‹ Thérapeutique des maladies vénériennes et des maladies cutanéesChapitre 43 sur 58 · LÉSIONS DES POILS · texte numérisé non relu

LÉSIONS DES POILS

Le grisonnement des cheveux: et des poils est au-dessus des ressources de l'art ; ce n'est pas une maladie , à peine un simple inconvénient dont toute l'importance tient exclusivement au chagrin que certaines personnes en éprouvent.

Nous ne reviendrons pas sur les moyens de remédier à la canitie, nous nous sommes déjà suffisamment expliqué à cet

égard.

ALOPECIE

L'absence ou la chute des cheveux ou des autres poils du •corps constitue Valopécie. Cet état est aussi désigné sous le nom de calvitie , expression qui paraît se rapporter plus particulièrement à l'alopécie délinitive, à la perte complète et irrémédiable des cheveux.

L''alopécie peut être congénitale, sénile ou accidentelle (prématurée).

L'absence congénitale de cheveux et de poils est un fait rare; cependant on en a observé quelques exemples.

Ainsi que nous l'avons vu pour le grisonnement, la chute •des cheveux est une conséquence presque fatale de la vieillesse. La chute des cheveux commence en général au-dessus du front dans l'espace compris entre cette partie et le sommet de la tète. Parfois il reste en avant une couronne de cheveux qui tombent ensuite ultérieurement. Au bout d'un temps variable, toute la région supérieure du crâne, sur une étendue plus ou moins considérable, est dégarnie de cheveux ; ceux qui sont situés sur les côtés et dans la région occipitale ne tombent que dans des cas exceptionnels. La calvitie tout à fait complète est très-rare.

La peau du crâne devient alors pâle, blanchâtre, lisse, tendue, luisante; les orifices des follicules pileux disparaissent graduellement, et quand la calvitie dure depuis un certain temps il est souvent impossible de les reconnaître à l'œil nu et la surface cutanée prend un aspect éburné, atrophique.

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La chute des cheveux s'observe souvent à hi suite des maladies graves, au moment de la convalescence : fièvre typhoïde, fièvres éruptives, couches, etc., ou dans le cours de certaines affections chroniques : chloro anémie, phthisie pulmonaire, etc.

Cette alopécie symptômatique ne se présente pas avec les mêmes caractères que la calvitie sénile ; au lieu d'être limitée à certaines régions de la tète, elle envahit tout le cuir chevelu et les malades eu faisant leur toilette entraînent avec le peigne un nombre plus ou moins considérable de cheveux. Ils sont du reste ternes et cassants et se détachent souvent avec la plus grande facilité ; au bout de peu de temps la chevelure devient très-clair- semée.

Cette alopécie est presque toujours passagère et les cheveux repoussent à mesure que la santé revient, que les forces se rétablissent. Aussi est-il permis de supposer que l'alopécie n'est, dans ces cas, qu'un des symptùmes de l'appauvrissement du sang, de l'arrêt subit par la nutrition générale. On a encore signalé l'absence de soins de [)roprelé, les sueurs abondantes et la matière sébacée qui s'accumule sur le cuir chevelu, comme des causes actives de la chute des cheveux. D'après llebra, c'est à cette séborrhée qu'il faudrait exclusivement rapporter l'alopécie consécutive aux maladies graves. Mais l'opinion d'Hebra nous semble infirmée par cette observation que, dans ces cas, la chute des cheveux est un phénomène presque identique aux lésions de nutrition que l'on observe sur les ongles et qui amènent par la suspension complète de leur nutrition la chute de ces appendices, sans que là il soit possible d'invoquer l'accumulation du produit sébacé. On l'observe encore dans certaines affections générales, telles que la lèpre, le mycosis, dans ces cas elle est irrémédiable. L'alopécie syphilitique est une de celles que l'on rencontre le plus souvent.

Comme causes de l'alopécie nous devons surtout signaler «ertaines affections qui ont leur siège au cuir chevelu telles

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que l'érysipèle, l'eczéma, le psoriasis, l'acné (acné huileuse, acné pilaris), le pityriasis capitis, les maladies parasitaires, etc., mais si ces affections entraînent la chute des cheveux, l'alopécie ne se produit pas chez toutes à un même degré et avec des caractères semblables.

Les crasses non parasitaires, que l'on observe si fréquemment chez les enfants à la mamelle, déterminent souvent l'alopécie.

Quant à l'alopécie qui est la conséquence des maladies parasitaires, elle est en général circonscrite aux parties qui ont été atteintes par les parasites. Dans le favus, il n'est pas rare d'observer sur le cuir chevelu de petites places blanchâtres complètement chauves qui sont le résultat de la destruction des follicules pileux occasionnée par la présence du parasite.

