère la réserve que j'ai faite plus haut au sujet de la différence de résistance que les milieux inertes et les milieux vivants opposent au développement des microbes. Les milieux inertes sont souvent moins favorables au microbe et, dans le cas présent, l'addition d'alcool et d'eau pouvait encore gêner la végétation.
Sous la peau on ne peut pas injecter plus de 0gr,30 du mélange d'essences par kilogramme. J'ai multiplié les expériences sur les animaux; j'ai employé ce mélange chez l'homme en solution huileuse; je n'ai pas observé d'effet notable, mais l'injection est douloureuse. C'est une question à reprendre; car les chiffres que j'ai cités plus haut sont fort encourageants au point de vue de l'emploi antiseptique des essences.
Si j'ai fait ce mélange, ce n'est pas par fantaisie cosmétique, mais par application d'une loi que j'ai démontrée, loi d'après laquelle le mélange de plusieurs substances antiseptiques est plus antiseptique que chacune d'elles prise en particulier; les actions antiseptiques de chacun des composants s'additionnent, tandis que leurs actions toxiques ne s'additionnent pas nécessairement.
C'est l'application d'une loi plus générale. Quand on introduit dans l'organisme deux substances dites antagonistes, par exemple un poison convulsivant et un poison narcotique, les effets physiologiques et toxiques ne se surajoutent pas en amenant plus vite la mort, mais au contraire l'un des poisons neutralise en partie la toxicité de l'autre, et l'effet définitif produit par l'introduction simultanée des deux poisons est moins nuisible que ne le serait chacun d'eux en particulier.
On peut citer un exemple analogue à propos des poisons morbides : j'ai montré qu'il existait dans les urines des poisons multiples dont plusieurs se neutralisent et sont antagonistes à certains égards; j'ai prouve que les urines fabriquées pendant le sommeil excelles qui sont fabriquées pendant la veille ont une toxicité différente et même opposée, les unes produisant la convulsion et les autres la narcose. Or, si l'on mélange