‹ Thérapeutique des maladies infectieuses [electronic resource]Chapitre 111 sur 180 · ANTISEPSIE DE LA PEAU · texte numérisé non relu

ANTISEPSIE DE LA PEAU

Certains antiseptiques sont capables de causer la nécrose des tissus par une action purement chimique. Les sels mercuriels doivent être surveillés à ce point de vue : on ne peut pas employer longtemps une solution de biclhorure à plus de 1 p. 1000; mais on peut employer dix fois plus de biiodure, en le dissolu vanta l'aide de son poids d'iodure de potassium. L'acide phénique à 10 p. 100 est déjà caustique. Le naphtol produit des effets variables suivant les régions sur lesquelles on l'applique : ainsi on peut l'employer en solution alcoolique à 500 et 600 p. 1000 sur les parties de la peau recouvertes de l'épiderme ordinaire comme les membres et le tronc; à cette dose, il est caustique pour le prépuce. Les plis articulaires, où l'épiderme est beaucoup plus mince, et le scrotum ne supportent pas le contact d'une solution à 15 p. 1000, qui sur cette dernière région cause une douleur intolérable. Sur la partie muqueuse du prépuce, la solution à 20 p. 1000 est irritante; elle provoque de la desquamation les jours suivants; la solution à 1 5 p. 1000 est bien tolérée. La solution à 1 p. 1000 est déjà douloureuse sur le scrotum, qui présente d'ailleurs une sensibilité toute spéciale; on sait que le contact du chloroforme est atrocement douloureux sur ce point.

Antisepsie de la peau.

J'aborde maintenant l'application des données générales de l'antisepsie aux différents organes et appareils et je commence par la peau.

L'antisepsie de la peau n'est pas une innovation; elle est contemporaine de l'homme, comme la propreté, n'étant à vrai dire qu'une propreté méticuleuse. Tous les peuples ont admis l'utilité des ablutions hygiéniques et les règles en ont été formulées par tous les législateurs qui ont eu la responsabilité de la santé des peuples. Sans avoir idée de ce que nous appelons aujourd'hui Tinfection, ces législateurs primitifs la pressentaient sous le nom d'impureté et ils signalaient aux populations la nécescité d'éviter ce qui est impur, ils ordonnaient sous le nom de

ANTIQUITÉ DE L'ANTISEPSIE CUTANÉE i23o

purification des moyens d'écarter du corps de l'homme ce qui peut lui nuire.

Les prescriptions mosaïques sont caractéristiques à cet égard. Le sang qui contient et charrie les germes de tant de maladies infectieuses était réputé impur au premier chef; Moïse parle de l'impureté des règles et toute la société païenne, tout l'Orient actuel partage la même idée ; le sang de la défloration même était impur. D'après Moïse, l'homme qui s'était assis sur la selle d'un homme ayant eu contact avec une femme pendant ses règles devenait impur; il devait rester huit jours hors du camp et n'y rentrer qu'après s'être purifié dans les eaux vives. La même défense et la même obligation s'imposaient à propos de la gonorrhée.

Tout l'Orient a partagé cesî idées qui n'ont pas toujours été appliquées même dans nos civilisations raffinées d'Occident. Le prêtre après le coït était |mpur, il ne peut entrer dans le temple qu'après s'être baigné. Puis à l'obligation du bain on a ajouté l'usage des parfums, c'e&t-à-dire des essences dont nous venons de voir la* puissance (antiseptique ; on a prescrit les fumigations aromatiques aussitôt après le coït, et le bain le lendemain matin. N'était-ce pas lit de l'antisepsie, tant de siècles avant Lister et Pasteur?

On retrouve la préoccupatkn de l'antisepsie inconsciente dans une foule de pratiques îeligieuses ou civiles de l'antiquité : le savonnage est modîrne, mais l'antiquité avait la farine de haricots qui par la imtière azotée mousseuse qu'elle contient nettoie convenablement la peau. On pratiquait encore le ponçage de la peau, non parj coquetterie, mais par hygiène, et la dépilation chargée d'emporter l'impureté qui se cache sous les poils. C'est une pratique née dans l'Orient païen et que conserve l'Orient musulnjan. L'épilation s'est faite en général avec des substances éhergiquement antiseptiques, le sulfure d'arsenic et le sulfure c|e calcium.

On a dans tous les temps employé pour les soins de la peau le soufre, l'arsenic, le mercure; ;es corps ont fait partie de tous les cosmétiques les plus vantés et nous retrouvons le mercure

Page 1