Si les maladies générales ou locales que nous venons de passer rapidement en revue expliquent dans un certain nombre de cas l'alopécie, il faut avouer cependant que dans bien des circonstances il est très-difficile, sinon impossible, de rattacher la chute des cheveux à une cause appréciable autre que l'hérédité. Toutefois cette influence héréditaire, aussi bien que les autres causes générales encore mal connues qui amènent la chute des cheveux, ne paraissent pas agir au même degré dans les deux sexes. 11 est incontestable, en effet, que l'alopécie est non-seulement beaucoup plus frécjuente chez l'homme que chez la femme, et que de plus chez cette dernière elle reste toujours infiniment plus limitée, plus restreinte.

Contre l'alopécie qui se produit à la suite de maladies aiguës graves ou qui paraît être la conséquence d'un état chloro-anémique, il faut combattre la débilité générale à l'aide d'une médication reconstituante, formulée d'après les règles que nous avons déjà si souvent exposées dans le cours de cet ouvrage et dont les préparations amères et les ferrugineux feront la base.

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Mais à ces moyens généraux, il sera bon d'ajouter un traitement externe approprié, qui pourra également s'appliquer à cette alopécie idiopatliique prématurée dont nous avons dit quelques mots.

En première ligne figure le rafraîchissement de la chevelure, auquel on aura recours une ou deux fois par mois. C'est là un très-bon moyen qui contribue souvent à arrêter la chute des cheveux ; on pourra en outre user de pommades ou de lotions excitantes, afin de ranimer la vitalité des follicules pileux.

Innombrables sont les remèdes qui de tout temps ont été conseillés contre l'alopécie. Nous n'avons rien à dire des panacées qui à toutes les époques se sont produites contre la €hute des cheveux ou pour les faire repousser ; nous nous bornerons à indiquer quelques-unes des formules dont l'expérience a, dans les cas que nous avons spécifiés, démontré l'efficacité.

Car nous ne saurions trop nous élever contre cette tendance que au mot alopécie doit toujours correspondre une lotion ou une pommade quelconque ; ce n'est malheureusement que dans des circonstances déterminées que des topiques locaux pourront être utilement employés.

Les frictions avec des liqueurs aromatiques, pures ou coupées avec de l'eau, telles que du rhum, de l'eau-de-vie, l'alcoolat de lavande, de mélisse, d'arnica, etc., avec des décoctions de quinquina, de feuilles de noyer, de camomille, de romarin, de sauge, etc., peuvent parfois donner de bons résultats.

M. Lailler emploie souvent avec succès un lotion excitante dont voici la formule :

Teinture de savon \ ~ ,^,^

D 1 T7-- ,■ ' aa 100 grammes.

Bamne de Fioravanti ) °

Alcool camphré.

Teinture de pyrèthre 50 »

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On peut remplacer la teinture de pyrèthre par la teinture de capsicum annuum, à la même dose, ou par la teinture de cantharides à la dose de 25 grammes.

Il en est de même des onctions avec des pommades excitantes ou astringentes. La pommade de Dupuytren est une de celles qui ont eu le plus de réputation.

M. Hardy s'est bien trouvé dans quelques cas d'une pommade contenant :

Moelle de bœuf 60 grammes.

Huile de riciu 50 »

Acide gallique 5 »

M. Cazenavc recommande la préparation suivante, qui lui a donné de bons résultats :

Moelle de bœuf préparée 50 »

Teinture aromatique du Codex. . . i ^ ,

„ -, j • • aa 4 grammes.

Huile de ncm °

Les pommades au tannin (4 gram. sur 50 gram. d'axonge), à l'huile de croton (5 à 10 gouttes pour la même quantité d'excipient) .

Beaucoup d'autres pommades ont été préconisées contre l'alopécie, on les trouvera indiquées dans tous les formulaires.

On peut varier à l'infini les formules de ces pommades, toutes elles ont pour base des substances excitantes, toniques ou astringentes ; mais si elles ont quelque efficacité contre ces alopécies qui atteignent les individus débilités par une affec--^ tion aiguë grave, ou par un état général tel que la chlorose, elles sont malheureusement le plus souvent impuissantes contre les alopécies idiopathique et sénile.

Quant à l'alopécie qui est le résultat d'une maladie parasitaire, elle n'exige pas de traitement spécial ; il faut avant tout et le plus tôt possible combattre l'affection principale par

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