AVANT-PROPOS
Depuis quatre ans que M. le professeur Pinard nous a fait l'honneur de nous accueillir dans son service de la Clinique Baudelocque, comme stagiaire, puis comme externe, enfin comme répétiteur, nous avons pu, étant donné le vaste champ d'expérience qui nous était ouvert, observer nous-même plusieurs cas de présentation du front. Les uns se terminaient par une expulsion spontanée du produit de conception, les autres nécessitaient les interventions les plus diverses, tantôt purement obstétricales : applications de forceps, basiotripsies ; les autres chirurgicales : symphyséotomies et opérations césariennes.
La diversité et la gravité de ces interventions comparées à la bénignité relative de l'accouchement spontané ont attiré notre attention.
Etudier ces présentations du front, préciser les circonstances dans lesquelles l’accoucheur doit s'abstenir de venir en aide à la nature ou de modifier les conditions d’un mécanisme particulier, établir au contraire les indications à une intervention, prendre une sage détermination et savoir à quelle intervention avoir recours, voilà autant de problèmes passionnants que notre maître M. le professeur Pinard nous a appris à envisager avec calme et sagesse.
C'est progressivement que dans les dystocies par présentation du front il est arrivé à préconiser sa thérapeutique actuelle. Il a, grâce aux progrès de la chirurgie appliquée à
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l'obstétrique, fait bénéficier la grave dystocie de la présentation du front des avantages successifs de la symphyséotomie, puis de l'opération césarienne.
Ses résultats nous ont convaincu.
Et c'est pourquoi nous avons plaisir aujourd'hui à entreprendre avec les riches documents de la Clinique Baudelocque, mis à notre disposition par notre maître, l'étude de la Thérapeutique des présentations persistantes du front.
Mais avant d'aborder le sujet de notre thèse,nous nous faisons un plaisir et un devoir de témoigner hautement toute notre reconnaissance aux maîtres qui nous ont accueilli avec tant de bienveillance dans leurs services et nous ont prodigué avec tant de bonté leur enseignement et leurs conseils, fruits d’une longue expérience. Les professeurs de l'Ecole de médecine de Rennes : MM. les docteurs Dayot, Bertheux, Le Moniet nous ont initié dans leurs services aux premières pratiques de la chirurgie et aux premières connaissances médicales.
L'année que nous avons passée dans le service de M. le professeur Le Dentu fut pour nous pleine de fruits et nous devons particulièrement un tribut de reconnaissance au D' Mauclaire , agrégé, chirurgien des hôpitaux et au D' Baudet, chirurgien des hôpitaux, alors assistant et chef de clinique du professeur Le Dentu dans sa Clinique de l'Hôtel-Dieu.
Nous devons à M. le professeur Reclus un double témoignage de gratitude, car non seulement nous avons pu comme externe dans son service profiter de ses magistrales leçons, mais comme malade, nous avons bénéficié de la sûreté de son diagnostic et de son habileté opératoire : nous lui devons la vie.
Depuis 1905 nous avons suivi le service de M. le professeur Pinard à la Clinique Baudelocque, comme stagiaire de la
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Faculté, puis comme remplaçant d’externe (1905-1906) ; comme externe (1906-1907) ; comme répétiteur (1907-1909),
Pendant ces quatre années nous avons pu apprécier la bienveillance de notre maître et la haute valeur scientifique de son enseignement. Nous avons appris à son école la pratique rationnelle de l’obstétrique. Mais notre maître nous a aussi enseigné que le rôle de l’accoucheur n’est pas seulement de surveiller une parturiente et d'intervenir au moment opportun ; il nous a montré que l’obstétricien doit se doubler d’un puériculteur, que sa tâche est donc beaucoup plus vaste et que c'est quelquefois avant la fécondation, toujours pendant la gestation, souvent après l'accouchement que son rôle est le plus important. En suivant ses conseils, la femme pourra mettre au monde des êtres qui, après une vie intra-utérine complète, aurontun maximum de vitalité et qui par cela même seront plus aptes à jouer dans la société leur rôle, tant au point de vue physique que moral et intellectuel. Nous n’oublierons jamais ses précieuses leçons, et suivant ses conseils nous nous efforcerons de nous conduire toujours d’après notre conscience et guidé par l’idée du devoir.
MM. Wallich, agrégé et Couvelaire, agrégé et accoucheur des
hôpitaux, ont contribué par leurs leçons claires et brillantes à notre éducation obstétricale ; nous leur en sommes particulièrement obligé.
Le docteur Mouchotte, en nous initiant à la technique opératoire et en nous familiarisant avec des interventions chirurgicales de plus en plus fréquentes en obstétrique,nous a rendu plus aptes à mettre en pratique les leçons de notre maitre. Il nous à témoigné tant de bienveillance pendant les trois années de son clinicat que nous avons le plus grand plaisir à lui
exprimer ici toute notre gratitude. Il nous a honoré de son amitié : dans maintes circonstances nous en eùmes des preuves. Il peut compter, comme maître, sur notre infinie recon-
naissance, comme ami, sur notre entier dévouement.